‹ Manuscrits de Mr Necker, publiés par sa filleChapitre 71 sur 74 · i5. VOYAGES · texte numérisé non relu

i5. VOYAGES

On a imputé à une sorte de barbarie fe'odale les obstacles que les Souverains de la Russie out apportés long -tems aux voyages de leurs sujets dans les pays étrangers. L’Empereur actuel, animé par des principes libéraux , a levé tous

ces obstacles , et les Russes aujourd’hui sortent de leur pays en grand nombre, parcourent l’Europe, et font partout de longs séjours. Je crois qu’après les avoir retenus chez eux par des motifs incompatibles avec les mœurs du lems , il y a de l’excès dans la liberté qu’on leur laisse. Un pays tel que la Russie , où tant de biens de la vie manquent, et qui n’est pas sûr de pouvoir toujours les payer avec ses hois et ses chanvres , doit veiller aux dépenses que les voyageurs font dans les pays étrangers; il le doit d’autant plus que ses fortunes territoriales sont réunies par étendues immenses dans les mains des Seigneurs, eusorte qu’un petit nombre d’entr’eux dépenseroient à eux seuls une portion considérable du revenu national dans le pays étranger , s’ils pouvoient y voyager et y demeurer sans aucune gêne de

la part du Souverain. Les propriétés prodigieuses dans une seule main sont une circonstance .extraordinaire, et qui exige des exceptions dans» l’usage de la liberté. Je crois donc que dans un pays , où , par une double combinaison, cette concentration de richesses existe, en même tems que le pays est contrarié par des désavantages de commerce, il importe de mettre- une borne à la liberté indéfinie des séjours au dehors.

u6. L’OPINION PUBLIQUE.

Il n’y a point d’opinion publique , s’il n’existe point de classes distinctes dans la société ; l’opinion est le résultat d’un choix entre les idées , et pour le faire , il faut qu’il y ait un choix entre les personnes.

• §. 17. BJÜSE DES FRONDEURS.

JLes frondeurs qui ne veulent pas

se compromettre, prêtent leurs bons mots à une personue d'esprit : jls se servent d’elle comme d’un instrument de rancune.

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