H M AH AT INCONNU
fluide par Tair et, dans ce but, avaient songé à faire le vide dans leurs appareils. L'abbé Nôllet et Marat surtout avaient multiplié les observations à cet égard.
Dans ses Recherches phijsiqiies sur Véleclricilé^ in-8 de /i61 pages, paru en 178*2,^ce dernier a relaté une expérience qui ne manque pas d'intérêt (1).
Marat n'a pas seulement constaté la perméabilité du verre à Télectricité, mais il a étudié les différenteâ substances qui se comportent diversement vis-à-vis du fluide électrique, selon leur texture, leur épaisseur, ou leur densité : <( Un matras de verre cristallin, épais de 6 lignes, s'est trouvé très perméable ; un matras de verre de Saint-Gobain, épais de 3 lignes, Tétait à peine; tandis qu'un matras de verre à bouteille... ne Tétait pas du tout. »
Ce n'était pas la seule nouveauté des Recherches de Marat ; son livre contient bien d'autres vues, ingénieuses ou originales, tant par la conception des idées que par leur application.
Ainsi Marat fut un des premiers à avancer que le fluide électrique est « répandu partout à la surface du globe » et, par suite, que « la terre en est le plus srrand mag-asin ». Le courant terrestre a été démontré depuis (2).
(1) A Paris, de l'imprimerie de Clousier, rue de Sorbonne, attenant à celle des Mathurins... et au bureau du Journal de Physique, rue et hôtel Serpente, pp. 86-7.
(2) Cf. le Traité de radiographie médicale et scient ifique^chap. I, par le docteur Foveau de Courmelles (1897),
On n'ignore plus aujourd'hui, que tous les phénomènes électriques sont sous la dépendance d'un fluide, nommé le fluide électrique ; or, ce fluide a été, pendant longtemps, confondu avec les fluides igné et lumineux; à Marat revient le mérite de les avoir différenciés.
Parmi les propriétés essentielles du fluide électrique, on admet l'attraction de ses globules par toute autre matière et leur répulsion réciproque. Marat croyait à la seule attraction, ce qui simpliflait de beaucoup l'application théorique des phénomènes. 11 démontrait, en outre, que le fluide accumulé sur les corps n'y est pas seulement retenu par leur force attractive, mais encore par la pression de l'air, ce qu'on n'acceptait pas de son temps.
Frappé de la multitude et de l'obscurité des dénominations en usage dans la nomenclature partout acceptée, il substitua aux termes de conducteurs et non conducteurs, les mots électriques et non électriques qui, lui semblait-il, conviennent mieux dans la généralité des cas.
Il appelle déférents « les corps qui transmettent à la fois la quantité excédente de fluide nécessaire pour donner la commotion, et indéférents les corps qui ne transmettent cette quantité que peu à peu ». Il essaie de démontrer que la propriété déférente ou indéférente ne tient pas, comme on l'a cru, à la nature des corps, mais à leur tissu et à leur volume.
Il raisonne plus juste, quand il avance que le fluide électrique n'est pas lumineux par lui-même, mais qu'il le devient en ébranlant la lumière.
Pour Marat, tous les corps conduisent l'électricité, mais à des degrés divers ; il fait, de plus, intervenir la notion de surface, de volume, montrant Femmagasinement fluidique : c'était trouver et mesurer la notion de « capacité électrique », utilisée seulement depuis peu d'années (1).
Ajoutons qu'il a imaginé un certain nombre d'instruments tels qu'un excitateur, pour les solides pulvérisés et les liquides ; une sorte de matras de verre à long col, assez analogue à la bouteille de Lej de ; un perméomètre, destiné à faire connaître le degré de perméabilité des corps qui donnent plus ou moins passage au fluide électrique.
Une mention spéciale est due à son électromètre, qui nous est présenté comme le plus simple, le plus commode et le plus exact des instruments de même genre, et aussi le plus propre à comparer la force de différentes machines électriques placées dans un même lieu.
Avec cet appareil, modifié suivant les circonstances, il devenait possible de mesurer avec précision la sphère d'activité du fluide électrique ; en variant la forme, la grosseur et la distance de ses boutons,
(1) UÉlecîricAlé curnlive, parle docteur Foveau de Courmelles,