LA SUSCEPTIBILITÉ
On s’abaisse , en prenant de l’ombrage trop facilement.
§. ii. L’IMAGTNATION. .
Il faut un conducteur au fil électrique, il en faut un, de même, à la flamme ëthére'e de l’imagination.
§. la. UNE LETTRE BIEN FAITE.
Vous avez écrit huit pages au
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Prince, pour vous disculper d’un délit de chasse dont on vous accuse auprès de lui, et vous n’avez pu parvenir à calmer son irritation ; un de vos camarades avoit commis une faute beaucoup plus grave, et il a tout réparé avec une lettre plus courte et bien moins raisonnée. — »
Les voici toutes les deux , jugez-en. — Je viens de les lire, vous avez raison ; et pourtant le résultat ne m’étonne pas. — Expliquez-vous. — C’est aisé. Voyez ces quatre lignes qui fi-.
nissent la lettre de votre ami. — Eli bien elles n’ont aucun rapport à l’affaire. — C’est vrai; mais beaucoup à l’homme qui doit la juger , beaucoup au Prince.
$. i3. SUR LES DISCOURS DES MO- NARQUES ANGLOIS.
Quand est-Ce donc que les Mo-parques Anglois sauront ce qu’ils,
peuvent faire de leurs discours d’ouverture, daus la se'ance solennelle où ils parlent du haut du trône aux Pairs et aux Communes d’Angleterre? Sans doute ce discours ne peut être long, car il doit conserver le caractère de dignité qui lui appartient j mais avec peu de paroles , on peut dire en beau langage des choses superbes. On le peut avec courage, avec dignité , avec majesté ; et néanmoins il semble en lisant ces discours, qüe le Monarque ne songe » qu’a se tirer, d’une tâche difficile, et qu’il soit impatient, dès le début, d’arriver à la fin sain et sauf, sans avoir offensé ni le public , ni les Pairs, ni les Communes*. Je me ferois une bien autre idée du discours du Roi d’Angleterre. Je ne sais pourquoi le Gouvernement n’est pas plus heureux dans les proclamations publiques qu’il a faites aux époques de la guerre et de la pais d
a de si beaux modèles d’éloquence, et d’éloquence à propos, dans les débats journaliers du Parlement; et, lorsque les Ministres Anglois ont à parler à l’Europe, ils sont tput empruntés , il n’y a plus dans leurs discours ni vigueur , ni originalité; ils ressemblent à cet homme qu’on vouloit peindre à cause de sa barbe, et qui la fit couper , afin de paraître plus décemment chez le peintre. Je me rappelle encore de quelle manière ils se tirèrent du beau- sujet qui leur étoit fourni en 1777 , et lorsque les François s’étoient unis aux Américains ; leur Gouvernement avoit bien l’intention de faire de son mieux, car il s’adressa h M/ Gibbon pour composer cette déclaration ; mais M.r Gibbon ne fit usage que de l’esprit, il crut que c’étoit là ce qu’on vouloit en s’adressant à un homme de lettres; je me doutai, dans le tems, que c’étoit
là l’ouvrage d’un homme hors du Gouvernement , et je- soupçonnai M/ Gibbon ; et c’est parce que je le lui dis dans la suite , que je sus par son aveu ce qu’il ne m’auroit pas dit de lui-même.