‹ Manuscrits de l'ancienne abbaye de saint Julien, à BrioudeChapitre 5 sur 36 · DE M. F AS · texte numérisé non relu

DE M. F AS

et je dois convenir que je trouvai beaucoup

de pauvretés , ou de ce qu'Horace appelle

dwitias miseras. Mais je trouvai aussi quel*

ques documents fort intéressants^ tous par

leur antiquité remontant aux premiers

temps de plusieurs de nos monastères* Je

les recueillis avec soin ^ n'ayant toutefois

rien en vue que de satisfaire mon goût pour

les recherches et les collections de ce genre.

Depuis ce temps , mes propres réÛexions ,

et surtout la lecture de mon bien - aimé

Ivan-Hoe ayant entièrement changé mes idées, ainsi que je vous le disais tout à

l'heure , et par suite mes projets de publication étant arrêtés ^ cette légende gagna ' im prix singulier à mes yeux. De vous dire avec quelle ardeur empressée je la traduisis , c'est ce que je n'essaierai pas. Tout aurait été l'ouvrage de deux ou trois jours , wsi j'en avais cru le premier mouvement de ma plume ; mais je me suis tenu en garde contre cette rapidité qui risquait de pro-.

duire une vague imitation au lieu d'une iîdèle copie. Je m'enchaînai donc à la plus

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scnipulease littéralité : je m'effovçai cle retracer la gothique latinité de Tépoque par une dktion feaoçaise toute gothique ellemême : je me permis ^ plutôt que de manquer aux tournures de Toriginal , d^assez fréquents et peut-être d'assez bizarres latî-* nismes i enfin je redoublai de scrupule , alors qu'il s'agissait de rendre quelquesuns de ces traits de mœurs grossiers et durs qui caractérisent le temps , et que je me serais crû coupable d'adoucir lé moins du monde. Ma tâche ainsi achevée , et les sommaires des chapitres que j'avais trouvés , suivant F^isage des écrivains d'alors , réunis collectivement en tête de l'ouvrage > ayant été par moi distribués chacun en leur lieu , il ne me reslait j^us qu'à publier mon livre : c'était le plus embarrassant. Un moment je conçus la pensée de le donner à l'iolprimetir du Roi et de la pcékelure y à ÂurillaC; pour faire hommage à notre Auvergne d'un monument qui lui appartient.

Mais je n'ai pas tardé à reconnaître que livrer cette légende au goût des Auver-

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gnàls, c'était lui préparer bien pea de lecteurs , et que la mettre en lumière parmi la'papvreté industrieuse et illétrée des habitants du Cantal , c'était la rendre à l'oubli dont je l'avais tirée. Mon Ivan-Hoe me revint aussi en esprit , et je m'avisai qu'il allait parler à toute la France , comme l'illustre modèle que je suis a parlé à toute l'Angleterre.

N'ayant que vous de correspondant à Paris , mon cher Monsieur , incapable par des raisons d'âge , de santé , de fortune » et plus que tout le reste par mes habitudes , de venir moi-même me mettre aux prises avec les imprimeurs et les libraires de votre capitale ^ j'ai pris le parti de m'adresser à vous^ derecourirà votre parfaite obligeance.

Je vous envoie ma traduction , avec la copie du texte même de la légende / vous laissant à décider s'il est convenable de les publier l'un et l'autre , ou si la barbarie latine du septième siècle doit être .épargnée au goût des lecteurs français du dix-neuvième. J'ose attendreaussi que vous voudrezbien exercer

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