VI PREFACE
parut à la fin de l'année 1789, pour faire place à son homonyme (1)... »
Ces lignes, écrites par Paul Lacroix, en guise d'avant-propos, pour une réimpression d'un Roman de Cœur de Marat, expliquent la genèse de cet ouvrage.
Une question se posait : Marat avait-il été méconnu comme savant, pour s'être jeté, à corps perdu, dans le mouvement qui entraînait alors tous les esprits? L'injustice de ses contemporains l'avait-elle poussé à changer de route ? Ne se fut-il pas livré à des travaux de science et de philosophie, si ces travaux lui avaient rapporté l'honneur et le profit qu'ils méritaient; si les Académies ne s'étaient coalisées, en quelque sorte, pour tenir ses découvertes sous le boisseau ; si Voltaire et les encyclopédistes navaient pas foudroyé de leur dédain son livre de r Homme ?
Sans songer à réhabiliter Marat, pouvait-on au moins plaider les circonstances atténuantes?
Dans toute la période de sa vie qui précède
(1) Un Roman de Cœur, par Marat, t. I, 18-19.