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CONCLUSIONS POUR LES SECTIONS DES BOURSES ET COURTIERS

J'ai démasqué le commerce dans une branche de ses fourberies. Je n'ai décrit qu'un des 32 crimes, l'Agiotage, encore bien incomplètement. C'est assez pour prouver que les modernes sont joués par les théories des économistes. Les gouvernements plient sous le faix des emprunts et des déficits ; ils sont comme Tantale, mourant de soif au milieu des eaux, pauvres au sein des sources de richesse. La cause de leur dénuement est que le commerce mensonger, ses [ ] de monopole, d'agiotage, etc., absorhent tout le revenu de l’intermédiaire, fonds assigné en politique naturelle pour [ ] de subvention aux charges publiques.

Le remède, je l’ai dit, est la métamorphose du commerce mensonger en commerce véridique ou régie contrebalancée. L'orgueil et l'habitude répugnerout d'abord à franchir le pas. Les nations, une fois infatuées de quelque chimère désastreuse, deviennent sourdes aux remontrances comme un jouvenceau, engoué d'un fol amour qui le ruine, s’obstine à sacrifier sa fortune. Tels sont les modernes pour leur nouveau Dieu. Après tant de siècles d’aberration dans la recherche du bonheur, ils ont cru trouver enfin dans l'esprit mercantile une planche de salut. Les rois comme les peuples ont fléchi devant ce minotaure. Maintenant, pour les désabuser, c’est peu des armes du raisonnement. 11 reste encore la passion à combattre, les préventions de perfectibilité, l'amour-propre, qui répugne à désavouer une chimère en plein crédit, à briser une idole que tout le monde a encensée.

J'ai fait valoir les règles de la politique naturelle ou équilibre des quatre fonctions cardinales, qui exigent que la quatrième fonction, la circulation , soit astreinte comme les trois autres aux convenances générales, et d’abord à la vérité, dont le système actuel s'éloigne de plus en plus, ainsi qu'on en peut juger soit par la fausseté croissante des mar- Chands, dont le consommateur est à chaque instant victime, soit par le tableau des 32 crimes du commerce et l'analyse détaillée de l’un des 32, l'Agiotage.

A l'appui du principe d'équilibre cardinal, j'ai fait valoir la pénurie fiscale ou déficit universel, véritable lèpre qui a gangrené tous les gou- - vernements modernes, vrai volean à révolutions, qu'il faut éteindre subitement par l'invention de quelque ressource‘ neuve. L'antidote est découvert, et serait-il permis d’hésiter sur l'épreuve quand ce remède offre le double avantage de substituer à la fausseté universelle des relations un ordre de vérité pratique et garantie, et de doubler le revenu des princes, tout en ajoutant à celui des peuples un nouveau produit équivalant à une suppression d'impôt !

Quel obstacle peut retarder cette heureuse innovation? Il n'en est qu'un : l'amour-propre du siècle qui a encensé l’idole mercantile et les dogmes d'économisme, protecteurs du mensonge pratique et des 32 crimes du commerce, inséparables du système de libre concurrence. Les économistes même n'ont-ils pas répugné en secret à cette vénale adulation ? S'ils veulent être sincères, ils avoueront qu'ils n’ont fléchi dévant le veau d’or qu’en rongeant leur frein ; qu’ils ont toujours conservé pour les marchands le mépris que l'antiquité, plus loyale, exprima sans réserve. |

Je veux admettre que les Économistes aient donné une preuve de dévouement en surmontant le mépris naturel qu'inspire le commerce et en cherchant dans ce cloaque de fausseté des voies d'amélioration 80ciale. Accordons, s’il le faut, que dans leurs erreurs mêmes ils puissent prétendre à l'honneur d’un médecin qui s'expose au milieu des pestiférés pour étudier le mal et tenter des voies de [ ]. Sans doute les économistes peuvent présenter sous ce point de vue le parti qu'ils ont pris de faire trève aux antiques railleries sur le commerce, de surmonter le dégoût, et de tenter, par quelques opérations sur cet hydre de mensonge , des voies de honheur social, si vainement cherchées dans les autres branches des sciences.

En adhérant sur ce point aux prétentions des Économistes, il demeure évident qu’ils ont pleinement échoué; que les vices mercantiles n'ont fait qu'empirer, Monopole, Déficit, Agiotage, Banqueroute, Fourberie , etc. Peut-on nier le progrès alarmant de tous ces ulcères? Or, du moment où le remède est découvert, la science, qui avaït jusqu'alors échoué dans ses efforts, en perdrait tout le mérite, si elle traversait l'épreuve d’une innovation qui en { ] le commerce mensonger, sert à la fois le souverain, le producteur, la vérité et l'honneur. l'honneur surtout, dont les modernes ont brisé les autels, du moment où savants, princes et peuples ont fléchi devant les Midas commerciaux.

Gouvernants et savants modernes, je vous le répète : le commerce ne vous paraît grand que parce que vous étes à genoux devant lui; levez-vous, vos peuples sont aussi las que vous du monopole de fourberie et d’agiotage, et, dès que l'attaque du système mensonger sera résolue, tout rivalisera d’ardeur pour abattre cet arbre immonde.

Il ne reste qu’à opiner sur la marche. Veut-on procéder avec lenteur ou précipitation? La méthode est la même dans l’un et l’autre cas; sauf le ralentissement et le suspens de quelques mesures, on ne tendra tou-

jours qu’à soumettre le commerce à l'emploi de la vérité, dont le régime peut s'établir avec plus ou moins de promptitude. Je vais décrire les dispositions principales, puis j'indiquerai celles qui seront susceptibles de tempéraments, modifications et délais, et qui rentrent dans le procédé d’attaque insensible développée [ 1.

LA PHALANGS.

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