‹ Marat inconnu, l'homme privé, le médecin, le savantChapitre 4 sur 86 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

situations les plus enviées à la Cour. Nommé médecin des gardes du corps du comte d'Artois, c'est-à-dire de l'élite des seigneurs qui approchent le frère du roi, il ne tarde pas à se faire une clientèle choisie.

Ses succès de praticien ont un tel retentissement, qu'on accourt de toutes parts solliciter ses consultations. Ses malades reconnaissants lui décernent spontanément le titre de médecin des incurables. Viennent les tracasseries et les déboires professionnels, et Marat, qui avait connu un instant la gloire, Marat, dont le nom allait être inscrit sur la liste des bienfaiteurs de l'humanité (i), se voit peu à peu contraint de renoncer à l'exercice de son art.

Plus tard, le mal physique minera lentement cette constitution d'une trempe si vigoureuse ; une horrible et douloureuse infirmité viendra s'a jouter aux tourments qui affectent, depuis de longues années, son être moral.

Celui qu'on a bafoué, qu'on a vilipendé, aigri par ces incessantes taquineries, aiguillonné par les tortures de la maladie, se retournera contre

(1) V. Inlerméd. des Chercheurs el Curieux, 25 novembre 1890.

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