CONCLUSIONS SUR LES ® SECTIONS DU COMMERCE
J'ai donné sur les infamies mercantiles un tableau abrégé, une peinture en gros. Je vais la donner en détail aux 2 sections suivantes, sur l'un des 32 crimes du commerce. Ce sera l'Agiotage. Préalablement, nous avons à prendre des conclusions générales sur l'analyse qui précède, contenue dans les 4° et 5° mineures.
Financiers et administrateurs qui vous flattez d’avoir atteint à la quintessence des subtilités fiscales, soyez juges de vous-mêmes en matière d'imposition commerciale et estimez ici par comparaison l'étendue de votre duperie.
Lorsqu'un agioteur débutant avec [ s ] gagne en 8 années 30 millions à des spéculations pour le bien de sa patrie, combien avez-vous perçu en impôt sur ses honnêtes bénéfices? Comparez le produit fiscal prélevé sur ces 30 millions avec l'impôt prélevé sur un territoire de 20,000 cultivateurs qui aurait rendu 30 millions en 8 ans; environ # millions par an, et dites si vous ne percevez pas dix fois plus sur ces 20,000 malheureux que sur la sangsue qui gagne en 8 ans 30 millions en spéculatians pour le bien de sa, patrie.
* Ces crochets! ] indiquent ou un blanc existant dans le manuscrit ou une intercalation des éditeurs. La double parenthèse {( }) indique us passage rayé dans le manuscrit.
Confesser que vous ttes mystifiés par le ‘Commerce, qu'ff ‘échappe complètement à l'impôt, que les perceptions établies sar quelques branches du commeree r’atteignent que le service de consommation et nullement 'agiotage. Concluez qu'il vous faut mme nouvelle houssele fiscale pour vous diriger dans l'attaque du tripôt mercantile qui saït échapper à toutes embüches. Confessez en outre que les économistes , en vous fearrant de l'espoir d’une juste répartition n’ont fait que masquer les subtilités de l’agioteur pour esquiver Yimpôt.
À parler net , vous êtes désappointés par le Commerce. On peut vons assmiler à l’ordre judicraire, qui n’a pas le pouvoir de faire pendre celui qui vole en agiotage 100,000 écus. J'use du terme voler comme seul convenable pour définir les bénéfices de cette classe de sangaues dont il est si juste de dire : J’appelle un chat un chat et Rollet an
Une maison citée pour ta plus respectable de l'Europe en termes de commerce , et la plus friponne en | termes de morale |, ævait rmagimé un moyen très-ingénieux pour se voler légalement elle-même. Ælle faisait armer dans un pays en guerre avec le sien des corsaires chargés de surprendre, à hauteur désignée, les vaisseaux qu'elle armaït dans son pays et assurait là ou ailleurs, car onassure partout. Amsi cette marson en se volant elle-même et volant les dépositaires qui avaient chargé à frét sur ses vaisseaux, faisait payer le vol aux assureurs tam réenicoles qu'étrangers. Dira-t-on qu'elle reéritaït mille fois le gibet ? Non, puisque la justice ne pend que les petits voleurs. Elle pendra un capitaine coupable de baraterie, pour avoir fait couler à fond Île vaisseau afin de soustraire au naufrage 20 ou 400,000 francs; mais on ne pend pas, on n’accuse même pas celui qui en armant contre lui-même vole et se fait rembourser par les assureurs une dizaine de millions. Toute l'Europe la nomme pour maison très-respectable. Elle l'est aux yeux du commerce, qui ne respecte que le coffre-fort. Combien la finance at-elle perçu en impôts sur ce joli manège de corsaires fretifs d'où l'on retirait si commodément des millions ? La finance n'en a rien eu, pas plus que des trente millions gagnés en 8 ans pour le bien de la patrie.
Financiers ! après ces indices de votre duperie, il vous reste à vous garantir de vos préventions contre l’auteur du remède. N’imitez pas les oisons du 45° siècle , qui nièrent à Colomb l’existenee de l'Amérique et furent ensuite les plus empressés à le flagorner. Un nouveau système fiscal vous est présenté, il mettra les souverains en possession des immenses bénéfices et frais du commerce. N’éeoutez point les clabaudeurs qui crient à l'impossible. C’est une ruse ‘des sophistes pour prévenir l'examen et l'épreuve des théories qui les akarment. Insistez pour cette épreuve , et quand le commerce se verra en danger de
rendre gorge , il vous offrira des monts d'or pour capituler. Il proposera le doublement des impôts qu'il repousse aujourd’hui. Songez que tout bénéfice de l'intermédiaire appartient au prince, et que dans l'état de pénurie où se trouvent les gouvernements, ils ont besoin d’une ressource extraordinaire pour parvenir à combler leur déficit, à dégrever les peuples.
Toutefois , l'urgence des besoins fiscaux ne serait pas un motif suffisant en pareille réforme. Il en existe un plus décisif, le besoin d’établir la justice , la garantie de vérité et l'équilibre des & fonctions, dont 3 sont tyrannisées par celle du commerce, vrai forban social au sein de la Civilisation.
Rappelons ici à ce sujet des erreurs déjà signalées et qu'on ne saurait trop dénoncer.
L'antiquité, vraiment imberbe sur ce débat, perdit ses beaux siècles à railler le commerce au lieu d’en faire l'étude. On ne daigna pas l’envisager comme l’une des # fonctions cardinales du système social. On le laissa dans un état d'indépendance et d’anarchie mensongère qui préparait les empiètements modernes, monopole, agiotage, etc. La découverte des deux Indes éleva cette hydre à une grandeur colossale. Il excita enfin l'attention de la politique. Une nouvelle science, l'’Économisme, fut consacrée à en faire l’étude. Elle trouva commode de sanctionner l'anarchie et le mensonge au lieu d'en chercher le remède. Elle honora les vices mercantiles que l'antiquité avait bafoués. Ainsi l'Économisme a ajouté au règne du mensonge l'apologie du mensonge. Tel est sur ce point le véritable état des lumières humaines, bien inférieures à celles des anciens, qui, du moins, avaient le bon sens de mépriser un régime de fourberie auquel ils ne connaissaient pas de remède.
La théorie du commerce, déjà embrouillée par des millions de volumes, se réduit à un seul problème : Assujétir la fonction dite circulation au même régime que les trois autres, c’est-à-dire, aux convenances générales. La loi astreint les cultivateurs-propriétaires, les princes même, à observer cette règle dans l'aménagement et la coupe des forêts, dans la distribution des eaux, etc. Pourquoi la classe mercantile, qui est la dernière du corps social, à titre d'improductive, ne serait-elle pas assujétie, comme les propriétaires et les princes, aux convenances générales, dont la première, en fait de commerce, est la vérité des relations ? Sans une pleine garantie de vérité, il n’y a pas de libre circulation, ni équilibre des 4 fonctions. Elles sont asservies par les forbans mercantiles, et il suffit pour le prouver de spéculer sur l'hypothèse de la vérité générale en commerce, et des avantages incalculables qui en nattraient. C'était donc uniquement sur l'introduction de la vérité garantie que devait s'exercer l’Économisme, et c’est au contraire le problème dontil
a entravé l'étude par ses sophismes de libre-concurrence ou anarchie mensongère.
Maintenant que la difficulté est surmontée, que le régime de vérité commerciale est connu, il reste à démasquer le régime mensonger,et, après le tableau général de ses turpitudes, je vais examiner en détail l'une des 32, l’Agiotage, fléau si compliqué qu'il faudra me borner à l'analyse de 2 branches. Ce sera le sujet des deux sections suivantes, où je vais traiter des bourses de commerce et des courtiers de commerce. Je décrirai les prouesses de ces deux branches d'agiotage : elles serviront à juger estimativement de celles de l'agiotage entier et des 31 crimes dont les bornes de l'ouvrage ne me permettent pas l'examen.