XI
(Vers 960 de l’H., 1553 de J.-C.). — Ordre religieux des Bakkaya, fondé par Cheikh-Amar-ben-Ahmed-el-Bakkay à Tinboktou. (Voir chap. XXII.)
(Vers 1610 de J.-C., 1018-1019 de l’H.). — Ordre religieux des Ahmedya ou Kerzazya, dont les appuis se rattachent au n° 20 de la chaîne principale, par Ahmed- Zerrouk. (Voir chap. XXIII.)
(Vers 1022 de l’H., 1615 de J.-C.). — Ordre religieux des Cheïkhya fondé par Sidi Cheikh-Abd-el-Qader-ben- Mohammed. (Voir chap. XXIV.)
(Vers 1669 de J.-C., 1079-1080 de l’H.). — Ordre religieux des Nacerya, qui a pour fondateur et patron Mohammedben-Nacer-ed-Drâï, dont les attaches avec les Chadelya remontent à Sid Ahmed-ben-Youcef-el-Miliani, soit par
la chaîne indiquée plus haut pour les R’azya, soit par celle-ci :
1, Ahmed-ben-Youcef. — 2, Abou-Salem-el-Kacem-et-Tazi. —3, Sid Ahmed-ben-Ali-el-Hadj-Drâï. — 4, Ali-ben-Abdallah. — 5, Abdallahben-Hoceïn-er-R’adi. — 6, Mohammed-ben-Nacer-ed-Dràï.
On trouvera plus loin une troisième chaîne, car Mohammed-ben-Nacer-ed-Drâï figure encore parmi les appuis des Zianya de Kenadsa. (Voir chap. XXVIII).
La maison-mère des Nacerya est à Tamegrout, dans rOued-Drâa, où se trouve le tombeau de Mohammedben-Nacer-ed-Drâï, mort vers 1669 de J. -G. (1079-1080 de PH.).
Les descendants de ce Saint sont encore aujourd’hui à la tête de la zaouïa. Parmi eux figurent des personnages marquants, dont l’influence s’étend très loin et pourrait, sûrement, être mise à profit par ceux qui sauraient capter ou acquérir leur bienveillance. Leurs agents vont recueillir la ziara jusqu’aux points les plus reculés du Sahara. Ils se rendent dans l’Adghar (Atlantique), avec les caravanes, et poussent encore plus loin. Partout ils sont comblés de riches présents.
Au début de son organisation, Pordre des Nacerya fut investi, par le sultan marocain Mohammed-Cheikh (1), de la direction spirituelle des Mekahalya. Mais cet essai ne réussit pas, et les compagnons-tireurs se retirèrent assez vite de ces exercices dévots, pour lesquels ils n’avaient que fort peu de goût.
Nous avons cité ce fait, parce qu’il a eu pour résultat de faire regarder quelquefois les Mekahalya comme un ordre dérivé des Ghadelya, ou comme une branche spéciale des Nacerya.
La zaouïa de Tamegrout a un certain nombre de succur-
(1) Ou plus exactement par Sid Ali-ben-Nacer, frère de Sid Mohammed-ben-Nacer, qui était alors, comme son frère, simple moqaddem des Chadelya. — Le sultan marocain Mouley-Mohammed-Cheikh est mort en 1621 de J.-C. (1030-1031 de l’H.).
sales. Ses Khouan et ses serviteurs religieux se trouvent dans tous les Ksour de POued-Drâa oriental, chez les Arib, dans la majeure partie du Tafilalet, chez les Aït- Assa, etc.
Il y a certainement des Nacerya en Algérie, notamment chez les Trafl, Beni-Ziad, Laghouat-el-Ksel et chez les Ahmour ; mais nous n’en savons pas exactement le nombre, car ce sont surtout des étrangers résidant au milieu de nos tribus de l’Ouest. Ils n’ont pas été signajés dans le recensement de 1882, alors que, cependant, en 1851 un document officiel en donnait 3,000 pour toute l’Algérie; ce chiffre semble fort exagéré, nous pensons qu’il y en a environ un millier.
(Vers 1089 de l’H., 1678-1679 de J.-C.). — Ordre religieux des Taïbya (ou Taïbin), fondé à Ouazzan (Maroc) par Mouley-Abdallah-ben-Ibrahim-Chérif, père de Mouley- Taïeb. Ce personnage, mort en 1089 (1678-1679 de J. -G.), tenait ses attaches des Chadelya, par une chaîne remontant à Mohammed- ben - Sliman- el - Djazouli, chef des Djazoulya, dont les appuis ont été indiqués plus haut. (Voir chap. XXV.) |
(Vers 1733 de J.-C., 1145-1146 de l’H.). — Ordre religieux des Zianya (ou Zianin), fondé à Kenadsa par El-Hadj- Mahmed-ben-Abd-er-Rahman-ben-bou-Zian, moqaddem des Nacerya, ce qui rattache l’ordre des Zianya à Sid Ahmed-ben-Youcef-el-Miliani. (Voir chap. XXVIII.)
L’ordre des Hafnya, qui est cité par Cheikh-Snoussi comme une des principales branches des Chadelya. Le
personnage religieux qui a donné son nom à cette branche est Si Abou-Salem-el-Hafnaoui , dit aussi Cheikh- Hafni, qui était à la fois moqaddem des Khelouatya et moqaddem des Chadelya.
L’ordre des Hafnya est le même que celui des Hafnaouya, indiqué d’autre part comme dérivé des Khelouatya.
La chaîne reliant l’enseignement de Sid Abou-Salem-el- Hafni à celui de Sid Chadeli, serait la suivante :
1, Tadj-ed-Din-ben-Abd-el-Kerim-ben-Atha-Allah (n° 17 de la chaîne principale). — 2, Abou-Hafs-Omar-ben-Frad-el-Kenidi. — 3, Fekred-Din-ben-el-Mokrellet. — 4, Ali-el-Abbas-Ahmed-ben-Omar-ben- Ahelal-er-Robeï. — 5, Hassein-ben-Ali. — 6, Tahar-ben-Ali-ben-Mohammed-en-Nouini. — 7, Ali-es-Senhouri. — 8, Salem-es-Senhouri. — 9, Sid Ibrahim-el-Lakani. — 10, Sid Ali-el-Adjeher. — 11, Si Mohammed-el-Kerchi. — 11 bis, Sid Abd-el-Baki-ez-Zekani. — 12, Si Abd- Allah-el-Mer’orbi. — 12 bis, Mohammed-es-Selmouni. — 13, Ali-ben- Ahmed-el-Adoui-es-Saïdi. — 14, Salem-en-Nefraouï. — 15, Abou-Salem-el-Hafni.
Cet ordre des Hafnaouya, qui représente la branche égyptienne des Chadelya, a besoin d’être étudié sur les lieux mêmes où il s’est développé. Nous n’avons rien pu savoir de précis en Algérie le concernant.
Voici la seule chose que nous en dise Cheikh-Snoussi :
Les pratiques de la branche des Hafnya sont les mêmes que celles observées par les Seherourdya, en ce qui concerne les prières à haute voix et l’ordre des trois invocations : toutefois, contrairement à ceuxci, qui se servent des prières des Chadelya, ils récitent leurs invocations de la manière suivante : celle dite El-H.ezb-el-K.ebir, après la prière ordinaire du matin ; celle dite EL-Behar, après celle du milieu de l’après-midi ; un certain nombre d’adeptes récitent encore, à ce moment, celle de Hezb-en-Nour-, puis, après le coucher du soleil, celle de Hezb-el-Tenour, instituée par Ben-Nekib-el-Djillaoui ; après le dîner, celle de Hezb-M'hammed, instituée par El-Morseli ; pendant leur veille, enfin, celle de Menadjat, instituée par Ben-Attalah.
(Vers 1114 de l’H., 1703 de J. -G.). — L’ordre religieux des
Hansalya, fondé au Maroc par Abou-Aïman-Saïd-ben- Youcef-el-Hansali , est très populaire aux environs de Constantine. (Voir chap. XXVI.)
(Vers 1753 de J.-C., 1166-1167 de l’H.). — L’ordre religieux des Habibya (ou Habibiin), dérivé des Chadelya, a pour patron et fondateur Sid Ahmed-ben-el-Habib-el- Lamti, mort en 1752-1753 de J.-G. (1165-1167 de l’H.), après avoir été moqaddem des Chadelya. Il était originaire du Tafilalet, et la maison-mère de ses disciples et continuateurs est dans ce pays, au milieu d’une oasis dite Zaouïetel-Mahi.
Les attaches des Habibya avec les Chadelya remontent, par Sliman-el-Djazouli, à Sid Abd-el-Kerim-ben- Atha- Allah (n° 17 de la chaîne principale). En voici la série :
1, Abd-el-Kerim-ben-Atha-Allah. — 2, Abd-Allah-el-Mogherbi. — 3, Abd-Allah-el-Ili. — 4, Abou - Abd-Allah- Mohammed -Amrar-ech- Cherif. — 5, Mohammed-ben-Sliman-el-Djazouli (869 de l’H., 1464-1465 de J.-C.)- — 6, Mohammed-ben-Sliman. — 7, Abd-el-Aziz-et-Tebbai. — 8, Ali-Salah. — 9, Si Ahmed-el-Hassani. — 10, Mohammed-el-R’omari.
— 11, Si Mohammed-ben- Ali-el-Habibi. — 12, Sidi Salah-el-Meressi.
— 13, Sid Mahmed-el-R’omari. — 14, Si Mohammed-el-Filali.-— 15, Si Ahmed-ben-Habib-el-Lamti (1752 de J.-C., 1165-1166 de l’H.). — 16, Abd- Allah-ben-Azouz (ou ben-Arzouz). — 17, Si Mohammed-ben-Abd-Allah-el-Abassi. — 18, Sid Abou-Abd-Allah-el-Abassi. — 19, Sid Ahmedel-Habib.
L’ordre des Habibya fut, dès ses débuts, remarquable par son grand esprit de tolérance et de détachement. Le dernier cheikh dont nous avons le nom, Si Abdallah-ben- Azouz, de Merakech (Maroc), homme peu instruit mais d’un rare bon sens, a composé plusieurs livres, un, entre autres, dans lequel il attaque violemment et traite de chose coupable et hérétique l’habitude qu’ont les familles religieuses de recevoir des offrandes des fidèles et d’ex-
ploiter, au point de vue temporel, la vénération dont elles sont l’objet (1).
De pareilles doctrines ne pouvaient être du goût des Cheurfa, et les copies de ce livre sont extrêmement rares. Le nombre des adeptes des Habibya est aussi très restreint. Les descendants du fondateur ne s’occupent guère aujourd’hui que de commerce, et ils amènent, une ou deux fois par an, une caravane à Tlemcen. Cependant l’ordre subsiste toujours au Tafilalet, et certains indices tendent à montrer que les khouan de cet ordre nous verraient, avec satisfaction, nous avancer vers le Sud, « car les Français savent faire régner la paix sur leur » territoire et sur celui de leurs voisins, et avec la paix » les gens de Dieu peuvent porter les lumières spirituel- » les de la religion là où ils n’osent pas aller en temps » de trouble. »
En somme, les Habibya ne rêvent pas les palmes du martyre ; en gens pratiques ils préfèrent la sûreté des routes et le commerce des caravanes qui, tout en les faisant vivre, contribue à créer des relations sociales favorables aux progrès tle l’Islam.
S’il y a des Habibya en Algérie, ils sont fort rares; dans le cercle de Sebdou et à Tlemcen on en comptait 40 en 1851. Il est probable que ce chiffre est resté à peu près stationnaire.
(Vers 1825 de J.-C., 1240-1241 de l’H.). — L’ordre des Madanya. (Voir chap. XVII.)
(1) Nous n’avons pu avoir ce livre que M. Pilard, ancien interprète militaire, a entre les mains et qu’il cite, dans un travail manuscrit, sans en donner d’extrait.