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Je te supplie, Dieu Pardonneur de m’accorder pardon et repentir ; de dompter, ô souverain Dominateur, quiconque se soustrait à ta loi.
Par ta puissance, Être glorieux, ma force sera considérable; — ô toi, qui humilies, jette dans l’abaissement les prévaricateurs.
Donne-moi, ô Généreux, science et sagesse ; — facilite-moi, Toi qui sustentes la vie matérielle.
Divin collecteur des âmes, saisis l’àme de tout homme ennemi de ta parole ; — Toi qui répands les faveurs, augmente en moi le désir du beau.
O dispensateur de l’abjection, abîme le pouvoir de tout adversaire de ta religion, — Toi qui élèves, élève-moi, malgré ceux qui me haïssent.
Nous avons déjà dit que les hadra des Hansalya étaient toujours entourées d’un certain mystère ; aussi n’avonsnous pas pu obtenir des renseignements bien précis sur ce qui s’y passe, non plus que sur le mode de réception et d’investiture des affiliés et moqaddem.
Nous savons seulement que ces derniers sont choisis par les frères, et présentés à la nomination du grandmaître ou du khalifa de l’ordre. Nous savons aussi que, dans ces hadra, on chante le poème de l’imam Damiati sur un rythme qui va toujours en s’accélérant, en même temps que la voix s’élève et que la danse se précipite, jusqu’à ce que les khouan tombent épuisés ou arrivent à l’état extatique.
Au Maroc, les Hansalya semblent n’avoir pas une très grande influence, et nous ne leur connaissons que deux zaouïa : celle des Aït-Metir, au tombeau de Sidi Saïdben-Youcef, et celle de Dadès, au tombeau de Sidi Saïdel-Hansali-el-Kebir.
Dans la province d’Oran, ils sont en décroissance et paraissent manquer de direction ; on ne les connaît pas dans la province d’Alger; mais dans les arrondissements de Constantine et de Philippeville, ils sont très nombreux et jouissent d’une très grande popularité. Dans toute cette région, on estime que les Hansalya ont des secrets pour faire sortir, du corps des malades, les djinn qui causent la souffrance et amènent la mort. Aussi, sontils constamment priés de donner des hadra dans les maisons sur lesquelles la maladie s’est abattue. On croit aussi qu’ils ont une grâce spéciale pour connaître les choses cachées, retrouver les objets volés et dévoiler les criminels.
Les amulettes qu’ils fabriquent ont une vertu souveraine pour préserver des accidents, mais il n’est pas facile d’en obtenir.
Malgré cette très réelle influence sur les masses, les Hansalya se sont toujours, depuis la prise de Constantine, tenus à l’écart des affaires politiques ou adminis-
tratives. Mais leur abstention n’a rien d’hostile; leurs relations avec les agents de l’autorité française ont toujours été des plus correctes et des plus courtoises. En ce moment même, le chef de la zaouïa de Chellaba est adjoint indigène de la commune de Rouffach.
Cet ordre semble aujourd’hui localisé dans la région de Constantine;et, si son khalifa entretient des relations avec la zaouïa-mère de Dadès, au Maroc, et avec celle du Kef, en Tunisie, où se trouve aussi un groupe d’Hansalya, ces relations ne nous sont pas connues, et aucun fait ne nous autorise, personnellement, soit à les affirmer, soit à les nier.
Les Hansalya, en Algérie, sont ainsi répartis :
Province de Constantine. . . 5 zaouïa, 48 moqaddem, 3,530 khouan.
d’Oran » 1 58
d’Alger » 1 10
Total. ... 5 zaouïa, 50 moqaddem, 3,598 khouan.