DU PROPHÈTE MOHAMMED
fondé par
SID ABD-EL-AZIZ-ED-DEBBAR (En 1713 de l’Hégire. — 1125 de J.-C.)
Sid Abd-el-Aziz-ed-Debbar, né vers 1683, était issu d’une famille chérifienne, dans laquelle les dispositions au mysticisme étaient, en quelque sorte, héréditaires. Son grand-oncle maternel était Sid El-Arbi-el-Fichtali, véritable halluciné mort de la peste, à Fez, en 1679 (1), et honoré depuis comme un des grands Saints du Maroc. Cet oncle avait, peu de temps avant de mourir, prédit à sa nièce que l’enfant qui naîtrait d’elle serait un puissant marabout; et il avait prescrit de conserver précieusement en dépôt, pour son petit neveu, sa calotte (chéchia) et ses souliers noirs (2).
C’étaient là de véritables reliques, et Si Abd-el-Aziz ne doutait pas de leur bienfaisante vertu. Voici, du reste, d’après un successeur spirituel, Si Ahmed-ben-Embarek,
(J) 1089-1090 de l’Hégire.
(2) Une partie des détails que nous donnons ici nous ont été fournis par un travail manuscrit de M. l’Interprète militaire Pilard, aujourd’hui en retraite, soit par le livre du cheikh Snoussi (traduction manuscrite de M. l’Interprète militaire Colas).
en quels termes, il racontait lui-même ses débuts dans la vie ascétique (1).
« A partir du moment où je revêtis les objets laissés en dépôt par » Sidi El-Arbi-el-Fichtali, et où je puis comprendre ce qu’il avait dit » à leur sujet, Dieu jeta dans mon cœur le désir de la dévotion pure » et désintéressée, et je me mis à rechercher (les moyens de m’y » livrer efficacement). Aussi, dès que j’entendais le public traiter quel- » qu’un de maître spirituel (cheikh), ou désigner quelqu’un comme un » saint (ouali), je me rendais près de cet homme et me mettais sous » sa direction; mais, quand je m’étais attaché à lui pendant quelque « temps, et que je m’étais conformé aux pratiques qu’il m’indiquait, » je me sentais la poitrine oppressée et je ne voyais aucun progrès » s’accomplir en moi. Alors j’abandonnais ce maître et j’allais en trou- » ver un autre, dont je suivais les prescriptions, sans que cela me » réussît mieux qu’avec le premier. Je quittais alors, ce second direc- » teur pour un troisième, avec lequel je n’obtenais pas un meilleur » résultat. Je restai ainsi, perplexe et chagrin, depuis l’année 1109 » jusqu’à l’année 1121 (1698-1709). Or, j’avais l’habitude de passer la « nuit du jeudi au vendredi au tombeau du saint, du juste Sidi Àli- » ben-Herzhoum, et, chaque, fois, je récitais en entier le a Borda » (2), » en compagnie de ceux qui passaient aussi la nuit là. Un certain » jeudi soir, je montai, suivant ma coutume, au tombeau; nous lûmes » le Borda en entier, et, quand nous eûmes terminé, je sortis del’en- » ceinte consacrée (Roudha). Je trouvai un homme assis sous le juju- » bier réservé (3) qui est près de la porte de cette enceinte. Cet homme
(1) Extrait du chap. II de Ylbriz — « L’or pur ou les actes de Sidi Abd-
el-Aziz , » jjJI par Sidi Ahmed-
ben-Mbarek, chef de l’ordre des Khadirya et disciple de Sid Abd-el- Aziz.
(2) « El-Borda (le manteau) est le nom vulgaire d’un poème intitulé « les Planètes étincelantes, » comprenant cent soixante-deux vers, et composé, au XIIIe siècle de notre ère, par un cheikh égyptien, Sidi Mohammed-ben -Saïd-el-Bousini. Cet opuscule, dont la récitation chantée, dure une heure et demie environ, est consacré à la glorification de l’apôtre Mohammed. Les Musulmans attribuent « au Borda » une vertu surnaturelle, soit pour la guérison des maux physiques, soit pour l’allègement des douleurs morales. Les Tlemceniens, qui chantent d’habitude ce poème aux enterrements, y ajoutent dix-huit vers qui ne sont pas dans l’original.
(3) « Es-Sedra-el-Moharrara » (le jujubier sauvage réservé). C’est
» m’adressa la parole et me révéla quelques-unes de mes pensées » intimes : je compris que j’avais devant moi un des Saints de Dieu, » savant en Dieu (exaltons-le ! glorifions-le !) et je lui dis: Seigneur ! » donne-moi l’ouerd et revèle-moi le dikr ! mais l’étranger affecta de » ne prêter aucune attention à ma requête, et de me parler d’autre » chose. En un mot, j’insistais dans ma demande, tandis que lui se » défendait d’y satisfaire. Son but était de me faire éprouver un désir » assez ferme, pour que je ne fusse pas tenté de prendre ses paroles » à la légère. Cela dura jusqu’au moment où l’aurore vint à poindre, » et où la lanterne se montra sur le minaret (1). L’homme me dit alors : » Je ne te donnerai l’ouerd que si tu me donnes ta foi de Dieu, que » tu le conserveras toujours. » Je lui fis cette promesse et je m’atten- » dais à ce qu’il me donnât un ouerd semblable à ceux des cheikh » que j’avais eus avant lui; mais voici qu’il se mit à dire : « Tous les » jours, tu répéteras sept mille fois ces mots: O Dieu, répandez vos » bénédictions sur notre seigneur Mohammed-ben- Abd-Allali ! ô Dieu, » ô Maitre ! En considération de notre seigneur Mohammed-ben-Abd- » Allah (que les bénédictions divines et la paix soient avec lui !) fai- » tes-moi jouir d’une entrevue avec notre seigneur Mohammcd-ben- » Abd-Allah en ce monde, avant de nous réunir à lui dans l’autre. » » Nous nous levâmes tous deux alors, et Sidi Amar-ben-Mohammed- » el-Haouari, gardien du sanctuaire, étant survenu, l’inconnu lui dit, » en me désignant : « Aie soin de celui-ci, je te le recommande. » » Si Amar lui répondit : « Comment ne le ferais-je pas, il est mon » siied (2). »
» Or, lorsque plus tard, Sidi Amar fut sur le point de passer vie à » trépas, il me dit : « Sais-tu qui t’a initié au dikr, près du jujubier » réservé. » — Non, lui répondis-je. — Eh bien, me dit-il, c’était notre » seigneur El-Khadir. La paix soit avec lui ! »
Si Abd-el-Aziz se conforma aux instructions qu’il avait reçues ; il répéta la formule sept mille fois par jour, pendant cinq ans, et finit par s’acquitter légèrement de
un arbuste dont, par respect pour le lieu où il croît, on ne coupe jamais les branches et qui, par suite, atteint un développement exceptionnel.
(1) Il s’agit ici de la lanterne ou fanal que l’on hisse au haut du minaret, pour annoncer la prière du fedjeur (aurore) à ceux qui sont hors de la portée de la voix du crieur (moueddin).
(2) Seigneur — sans doute à cause de la qualité du chérif de Sid Abd-cl-Aziz.
ce devoir qui, en commençant, lui semblait aussi long que fastidieux : cette oraison constitue le dikr des Khadirya, et est dite « prière khadirya. »
Sa constance fut récompensée et, le jeudi, 8 de redjeb 1125 (31 juillet 1713), en plein jour, à la porte des Victoires (Bab-el-Foutouk), à Fez, Dieu, daignant se révéler à lui, lui dévoila tous les mystères de la nature et lui accorda ce don de Tcisarrouj, qui permet aux Saints de disposer de toutes les forces de la création, et d’en changer, à leur volonté, l’ordre établi et la marche régulière. S’il faut en croire son biographe, Si Abd-el-Aziz usa largement de cette permission, et peu de jours s’écoulaient sans qu’il opérât quelque miracle.
A partir de cette époque, Si Abd-el-Aziz vécut entouré de la vénération générale; de nombreux disciples (Mourid, aspirant) se mirent sous sa direction. L’un d’eux, homme fort instruit, nommé Si Ahmed-ben-Mobarek-el- Lamthi (1), avait d’abord pris le cheikh pour but de ses sarcasmes; mais en 1717, il changea d'avis, s’attacha à Si Abd-el-Aziz, bien qu’il fût beaucoup plus savant et un peu plus âgé que ce dernier, devint son disciple de prédilection et fut, plus tard, son successeur spirituel.
Si Ahmed-ben-Mobarek a écrit sur la mission, les miracles, les faits, gestes et dires de son maître, un livre que nous possédons et qui est intitulé : « Ed-Delieb-el- Ibriz-fi-Menakib-Sidi-AbdL-el-AziZj » c’est-à-dire : l’or pur et sans alliage ou les mérites de Sidi Abd-el-Aziz.
Au savant et crédule Si Ahmed-ben-Mobarek succéda Si Abd-el-Ouahhab-et-Tazi (2), dont l’instruction était
(1) Si Ahmed-ben-Mobarek-el-Lamthi était originaire du Tafilalet, et parent de Si Ahmed-et-Habib-et-Lamtbi, fondateur de l’ordre religieux des Habibiin, branche des Chadelya. (Voir chap. XVIII.)
(2) Si Abd-el-Ouahab-et-Tazi était originaire de la tribu d’Archida (ou Rechida), tribu chérifienne de l’amalat de Taza. Les gens de cette tribu sont considérés, d’après certains auteurs, comme formant une branche spéciale des Chadelya. (Voir chap. XVIII.)
aussi peu étendue que celle du premier cheikh, Si Abdel-Aziz.
Gomme on le voit, la direction de la secte échappa complètement à la postérité du fondateur. Les descendants de ce dernier résident à Fez; ce sont des marabouts vénérés, mais n’ayant pas grande influence, soit politique, soit religieuse; ils ne sont, dit-on, affiliés à aucune confrérie.
Après Si Abd-el-Ouahhab, vint Si Ahmed-ben-Idris-el- Fassi (de Fez). Ce dernier personnage, après avoir acquis, dans son pays, un grand renom d’austérité, se rendit en Orient et arriva à La Mecque en 1797. Il y enseigna pendant de longues années, de 1797 à 1833, croyons-nous ; et un grand nombre de moïirid 3 venus de tous les pays de l’Islam, depuis l’Inde et la Tartarie jusqu’au Maroc et au pays des Nègres, se groupèrent autour de lui ; cette affluence de disciples et la haute situation que Si Ahmed avait su se créer, excitèrent la jalousie des Eulema (savants) du pays. On lui chercha querelle au sujet de certaines prescriptions qu’il avait faites à ses élèves, concernant le mode de procéder à la prière.
Nous reviendrons, plus loin, sur ces détails de dévotion, que les khouan de Si Snoussi ont adoptés et qui, bien qu’insignifiants en eux-mêmes, servirent de prétexte à la haine des docteurs malékites résidant à La Mecque. Si Ahmed-ben-Idris se vit l’objet de tracasseries continuelles, et, le gros mot d’ « hérésiarque » ayant été prononcé par ses adversaires, le professeur moghrcbin ne se crut plus en sûreté et alla se réfugier à Sobia, ville de l’Yémen, distante de quinze journées de marche de la Ville-Sainte. Sobia était alors, et est peut-être encore aujourd’hui, au pouvoir des Ouahabites.
Ces puritains de l’Islam surent, sans doute, gré au nouveau venu, de quelques points de la doctrine qu’il professait et qui se rapprochaient, timidement il est vrai, de la grande réforme qu’eux-mêmes avaient imposée à presque toute la péninsule arabique, et ils le laissèrent
en paix. Si Ahmed-ben-Idris mourut à Sobia, vers 1835, laissant des enfants qui vivent encore aujourd’hui en simples particuliers.
Il reste, comme monument de l’enseignement de Si Ahmed, un livre composé par un lettré de La Mecque, dont nous ignorons le nom, et intitulé :
El - Akecl- en- Nafis-fl - Menctkib -Sidi-A hmed-ben-Idris c’est-à-dire : « le Collier précieux ou les mérites de Si Ahmed-ben-Idris. »
L’ordre des Khadirya est donc, en somme, un ordre qui fut révélé directement à Si Abd-el-Aziz-ben-Debbar. Mais, si la révélation directe est admise, par tous les soufî, comme chose possible et acceptable, cette théorie est combattue par les légistes, les littérateurs et les savants non congréganistes qui, tout en ne niant pas la possibilité de la chose (Dieu est tout-puissant ! ), estiment qu’il ne faut accepter, comme vraies, que les révélations consacrées par le témoignage d’une longue suite de docteurs et de personnages éminents.
Aussi, le cheikh Snoussi, pour montrer l’excellence et l’orthodoxie de cet ordre révélé, dont il est le continuateur, s’efforce-t-il d’accumuler les preuves et les appuis. Il cite le savant cheikh Mahi-ed-Din-ben-el-Arbi, né à Murcie en 560 de l’H. (1164-65 de J.-C.), mort en 638 de l’H. (1240-41 de J.-C.), et l’un des auteurs les plus réputés en matière de soufisme. Or ce Mahi-ed-Din était le disciple d’un certain Ali-ben- Abd-Allah-ben-Djebbar-el-Moussouli, qui avait reçu les révélations d’El-Khadir.
Le cheikh Snoussi indique aussi, en ces termes, le moyen bien simple d’arriver à ces révélations, si on est en état de grâce .
« Le cheikh de nos cheikhs, Aboul-Beker-el-Mekki, a dit : « Parmi » les pratiques éprouvées qui peuvent faire apercevoir en vision notre s) seigneur El-Khadir et notre Prophète (que la bénédiction et le salut » soient sur lui !), il n’y a que celle qui consiste à répéter la prière » nommée Ed-Daâ-es-Sifi, 41 fois pendant la nuit où doit se manifes- » ter l’apparition d’El-Khadir. Si l’on peut réciter cette prière le nom- » bre de fois indiqué, on est certain d’obtenir le bonheur de jouir de » la présence de ce saint personnage, avec la permission de Dieu. Si » cette pratique n’arrive pas à mettre celui qui la fait en communica- » tion avec celui avec lequel il désire s’unir, c’est que son àme n’a » point encore atteint le degré de perfection spirituelle nécessaire. » Pour y arriver, il devra persévérer dans ces prières, se représenter » tous les jours et toutes les nuits les âmes qu’il évoque, et persister » dans cette voie jusqu’au moment où il sera admis à les contempler » clairement, par la grâce du Dieu très-haut. Dès lors celui-là sera o dirigé, et bien dirigé par elles dans toutes ses actions et dans toutes » les circonstances de sa vie.
» La prière dont je viens de parler m’a été révélée par l’intermé- » diaire du cheikh de nos cheikhs et par son cheikh qui, par la grâce » de Dieu, est une des plus puissantes autorités. » Mon cheikh Aboul- » Abbas-el-Araïchi m’avait dit que cette prière lui avait ensuite été » révélée, encore directement, par le Prophète (que Dieu répande « sur lui ses bénédictions et lui accorde le salut!). Le Prophète » lui avait ordonné d’y joindre certains passages qu’il lui indiquait » à cause des grâces qui y sont attachées, et il lui avait ensuite dit les » paroles suivantes : « Pratiquez cette prière pour la glorification de » Dieu, et non comme certains hommes qui ne la récitent qu’en vue » d’obtenir des faveurs particulières ou des avantages terrestres. J’ai » constaté que ceux qui l’observent comme je la recommande, peuvent, » en agissant ainsi, obtenir autant de grâces, par ces simples prières, » que d’autres peuvent en gagner par une année entière d’actes de » dévotion, de jeûnes et d’exercices de culte. »
» On peut, dans l’ordre qui nous occupe, ajoute Cheikh-Snoussi, » recueillir les doctrines du Prophète et entrer en communication » avec lui (que Dieu répande sur lui ses bénédictions et lui accorde » le salut) : d’abord, sous l’influence de ce haut degré d’attention où » l’homme, voué à la vie contemplative, possède la faculté de saisir » les moindres avertissements que Dieu lui envoie, et celle de com- » prendre à quoi ils se rapportent; ensuite, pendant le sommeil, et 9 cela bien que le Prophète soit mort. C’est ainsi que chacun des 9 chefs des trois principaux ordres a pu arriver, dans la dernière par- » tie de son existence, à n’avoir de confiance en aucun autre qu’en « lui (le Prophète). Tout le monde doit retourner à lui (que Dieu ré- » pande sur lui ses bénédictions et lui accordé le salut !) Les affiliés
» de l’ordre de Mohammed jouissent spécialement de cette laveur; » aussi est-ce pour cette raison qu’ils sont exclusivement qualifiés do » Mohammediin. »
En 1835, à la mort de Si Ahmed-ben-Idris-el-Fassi, ses disciples ne purent s’entendre sur le choix de son successeur. Deux groupes rivaux se formèrent, et l’ordre des Khadirya se scinda en deux branches ennemies, ayant pour directeurs, la première, un Indien, Si Mohammed-Salah-el-Megherani, la seconde, un Algérien, Si Mohammed-ben-Ali-ben-es-Snoussi. Il va sans dire que chacun de ces deux cheikh se prétendit le seul continuateur, autorisé et légitime, de l’œuvre de Si Ahmed-ben- Idris, et le seul véritable grand maître des Khadirya ou Mohammediin.
Chacun d’eux aussi s’empressa de construire, à La Mecque même, une zaouïa pour servir de chef-lieu à l’ordre qu’il dirigeait. Si Mohammed-Salah-el-Megherani fut assez heureux pour construire la sienne dans le quartier béni de Dar-Khaizaran (1), où se trouve l’emplacement de la maison dans laquelle le Prophète tenait ses conventicules secrets, avant la conversion d’Omar. C’est, après le temple et après la maison de Khedidja, «l’en- » droit le plus favorable à la prière, celui où toutes les » prières sont exaucées. »
Les kliouan qui s’attachèrent à Si Ahmed-ben-Salahol-Megherani et à la zaouïa de Dar-Khaizaran sont aujourd’hui connus sous le nom de Mogharanya ou de Soualiah.
Quant à ceux des disciples d’Ahmed-ben-Idris qui avaient suivi Si Mohammed-ben-Ali-Snoussi, ils aidèrent ce dernier à bâtir une zaouïa, sur la montagne d’Abou- Kobaïs, qui passe pour être la première des montagnes
(1) Ce terrain fut acheté au IIIe siècle de l’Hégire par Khaizaran, mère du khalife Haroun-cr-Rachid, et il a conservé le nom de cette personne.
que Dieu créa et celle où sont enterrés Adam, Eve et leur fils Seth.
Les khouan de la zaouïa d’Abou-Kobais ne tardèrent pas à prendre le nom de Snoussya, qu’ils ont conservé depuis.
De sorte qu’aujourd'hui, l’ordre des Khadirya n’est guère connu, sous ce nom, que par les gens instruits, la masse des musulmans préférant donner aux khouan Mohammediin les dénominations de Mogharanya ou de Soualiah ou de Snoussya.
Les Mogharanya ou Soualiah sont restés puissants à La Mecque et dans l’Orient; mais nous manquons, ici, de renseignements précis sur leur compte. Quant aux Snoussya, dont le centre n’est plus à La Mecque, où ils n’ont qu’une succursale de leur maison-mère, ils sont plus loin l’objet d’un chapitre spécial.