ANNONCE D'UNE NOUVELLE PUBLICATION
les cultures, la température de la belle Italie. Quant à l'empereur de Russie, il est à présent celui qui a le plus de chances pour le tétrarchat héréditaire du globe, et cette place ne peut pas lui manquer s’il prend Ja facile initiative de fondation ;
2 Les États-Unis ont un besoin urgent de policer les Sauvages vaisins dont ils redoutent les excursions. — Leur température peut profiter subitement de cette portion de 25 millions d’émigrants qui seront forcés à dégorger d’occident parce que l’Harmonie s’étend et n’amoncèle pas des fourmilières de populace sur un terrain réservé, comme on cn voit en France, en Italie, en Allemagne. Il ne manque pas de terres vacantes sur le globe ; il faudra encore plus de 2 milliards d'habitants pour le porter au complet malgré l'extension du territoire que tiendront les cultivateurs en Harmonie, où leur nombre n'excèdera jamais un millier sur la grande lieue carrée;
3° Le prince héréditaire de Belgique va se consumer en dépenses
inutiles pour former une ligne de forteresses bien impuissante contre 38 millions de voisins remuants et audacieux; il peut faire une spéculation plus sûre et qui ne lui coûtera pas une obole, car tout souverain peut faire l'avance du terrain, du bois de construction et fonder les autres frais sur une souscription que rempliront ses courtisans. - En fondant le premier canton d'Harmouie, il peut s'assurer la souveraineté à choix d'une des Triarchies du Globe, il prendra la Triarchie d'Europe; et d'Afrique ct se trouvera par cette[ ]le supérieur de tous les souverains dont il réclame aujourd'hui l'entremise pour lui garantir son petit état. D'ailleurs petit ou grand, un État n’a plus besoin de garantie dans l’Harmonie où il n’existe plus de guerre ct où les divisions graduées de territoires sont proprtionnées aux besoins, et, puisque le prince Belge peut épargner 50 millions que lui coûteront ses forts et gagner par cette épargne la souveraineté d’un tiers du globe, l'affaire doit lui parattre digne de réflexion, d'autant plus qu'en prenant l’initiative de la fondation d'Harmonie il pourrait assurer de belles principautés aux seigneurs de sa cour qui l’auraient aidé.
Après les Souverains il faut mentionner les particuliers. Il en est une foule en Europe dont chacun peut faire à lui seul sans risquer une obole l’entreprise de l’Harmonie au moyen d’une souscription dont il s’établirait le chef. On a cité dernièrement dans les journaux angla's une liste de 25 riches propriétaires. Le moindre d'entre euxpeut[ ] et s'assurer en outre un bel Empire héréditaire, égal en surface à la France ou l'Espagne, et des mêmes souverainetés pour ses amis et coo-. pérateurs, émigrés et dépossédés. Quant aux souscripteurs de fondation, rien n’est plus facile à trouver en tous pays, surtout par l'effet des émigrations. Tant de gens qui dbandonnent l'Europe, et se retirent aux
États-Unis pourraient y bâtir un édifice selon la méthode d'harmonie beaucoup moins coûteuse et infiniment plus commode que la méthode civilisée.
Quelques cents millions de rançon seraient bons à épargner, et cette économie vaudrait mieux que de sottes plaisanteries qui coûtent des torrents de sang et detrésors. Quel est le bon plaisant, d'eux ou de moi ? Je n'ai pas été le plus malheureux depuis 4808 ; je ne le suis pas encore, tandis que les Français ont souffert et souffrent toutes les humiliations et les misères. Ce n’est pas être les bons plaisants que de payer si chèrement une raillerie d'autant plus inconsidérée qu'ils ne tenaïent pas encore la découverte annoncée. Ils ont imité les stupides Génois du XV® siècle qui se moquèrent trop tôt de Christophe Colomb, leur compatriote ; il porta à d’autres le domaine de l'Amérique, et les Génois devinrent la risée de leur siècle ; c’est ce qui pourra arriver aux Français au sujet du calcul de l'attraction.
Toute autre nation que la leur se serait enorgueillie de ce qu'un des siens allait enlever à l'Allemagne et l'Angleterre cette palme de calcul du mouvement, dont leurs Géomètres ont contesté la 5° Branche; en quoi ils se sont disputé les écailles pour me laisser l’huttre. Les Français auraient pu voir dans ce succès d’un de leurs compatriotes un moyen de réfuter victorieusement l'Europe, qui les accuse de n'être bons qu’à perfectionner, et non à inventer. L'Europe n’a peut-être pas tort ; il est certain que si j'avais le genre d'esprit des Français et les petitesses de cette nation, je n’aurais pas inventé le calcul général. du mouvement.
S'il existait dans les gouvernements civilisés une police d'invention qui serait plus nécessaire en France qu'ailleurs, elle aurait pour règle de toujours encourager la communication d’une découverte; car si l'invention est fausse, il n’y a pas de risque à la faire livrer et examiner, mais si elle est juste et d'utilité générale, on doit craindre que l'inventeur ne l'ensevelisse pour mystifier les zoïles et les envelopper comme tant d’autres plaisants dans la privation. Supposons qu'on se füt moqué de celui qui découvrit et annonça la Boussole, et qu’au lieu de répondre, il eût comme moi gardé en silence le secret de la précieuse aiguille, il aurait puni tout le monde. Les naufrages auraient continué, et peut-être que les railleurs auraient été les premières victimes du défaut de boussole. Tel a été le sort des Parisiens ; ils ont été, plus que d’autres, victimes du prolongement de la Civilisation dont je pouvais enseigner l'issue ; le sort n'a cessé de les poursuivre avec leur chef depuis 1808. Leurs coryphées, qui se partageaient alors les fonctions administratives, ontété renversés, et les disgrâces ont été comblées par les deux invasions et l’en-