‹ Manuscrits de FourierChapitre 9 sur 134 · LES · texte numérisé non relu

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de qui, empêchant le cours des rayons solaires, s’opposeraient à l’accroissement des végétaux.

Tous les murs de clôture seront ouverts et palissadés ou grillés à hauteur d'appui, afin que la vue puisse librement circuler, et qu'on ne chemine pas entre des murailles comme dans les villes civilisées.

Sur les rues, l'élévation de chaque bâtiment ne pourra pas excéder sur la rue l'angle de 45 degrés, c'est-à-dire que si la rue n'a que 9 toises, les maisons qui la bordent ne peuvent s'élever que de 9 toises, à moins qu’elles ne ménagent une cour en avant, chaque édifice devant être vu de la rue en angle de 45 degrés au plus.

On fera exception pour 1/8 de l'édifice, qui pourra s ‘élever indéfiniment pour former des tourelles ornées.

La perspective de 45 degrés se comptera de l’arête du cidre Sans cette règle, un homme pourrait sur une rue de 8 toises de largeur élever sa maison .de 8 toises jusqu'à la corniche, et de 8 autres toises en mansardes, greniers, etc. Pour éviter cette fraude, il faudra que l'arête du couvert ou sommité ne dépasse pas l'angle visuel de 45 degrés, au moyen de quoi l’on ne pourra construire des maisonstrès-hautes que sur des rues très larges, et la ‘circulation de l'air sera ménagée en tout sens. |

Avant de parler des rues, des eaux, des édifices publics, nous avons à disserter sur les dispositions indiquées relativement au terrain, à l’isolement et à la hauteur; nous allons les considérer comme moyens d'association partielle entre les familles plébéiennes.

Ces dispositions ne permettent guère de construire de petites maisons, cela ne sera possible qu'aux gens riches. En effet si nous supposons un pavillon de 40 toises de front et 8 de profondeur, total 80 toises carrées de superficie, il lui faudra d’abord, pour ses isolementslatéraux, 96 toises deterrain vacant autour de Ja maison, et ces 96 toises distribuées par lignes de 3 toises ne sufhiront pas à fournir une cour où puisse tourner une voiture, il faudra trouver du terrain et avoir au moins 420 toises de vacant pour 80 de bâti; encore ai-je supposé que les remises et écuries seraient dans le rez du pavillon. Si on les construit sur les côtés en forme d'ailes, il faudra beaucoup plus de 96 toises pour t les isolements de 3 toises qui doivent border chaque corps de bâtiment hors le cas de contiguité à la rue.

Dans une ville assujettie à ces règles, il ne sera donc possible qu'aux gens très-riches de construire de petites maisons, qui exigeront un achat considérable de terrain pour les isolements. On spéculera nécessairement sur les grandes maisons, celle de 20 toises de front n'étant astreinte, comme une petite, qu'à 3 toises d'isolement latéral , qui, joint

a celui de la maison voisine, donne les 6 toises de minimum exigé entre 2 corps de hâtiments.

On ne construira donc pour la bourgeoisie que de grandes maisons propres à contenir une vingtaine de ménages, et leur ménager les commodités de pompe, lavoir et autres, que peut comporter une grande maison. Son principal avantage est de se prèter à une association partielle de ménages, au moins pour la préparation des subsistances qui est l’objet le plus dispendieux chez le peuple. Sans forcer cette association, il est aisé de la provoquer par des dispositions quelconques.

Supposons une maison distribuée pour contenir 30 ménages, inégaux en fortune. L'architecte y aura ménagé au rez quelques salles de relations publiques et des moyens de communication intérieure à l'abri des injures de l'air. Ces ménages pourront prendre à frais communs des domestiques chargés de la cuisine et former $# ou 5 tables de pension en - différents prix; ils auront sur l'épargne de temps et de frais et sur l'amélioration de la chèreun énorme bénéfice, indépendamment de l’agrément des réunions qui ne pourraient pas se soutenir s’il n’y avait qu’une table où éclateraient des brouilleries, mais qui s’établiront facilement au moyen de # ou 5 tables où l'on se distribuera selon les convenances.

On conçoit que les plus riches dédaigneraient ce genre de réunion malgré l'avantage de se réunir en compagnie de 4"° classe avec un service assorti à ses moyens; mais qu'importe le refus des riches ! il ne s’agit que de remédier aux misères du peuple, et le plus grand dommage pour lui est la mauvaise nourriture, à quoi l'on ne peut obvier que par le ménage combiné; et l’on vient de voir que le garantisme visuel qui tient à la distribution des édifices concourt eflicacement à préparer les ménages combinés.

Autre objection. Le peuple, va-t-on me dire, abonnerait assez au ménage combiné, si on lui faisait crédit, mais quand on en viendrait à régler les comptes, la moitié de la populace ferait banqueroute à l'autre moitié des locataires qui aurait fait les avances, et parmi les 30 ménages il s’en trouverait 45 qui auraient vécu aux dépens des 15 autres.

C'est raisonner sur les chances de Civilisation. Je sais fort bien qu'aujourd’hui on serait dupe si on avançait une obole au peuple, mais dans le casfoüfles 42 garanties seraient établies simultanément , le dernier homme du peuple serait aussi solvable pour sa dépense de table pensionnelle, qu'aujourd'hui l’homme fortuné. Il serait cautionné par des corporations solidaires qui lui ouvriraient un crédit pour telle table de 3° degré. C’est ce qui a lieu en Garantisme où le comité d'approvisionnement n’a jamais une obole à perdre en faillite. Une fois cet ordre établi, il est hors de doute qu'aucun individu de la classe pauvre ne songerait à préparer isolément sa chétive cuisine, quand il

trouverait dans sa maison, sans aucune peine, une table mieux servie et une compagnie à sa convenance, avec option de variante.

Et pour que les distributions d'édifices coïncident à favoriser ces réunions il faut, par les règles des isolements, des terrains vacants et des élévations limitées à 45 degrés, ramener les spéculations des construc teurs aux maisons vastes et propres à contenir une 30° de ménages de classes rapprochées, afin que, sila maison est destinée aux ménages d'artisans ou à ceux de bourgeois, elle puisse former, soit en artisans, soit en bourgeois, au moins 46 tables, dont :

3 d'enfants, — 2 de vieillards, — 2 de domestiques :

9 de classe dont — 1 de sexes mélangés, — 2 de jeunes gens et 2 de jeunes filles, — 2 d'hommes âgés et 2 de femmes âgées.

Ces tables estimées de 9 à 10 convives sont le contenu de 30 familles ; et comme l'objet le plus important pour le peuple est celui d’une nourriture saine, économique et abondante, le premier but dans la distribution des édifices doit être de garantir à la fois salubrité et faculté de réunion sociétaire. C’est à quoi coopèrent les règles que je viens d’assigner sur les dimensions de l’édifice et les proportions de terrain vacant.

Cette remarque est essentielle pour prouver que toub se lie dans le système des 42 garanties, et que si telles dispositions, qui semblaient n'être faites que pour nous récréer les yeux, deviennent des gages de salubrité, d'économie et de richesse du peuple ; il en sera de même des dispositions qui sembleront au premier abord n'avoir pour but que de récréer les oreilles, et lorsque j'en viendrai aux garanties d’ouisme qui tendent à rendre musiciens tous lesindividus, on m’objectera encore. qu’il s’agit de leur assurer des subsistances et non des concerts. L'un tient à l’autre, ct l’on verra que la garantie de concerts facilite celle de subsistances, qu'on ne peut arriver au bien social qu’en liant systématiquement les 42 passions, tandis que le procédé contraire, celui des philosophes qui ne veulent aucun lien général des passions et s’obstinent à opérer séparément sur quelqu’une d'entre elles, cette méthode, dis-je, n’aboutit qu'à échouer sur chacune de celles qu'on veut traiter isolément.

Gardons-nous donc de dédaigner les 5 garanties de passions sensitives, de les considérer comme frivolités dont le peuple n'a aucun besoin. L’on va voir que non-seulement elles sont nécessaires au peuple en système général, mais que les riches mêmes ne pourraient pas jouir des 12 garanties, si elles n'étaient pas assurées proportionnément au peuple. La législation ne sera dans les voies de Dieu qu’autant qu’elle liera tout le système des passions ; un résultat de 3,000 ans de carnage et d'indigence doit l'avoir rassasiée des méthodes actuelles et disposée au doute sur celles qui perpétuent tant de misères, en commettant la

faute de ne pas placer les plaisirs au rang des objets nécessaires à l’homme. |

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