‹ Marat inconnu, l'homme privé, le médecin, le savantChapitre 29 sur 86 · RECHERCHES SUR L'ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR L'ÉLECTRICITÉ

Il nest peut-être pas de science dont les progrès à travers les siècles aient marché d'un pas aussi lent que rélectricité. On serait presque tenté de croire que les expérimentateurs des âges antérieurs, séduits par le côté imprévu et comme merveilleux des phénomènes qu'ils observaient, appréhendaient de les étudier et de les approfondir. On admirait les effets surprenants des appareils électriques, on restait confondu devant cette puissance qu'on n'était pas loin de proclamer surnaturelle.

Mais si on multipliait sans cesse les faits, on méconnaissait ou on ignorait Fart de généraliser, de synthétiser les résultats dans des formules d'un emploi commode, d'édicter des lois et des principes qui en assurassent la pérennité.

On ne voyait généralement, dans les expériences de physique, que des divertissements dont s'amu-

saient les gens de qualité. Les gravures du temps nous montrent, « pimpants et coquets, de jeunes abbés de cour, d'élégants cavaliers, des dames en grande toilette, empressés autour d'appareils aux formes étranges, prenant plaisir à tirer les étincelles de la machine électrique, ou à tirer de brillantes aigrettes ».

L'expérience des aigrettes dans le vide était Tune de celles qui obtenaient le plus de succès. On obtenait ces aigrettes dans Vœiif électrique^ « globe de verre transparent, où deux tiges métalliques, terminées en boule, laissent jaillir la décharge électrique : l'étincelle, d'abord en zigzag comme l'éclair, s'étale peu à peu, à mesure qu'on fait le vide ; observée dans l'obscurité, on la voit s'étendre jusqu'à remplir tout le globe d'une magnifique gerbe rose ou violacée ». Telle est l'expérience simple et charmante qui, après avoir fait la joie des dilelianii de la physique, a conduit finalement à ces fameux rayons doués de propriétés si curieuses, auxquels Rôntgen a légitimement donné son nom.

Mais avant d'en arriver là, que de tâtonnements, que d'étapes parcourues !

La perméabilité du verre à l'électricité avait été une des grandes préoccupations des physiciens du lix-huitième siècle. Ceux-ci avaient d'abord cherché à éliminer la cause d'erreur due à la propagation du

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