PLAN
On marquera quatre enceintes, savoir : 4 de pivot et 3 de banlieue, Savoir :
La 4'"°, pour la ville, ou Pivot ; La 9°, pour les faubourgs ;
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La 3°, pour les annexes rurales ; La 4°, pour les avenues et relais.
Chacune des enceintes pourra s'étendre à l'équivalent du rayon de. la ville. En supposant done 1000 toises du centre aux barrières, il y aura 2000 toises jusqu'aux confins de l'enceinte des fauhourgs, puis 3000 à 4000 jusqu’au terme des annexes et des avenues.
Chacune des enceintes sera assujettie par gradation à des ornements obligés et coordonnés aux convenances de la ville. Un comité d'apparat en sera juge, et n’admettra aucune disposition soit d'agriculture, soit d'architecture, qui blesserait les garanties visuelles.
Lesystème d'ornement sera gradué, c'est-à-dire qu'on en exigera plus dans l'enceinte pivotale que dans les enceintes de faubourg, qui devront contenir les édifices d'utilité manouvrière, comme grandes fabriques, magasins d’entrepôt. Mais les villages mêmes de la 4° enceinte seront encore soumis au code ornemental gradué.
Raisonnons. sur ce 1°" article en le comparant à la licence anarchique des constructions civilisées, où chacun prend à tâche d’enlaidir l’ensemble. J'en vis? exemples bien frappantsen arrivant à Nancy dont on m'avait vanté la beauté. Les portes de la ville sont des arcs triomphaux bien lourds, bien massifs; car les Français, j'excepte les Parisiens, n'aiment en architecture que les masses de pierre sans goût, ni grâce. En approchant de cet arc triomphal assez semblable à une porte de for-
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teresse, on voyait de chaque côté des fumiers bien sales devant les mai-
sons du faubourg. Enfin, la voiture me débarqua à l'hôtel du Petit-Paris,
où j'eus en face de ma chambre la perspective d’un immense mur mi-
toyeun bien élevé, bien noir, et qui semblait recéler quelque manoir infernal. C'est ainsi que les vandales français distribuent une ville qui a la prétention d’être belle.
On montre bien plus de discernement dans les constructions individuelles. Un homme qui veut avoir un magnifique salon sent bien que la beauté de la pièce principale ne dispense pas d’orner les avenues. Que penserait-on de son beau salon si, pour y arriver, il fallait traverser une cour encombrée de fumiers, un escalier obstrué de gravois et une anti chambre garnie de vieux meubles rustiques? Nos sybarites ne commettent pas cette faute grossière : ils ont soin, tout en parant le salon, de ménager une gradation de luxe dans les 3 avenues, antichambre, escalier et cour. D'où vient donc que le bon sens, qu’on trouve dans chaque individu pour l’ornement d'une demeure particulière, ne se rencontre pas chez nos architectes pour l’ornement des demeures collectives appelées villes? et pourquoi, sur tant de princes et artistes qui ont bâti des villes, aucun n'a-t-il jamais songé à l’ornement gradué des 3 acces-
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soires, faubourgs, annexes et avenues composant la banlieue dans une ville garantiste? J'ai expliqué la cause de cette grossière négligence : c'est que jamais idée harmonique ou plan d'ornement collectif n'a trouvé place dans une tête civilisée, et toute génération qui n’entend rien à l'ornement collectif, ne connaît pas d'avantage l'ornement individuel. C’est ce que je vais prouver par le distributif des maisons garantistes. Procédons à les décrire en rappelant que ces idées qui semblent un calcul de luxe et de superfluités, sont une théorie de haute politique, et d’où va ressortir le principe fondamental du bonheur social, le germe de l'association. N'oublions pas que Dieu veut nous guider par le plaisir et non par les privations. C’est donc toujours dans les voies du luxe et des voluptés que nous devons nous attendre à découvrir les plus profondes spéculations de Dieu sur l'harmonie sociale.
Toute maison de la ville ou enceinte centrale doit avoir en terrain vacant, cour ou jardin, une surface égale à celle qu'occupent les cons-
‘tructions. S'il y a cent toises carrées de bâtiment, il faut au moins
400 toises carrées de cour ou jardin; précaution nécessaire contre les spéculateurs qui amoncellent de pauvres ménages dans des maisons sans cours, dont la lauteur démesurée s oppose à la circulation de l'air. Dans l'enceinte n° 2, faubourg, on exigera que la maison ait en sà dépendance un terrain vacant, double de celui des bâtiments. Dans l'enceinte n° 3, annexes, on exigera que Île terrain vacant soit
: triple, et progressivement il sera quadruple dans l'enceinte n° 4.
Chaque maison devra être isolée et assez ornée sur les côtés pour ne jamais présenter de murailles nues, hideuses, comme les murs mitoyens des villes civilisées. Il est aisé, même dans les maisons rurales, de ménager quelque ornement sur les murs latéraux, une croisée ceintrée et un cordon suffisant à orner le plus grand mur. On sera plus exigeant dans les enceintes 4 et 2, où les maisons devront par degré se prêter au système ornemental.
L'isolement entre 2 maisons ne pourra être moindre de 6 toises de Paris, douze grands pas, quelque basses qu’elles puissent être. Chacune des maisons devra donc avoir en sa dépendance, autour de ses corps de bâtiment, au moins trois toises de terrain vacant, excepté sur les côtés contigus à une rue qui dispense de ménager un terrain vide, la rue en tenant lieu.
L'isolement latéral, hors de rue et à l'arrière, doit être pour chaque maison de moitié de la hauteur des façades attenantes, c’est-à-dire que si deux maisons contiguës ont l’une 42 toises de hauteur, l'autre:8 toises, la 4re devra un vide de 6 toises, la 2° un vide de & toises, total 40 toises entre les 2 maisons. Sans cette règle de proportion, les terrains d'isolement pourraient être sans emploi par des maisons trop élevées