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CHAPITRE XIIL APERÇU DES LIENS SPIRITUELS DANS LA TRIBU MIXTE

Parcourons le système de liens qui va s'établir entre les classes D, E, riches, arrivant en avril, et A, B, C, pauvres, installés dès février. J'ai traité d'abord de la chère parce que c’est le côté faible du peuple. On le séduit d'emblée quand on le prend par ce côté.iNous allons y ajouter successivement tous les autres appâts, mais traitons réciproquement, et donnons un chapitre à l'analyse des amorces que la classe populaire va du premier jour présenter aux riches qui tiennent davantage aux jouissances affectives. On va d’abord faire Ja conquête de leurs enfants pour acheminer à la leur.

Le neutre étant la principale source des liens, c’est par le sexe neutre, par les enfants, que commencera à s'établir l'affection entre les diverses classes aujourd'hui si haineuses, si attentives à s’isoler les unes des autres et à consacrer l'isolement par des prérogatives de caste, comme les titres nobiliaires que je me garderai bien de critiquer. Loin de là, j'estime que le peuple civilisé est si odieux par sa grossièreté et sa malfaisance que les riches ont raison de considérer ce

peuple comme une classe de brutes ou gens étrangers à l'honneur, gens dont les familles honorables doivent s’isoler par tous les moyens possibles, entre autres par la corporation nobiliaire. Les nobles et les grands sont une classe de libéraux identiques, c’est-à-dire de libéraux entre pairs et à charge de réciprocité. On ne peut pas espérer cette réciprocité du peuple civilisé dans le cas de conduite libérale avec lui ; il n’usera de votre générosité que pour vous duper et spolier (quelques exceptions très-rares confirment la règle).

En vertu de l'expérience acquise sur cette malfaisance de la classe populaire, les classes supérieures ont dû se coaliser pour transmettre corporativement certains procédés nobles qu'il faut pourtant combiner avec d’autres procédés ignobles comme la rapine. Un noble n’est pas bon civilisé s’il ne sait pas piller ses vassaux, car il faut en Civilisation être dupe ou fripon et je répète ici que les exceptions applicables à 418 confirment la règle et militent pour forcer les 718 à opter entre l’un des rôles, persécuteur ou persécuté, ou, si l’on veut, voleur ou volé. Les nobles ont donc raison de se coaliser pour persécuter le peuple, car s'ils y manquaient ils seraient persécutés par le peuple, témoin les prouesses fraternelles de 4793 et 1794, témoin encore les perfectibilités régénératrices du règne de Bonaparte où l’on vit naître des nobles de 2& heures, aussi impudents que les Montmorency étaient honnêtes. — EH convient donc pour le bien du peuple civilisé qu'il soit persécuté par une classe de nobles privilégiés généalogiqueme nt. — Laissons ce débat qui anticiperait sur le cadre de la 47€ touche et rentrons dans le sujet. Nous en sommes aux procédés qui peuvent établir l'affection entre les classes riche et pauvre si justement antipathiques par suite du mécanisme civilisé, classes qu'il faut réunir et coaliser dans la Tribu, en les animant d'un dévouement réciproque.

On sait que les enfants n’ont rien de ces antipathies de castes qui règnent parmi les les pères. L'enfant est tout à l'attraction qui l'entraîne dans les réunions de ses semblables : il pourra d’autant mieux s’y abandonner dans la Tribu qu’il n’y trouvera pas de réunions destructives comme celles des enfants civilisés.

L'enfant est essentiellement harmonique du moment où les 46 âges sont distingués en 3 sexes et affectés par séries à des branches d'industrie concurrentes. Cet effet, impossible en Civilisation, peut déjà avoir lieu dans la Tribu, surtout lorsqu'elle sera renforcée en avril de quelques enfants des 21 familles qui se hâteront de se joindre aux groupes enfantins tirés des 60 familles pauvres et moyennes.

Là commencera pour les familles riches un plaisir inconnu en Civilsation, celui de voir l'enfant rendu à la nature harmonique, se portant

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de lui-même aux occupations utiles qui lui donnent santé, dextérité, lumières et bénéfices. On atteindra ce but par la précaution de bien répartir les fonctions selon la compétence des 3 sexes , d'éviter la confusion civilisée qui n' établit aucune concurrence des sexes, et de ménager partout les ateliers enfantins bien pourvus d’un aftirail proportionné aux forces du jeune âge. |

La concurrence ne peut avoir lieu qu'autant qu'il ya an moins 3 groupes de chaque sexe dans chacune des fonctions enfantines. Chacun de ces groupes enfantins est aic : ‘!cs conseils de quelque personne âgée, un groupe d'enfant ne marchant jamais sans un foyer ou mentor choisi parmi les personnes capables de le diriger; mais ce perso est avec eux pour le conseil et non pour le commandement. C’est un chef désiré et non pas redouté, puisqu'il ne peut donner aucun ordre; du moment où il y aurait des commandements et assujétissements, la réunion ne serait plus un groupe susceptible d'équilibre passionnel, mais un ramas d'esclaves et de mercenaires; or, nous ne devons spécu- Jer ici que sur des réunions purement passionnelles.

La Tribu de 2° phase, 405 sociétaires, fournissant au moins 420 enfants au dessous de & ans 412 selon le tableau des 46 âges :

Efle peut dès l'entrée des familles riches organiser dans chaque série detravañ la concurrence régulière des enfants, car dans les fonctions qui peuvent comporter le mélange de l’âge 6fpuabère avec les 9,3,4,5 impubères, on aura 430 enfants, et 90*seutement dans celles où il faudra séparer l'âge 6. Or, le nombre 96 fournitidéjà suffisamment à da concurrence, car si un travail eomme la basse-cour peut passionner les 3 des enfants au nombre de 60, on pourra former 6 groupes, 3 de garcons, 3de filles par 9, 10, 41, et chacun des’6 groupes étant susceptible d’une subdivision interne par 3, 3, 3, ou 3, 4, 3, il existera sur ce travail $ partis et 9 sous-partis de garçons, autant de filles, en tout 18 cabales régulièrement opposées et contrebalancées. La Tribu sera déjà très-harmonique sur ce point, soit] dans Îles rivalités d’âges, soit dans celles de fantaisics industrtelles.

Cette opération serait impossible dans wne tribu composée de 200 personnes ; elle ne donnerait que 45 enfants des âges 2, 3, 4, 5 Or, dans un travail qui n’en attirerait que les 2/3, 30, dont 45 de ehaque sexe, il n’y aurait plus moyen d'erganiser une cabale à contrepoids composé, à triple rivalité interne et triple rivahté externe, exigeant pour les 2 sexes 18 groupes. On voit par là qu'il serait impossible d'établir, sur en petit nombre de 308 personnes, la formation des séries

passionnelles puisqu'il n’y aurait plus moyen d'organiser les enfants ; de là vient que tout essai au-dessous de 300 sort du caüre de Sérisophie et rentre dans une période bâtarde que je décrirai sous le nom de Sérigermie et qui tient le rang 6 472 en lymbes antérieures.

Et comme les enfants sont les premiers sur qui l’on doive opérer, parce qu'ils sont plus dociles à la nature et à l'attraction, on voit combien serait géné celui qui voudrait fonder pour essai une tribu de 200 personnes ; il serait obligé, dès le début, de recourir à des opérations bâtardes, car il est de règle qu'il faut équilibrer les passions des enfants avant celles des pères, et de plus commencer par les harmoniser mafériellement avant de passer aux spirituelles et aux composées qui réunissent matériel et spirituel.

‘ Aussi ne débutera-t-on pas avec les enfants par des appâts industriels, mais par desexercices d'harmonie matérielle, comme la manœuvre de l’encensoir qui leur plaît à tous et qui, sur 90, en passionnera assurément 72, nombre nécessaire aux évolutions régulières. On y ajoutera les exercices militaire et chorégraphique, et c'est dans ces amusettes matérielles de goût général qu'on les façonnera d’abord à Ja subdivision cabalistique et au développement des passions en contrepoids régulier, en groupes équilibrés par contrastes, identités, alternats et gradations d’où naît l'unité d’une série sur les ressorts à mettre en jeu pour que chaque sectaire apporte une joie fougueuse, une ivresse amicale dans l'exercice de toute fonction de travail. Cet effet dépend de Ja composition méthodique des groupes avec qui l'on exerce.

On n'y parviendra qu’en ménageant l’alternat de fonctions, les séances courtes et fréquemment variées selon la méthode ‘harmonienne. C'est pour cela que les gens qui voudront forcer de travail dans une branche, ne conviendront nullement. Le but étant de former des liens passionnels et des rivalités concurrentes, il faut sur chaque travail créer d’abord une série de 3 ou 4 groupes se répartissant les diverses fonctions, afin que le travail bien subdivisé puisse être expédié en peu d'instants. De là vient que les gens qu’on appelle en Civilisation culsde-plomb, forçats de travail, ne conviendront pas dans la Tribu où la difficulté d'atteindre aux équilibres obligera à cultiver les germes d’où ils peuvent éclore, entre autres l’amour de la variété, 11° passion, papillonne, et le bon assortiment judicieux, 40°, cabaliste.

J'ai déjà remarqué que telle société fort gaie, fort amicale , si elle est équilibrée en plein contrepoids comme

3 coryphées tenant le dé par degrés, 3 mixtes sans faveur ni défaveur, 3 bardots raillés en gradation, sera fort triste si les assortiments sont mal établis et en rompent les

proportions; on verra bientôt la tiédeur empiéter par degrés, comme il arrive si 2 bardots ou coryphées se retirent d’un groupe régulier ; sou vent il est déconcerté et comme paralysé par [ea seul qu’il n’a plus de bardots à railler.

La tribu, quoique réduite à peine au quart des ressources d’une phalange , aura déjà de beaux moyens pour graduer et équilibrer ses groupes ; 400 sectaires fourniront déjà une ample ressource de variété et de graduation. Cultive-t-on un végétal, comme le pois vert, on peut bien s'attendre à y réunir 3 groupes, dont 4 d'hommes, 4 de femmes , 4 d'enfants, tous gradués par 7, 8, 9, ce qui est le nombre nécessaire pour ménager les contrepoids. Ces groupes varieront, changeront parfois de sectaires et ne seront pas désorganisés par la perte de quelque individu, comme les groupes civilisés qu’on ne peut plus reformer dès qu'un contretemps les dénature par la retraite de quelques membres.

On enseignera aux enfants à exécuter cette manœuvre en spirituel dans les cabales de repas , dans la composition des réunions négociées à la bourse pour le dîné et le soupé. Ces cabales sont d'amitié ; on passera de là à celles d’ambition ou de rivalités industiielles, et au bout d’une quinzaine les enfants seront déjà assez exercés en équilibre passionnel pour faire honte aux pères qui sentiront dès lors combien l’incohérence industrielle et le conflit des passions sont éloignés de la destinée de l’homme, et combien l’on a dupé le pauvre genre humain en le détournant d'étudier les lois de l'attraction et de l'association par séries à cabales contrastées.

Il faut se garder de croire que l’équilibre d’une série repose essentiellement sur un concours de 48 cabales des 2 sexes. La cabale est souvent très parfaite à 14 groupes, 2. 3. 2 en hommes, 2. 8. 2. en femmes : ce dernier nombre est même le plus naturel, parce qu'il est plus inégal et varié dans ses dimensions. On forme encore des séries passablement équilibrées à 42 groupes , dont 6 d'hommes et 6 de femmes par 2. 2. 2. Mais cette division a le vice d’affaiblir le terme moyen qui est en lutte contre les 2 extrèmes. Il faut donc moduler en terme moyen par 44 groupes J'ai spéculé ici sur 48, parce que nos débutants étant peu exercés, il faut par le nombre suppléer au défaut d'habileté.

Dès que l’ordre sériaire ou destinée de l’homme peut germer parmi les enfants qui sont le sexe neutre, il germe bien vite chez les 2 autres, confus de voir que l'enfant leur apprend la sagesse naturelle en économie sociétaire et concurrente. |

C'est un lien de la plus grande force entre les pères qu’une convenance respective des enfants.

Les pères de la classe riche prendront les pères pauvres en affection ef seront réciproquement aimés d'eux du moment où leurs enfants seront nécessaires les uns aux autres, et comme les relations de série étendent ce lien d'un père riche à 20 enfants pauvres qui aident le sien dans les groupes, ils j’étendent de mème à 20 pères et mères de ces enfants. L'effet de ce lien, très-inconnu en Civilisation, sera que chaque riche regardera la tribu comme une famille adoptive et prendra part officieusement à ses fonctions. D'abord cene sera que bienveillance, curiosité, et bientôt ce sera rivalité industrielle. On n'intervient pas dans un groupe sans en épouser bien vite l'esprit et les prétentions, sans s'émouvoir pour le soutien de ses istrigues. Or, si Dorimon et Phiinte , gens des plus riches de la Tribu, se sont entremis dans la calture des melons et ont pris parti pour deux espèces ou deux méthodes opposées dans 2 subdivisions d’un groupe des jardiniers, cette seule rivalité suffira à les passionner pour leurs coopérateurs.

Deux cabales sont menées par le riche Dorimon et le pauvre Ménalque. Il arrivera que le fils de Dorimon se trouvera partisan contre son père de la cabale de Ménalque, et réciproquement le fils de Ménalque sera contre son père dans la cabale de Dorimon. Ces croisements sont immanquables, et la nature les a ménagés avec soin pour disposer aux adoptions industrielles qui sont le contrepoids de l’égoïsme du groupe familial.

Ce sera en petit le mécanisme de l'harmonie, décrit aux touches 3°, &° majeures. On y arrivera partiellement et lentement, mais on y viendra peu à peu, grâce à la précaution de distinguer et opposer les 3 sexes dans les travaux. La classe riche, au bout d'un mois d'exercice, aura tant de ligues etintrigues et de rivalités avec la classe populaire, qu'on finira par convenir d’oublier les rangs avec les sectaires de la Tribu et réserver la morgue pour le dehors, pour les relations avec les civilisés, que la Tribu s’accordera à regarder comme des êtres d’espèce inférieure et au-dessous de la nature humaine.

Un riche ne se eroira pas compromis en se familiarisant avec le page, le jardinier, le cuisinier, parce qu'ils ne feront pas de service individuel; ils serviront la Tribu et non un seul mattre. Chacun d'eux sera dans la situation d'un artisan qui sert le public avec intelligence et jouit de la considération générale , sans être sujet aux caprices de personne , puisqu'il peut refuser tout service individuel sans compromettre son industrie.

Un pas qui semble difficile à franchir est celui d'amener les 24 familles riches D E à se mêler peu à peu aux tables des moyens C B, et fondre finalement toute la classe riche D E dans les classes B et C, bref

DE LA S£AISCPAIE, 41 réduire les 5 classes à 3, dont on améliorerait la chère en ne conservant qu’une classe accidentelle, d’extrà ou de pivot, comme en Harmonie, où l’on distingue, outre les trois classes, la chère commandée.

Cette fusion des tables est une opération qui doit sembler bien plus difficile que la fusion des travaux, car dès à présent un petit propriétaire est forcé à se mêler avec ses jardiniers dans toute exploitation; mais comment le décider à fréquenter quelquefois leurs tables, même en les supposant égales en chère à la sienne ?

Le problème n’a rien de dificile, pourvu qu’on emploie par gradation les ressorts convenables. Observons que j'ai dit: fréquenter quelquefois leurs tables, et non pas habituellement; je ne donnerai pas la solution pleine dans ce chapitre; je me borne à y préluder.

Les riches consentent facilement à se mélanger à un peuple même grossier, quand il s’agit d’amour ou d'intéret. Les jeunes gens riches fréquentent avec empressement Les bals et coteries de grisettes, couturières, modistes, et d'autre part les marquises ne sont pas moins accommodantes avec leurs laquais que les marquis avec les soubrettes. Il n'y a donc aucun obstacle sérieux aux rapprochements amoureux.

En affaires d’intérèt le mélange des classes extrêmes est forcé, puisque tout grand seigneur est par le fait associé de son fermier, obligé de concerter avec lui la gestion du domaine et les opérations agricoles. Or, le jardin, les étables, ateliers et cuisines de la tribu sont un domaine exploité par actions. Chaque riche se plait à y intervenir avet les subalternes, pour concerter au conseil de série la meilleure disposition possible sur la régie sociétaire, où le pauvre est intéressé pour les deux tiers de dividende affecté au travail, et le riche pour le tiers affecté au capital.

Voilà des chances pour les amalgames d'amour et d’ambition ; CB sont les 2 principaux des & groupes, et l’on voit déjà que dans ces 2 groupes, l'unité ou fusion des classes inégales n’essuiera dans la tribu aucun obstacle de la part des préjugés, surtout si l'on remarque que les ateliers, étables, cultures, etc., présentent sans cesse au riche l’'amorcs des 3 luxes réunis à la vérité, et qu'une fois lié d'intérêts et de cabales industrielles avec un peuple très poli, il n’aura aucune répugnance à 58 lier avec les femmes de cette classe popalaire.

1 reste donc à unitariser les relations d'amitié et de famille. J'ai observé que celles de famillisme ne peuvent guères être l'objet d'une spé” culation d'unité dans la tribu, elle ne peut tenter que les accords de femillisme indirect ou adoption, elle n’a pas les moyens nécessaires pour opérer les ralliements directs de famille, puisque les 80 fanilles n'ont aucun lien de consanguinité, et les lacunes prévues sur ce point prosveront la nécessité d'essayer sans délai la Phalange complète.

12 LS Ps ALaANuE.

Mais la Tribu en 2° phase pourra déjà atteindre à l’unité en affaires d'amitié et surtout aux réunions de table, qui sont essentiellement les réunions | ] d'Amitié.

À quoi se réduit le problème ? Il s’agit d'amener aux tables des classes B C, les 21 familles riches D E, ou en d’autres termes, élever les classes B C aux tables des classes D E.

Les 2 classes B C tiennent déjà un rang dans la Tnbu; elles comprennent 20 familles moyennes et 40 aisées. La table subalterne ou 3° classe étant réservée aux 30 familles A (je dis 30, nombre certain pour l’incertain, il est assez connu que si l’on veut distinguer le peuple en 3 classes, on trouvera communément sur 60 familles la proportion de 30 pauvres À, 20 moyennes B, 10 aisées C.)

Il s’agit donc d’amener les 2 familles riches D E à se familiariser peu à peu avec les tables B C seulement, et non pas avec la table À qui est la classe pauvre, classe mieux servie pourtant que ne le sont les bourgeois de nos villes; car on n’en voit aucun avoir 3 sortes de vins sur sa table aux repas d'ordinaire, tandis que la classe pauvre de la Tribu offre toujours à ses derniers sociétaires de 20 sous par jour, une option sur 3 vins, ce qui est, selon les lois de la concurrence de série, plus économique pour elle que de n’en servir qu'un seul, puisque la gestion d’un seul n’exciterait point d'attraction, point d’émulation industrielle.

En définitif, notre tâche sur l'unité des 4 groupes se réduit à former une alliance en titre d'amitié; quant aux 3 autres, on a vuqu'ilnya pas d’obstacle sur ce qui concerne les rapprochements en affaire d'amour et d’ambition, et que les accords, quant au lien de famille directe, ne peuvent pas s'établir dans la Tribu faute de consanguinité, mais qu'elles y germeront peu à peu en sens indirect par les adoptions industrielles. |

C'est donc sur le lien d'amitié, et principalement sur les réunions de table, que nous avons à spéculer. Si nous remportons cette victoire, si nous amenons les 2 classes D £ à s’humaniser avec les tables B C, l'unité passionnelle s'établit dans la Tribu, et c'en est fait de la Civilisation.

I faut donc s'occuper minutieusement en grand détail de cette opération. Nous n’en sommes qu'aux préludes, qu'aux occasions de réunions accidentelles, pendant le mois d'avril qui est mois d'entrée des classes D E. L'affaire s'engage d'abord par les enfants.

Dans toute circonstance embarassante, où il s'agit de former des liens passionnels, spéculons s’il se peut sur le sexe neutre, sur les enfants qui sont une classe docile à l'attraction. Les enfants riches s’habitueront dès le premier jour avec les inférieurs de la Tribu, ils prendront

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parti dans les groupes industriels des autres enfants, et en serviront ardemment les rivalités. Chaque fois qu’il y aura des repas de corps ou d’âges, on ne pourra pas arracher les enfants riches d'avec les pauvres qui les auront invités à un repas décemment servi et surtout animé par la gaîté qui ne règne pas dans les tables de famille ; du moins n'y règne-t-elle pas pour l'enfant qui y est sans cesse assailli de leçons et réprimandes. Ne trouvât-il que du pain bis aux tables des corporations d’enfants, il y courra avidement parce qu’on traitera des cabales industrielles et des intrigues de la corporation. Du reste ces tables, sans être somptueuses, auront tout ce qui est nécessaire pour des enfants qui, chez les princes mêmes, sont nourris sobrement, servis à part avec le précepteur et exclus de la table du père dans les repas d’étiquette. Précaution très sage, car il est bien inutile d'exciter la gourmandise chez les enfants civilisés, ni même chez les enfants d’une Tribu mixte. La gourmandise des enfants ne peut être utile qu’en Harmonie, où on a des moyens d’équilibres passionnels que n'offrent pas les autres sociétés. Cependant on peut déjà, dans la Tribu mixte, admettre en gourmandise beaucoup de fantaisies chez les enfants, sans qu'il en résulte aucun inconvénient. En effet, voici la cause : Ils ne sont pas confinés exclusivement à cette table, ils peuvent souvent être conviés à des tables supérieures, etilest bon qu'ils sachent y disserter avec l'aptifude qu’on exige dans l’ordre sociétaire sur tout ce qui touche aux culfures et préparations.

Les pères, si embarrassés d'inspirer à leurs enfants le goût du travail, les verront avec plaisir se mêler dans les jardins, vergers, ateliers et écoles, aux groupes d’enfants industrieux de la classe populaire, et par suite aux tables de ces mêmes groupes. En peu de temps il deviendra impossible de séparer les enfants riches de ceux de la Tribu, et ce sera le commencement de l’amalgame, qui finira par s'étendre aux pères comme aux enfants. |

Les pères, quelle que soit leur fortune, prendront plaisir à se mèler à ces travaux d'enfants, présider leur table, où il faut toujours à chacun un mentor pris dans l’âge avancé. Bientôt chaque père de la classe riche voyant que la masse des enfants de la Tribu est nécessaire à l'éducation des siens, s’habituera à regarder ces enfants comme demi-adoptifs, comme famille accessoire. L'ordre séraire a la propriété de rendre les enfants aimables par une tendance générale à la politesse, par leur industrie qu’il favorise en tous sens, en leur affectant les mêmes travaux et les pourvoyant d'outils, chariots et animaux adaptés à leur faiblesse.

Souvent il arrivera qu'un père ou une mère de la classe riche sollicitera la présidence d'une table d'enfants, où figurera leur fils ou leur fille. D'ailleurs il est d'usage que le recteur ou la rectrice, tirés des âges

43, 44, 15, soient servis différemment des enfants, dont ils président la tube, etaucun ‘enfant n’en <st censé, d'autant mieux que les goûts du joue ge sont très driférenits.

Quux qui quitterent an jour les tables D € pour figurer aux tables B:C ne ‘causeront aucune dépense de service ‘à la Tribu, car elle en suru.été prévenue ussez à lemps pour diminuer des tables de élasæ B'Eautant qu'il faudra ajouter aux'tables B C. Les riches, soitpères, soit ‘eufants, seront très-fêtés aux tables mférieures , parce que leur présence aura produit une amélioration dans le Gegré de la chère, qui se “trouvera transformée en genres C D, terme moyen de B Cet DE.

Tandis que les pères de la classe riche s'habitueront à quitter quelquefois leurs tables pour figurer à celle des corporatiohs d'enfants, les fits d'autre part assisteront fréquemment aux soupés des femmes de classe inférieure, et dans les cas de repas de corps personne ne dédaiguvra de figurer dans des réunions où se trouveront les inférieurs qu’on aûta, je le répète, choisis parmi les ouvriers polis qui abondent dans les capitales.

‘Divers individus des classes B'C, qui jouiront d’un petit capital et feront d’amples bénéfices, pourront former quelques réunions de table avec certains riches D E. Ce ne sera pas une dépense pour aucune des dlasses, car la Tribu déduit à chaque repas manqué l'équivalent de son prix de pension, et celui qui manque un repas de 20 sous pour figurer à un de 30, ne dépense réellement que 40 sous.

S'il fallait amener les deux classes E D à quitter teur table pour s’assocter à celles C B, la réunion serait impossible malgré les liens d’amitié et de corporation, maïs il y a pour cette réunion d'autres ressorts dont nous allons rendre compte.

Répétons que tout ce qui tient aux relations d'amitié devient ici de haut intérêt, car la Tribu doit en système général moduler sur tes 2 cardinates majeures, amitié et ambition; elle ne peut, sur les 2 autres, amour et famillisme, atteindre qu’à des branches d'équilibre unitairt ; mais sur les 2? majeures elle-doit s'élever à un équilibre voisin de plein. C'est donc l'ordre majeur qui est son pivot de manœuvre, et c’est pour oëta qu'une opération d'amitié assez délicate comme ta Fusion des rithes et-ties moyens dans les repas, mérite la plus sérieuse attention.

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