LES DESCENDANTS DE MARAT
Les roprésontants actuels de la famille Marat des^ cendent du (rôre cadet du conventionnel, Jean-Pierre Marat {\).
Le fils do Jcnn-Pierre, qui porta le nom de Jean- Paiil-Darihé Marat, eu souvenir du personnage impliqué dans la conspiration de Babeuf, est mort en 18/i5, laissant un fils. Par une coïncidence au moins curieuse, ce fils, par conséquent rarrière-petit-neveu du révolutionnaire, a poursuivi une longue carrière dans l'administration chargée de veiller au maintic n de l'ordre et à la conservation delà propriété. M. Jean-
(1) Jean-Pierre Marat avait recueilli ou comptait recueillir, dans la succession de son frère, autre chose que les papiers sur lesquels on avait mis les scellés, au lendemain de la mort du tribun. (Voir à cet égard la procuration qu'il avait donnée à Albertine, dans la Correspondance historique el archéologique, 1895, p. 6-7). Cf. sur le même personnage, le Catalogue Charauay, ann. cit., p. 262.
LES DESCENDANTS DE MAFtAT
Paul Mara a été, en effet, longtemps, directeur de rEnregistrement à Genève.
En 1889, sur noire demande, M, Théophile Dufour, le sympathique bibliothécaire suisse, voulut bieninterrogerM. Jean-Paul Mara. Sa vue était déjà très affaiblie, au point qu'il avait renoncé entièrement à lire et à écrire. Il déclara qu'il ne répondait pas pour ce motif, ou pour tout autre qu'il n'avouait pas, aux questions plus ou moius indiscrêtes qu'on lui adressait sur sou compromettant
parent.
Bien que sa mémoire fût encore bonne, il savai. peu de chose sur la vie de son grand-onçle. Il avait plutôt gardé le souvenir de sa tante Albeitine, à qui son père avait rendu visite vers 1835. C'est, du reste, au père de M. Jean-Paul Mara qu'elle avait légué le diplôme de docteur, la bague et des cheveux de Marat ; en plus, un manuscrit autographe, tou§ objets que les descendants de M. :Slara doivent posséder encore, à l'exception du manuscrit.
Ce manuscrit, rempli de ratures et de corrections, fut dérobé, et, après être passé par les mains d'un éditeur parisien (1), devint beaucoup plus tard la propriété d'un amateur bordelais (2).
(1) M. Bachelin-Dellorenne, d'après une lettre à nous adressée par M. Th. Dufour.
(2) Ce manuscrit était VÉloge de Monlesqnieii, publie par M. deBreselz, à Bordeaux, en 1883
M. Jcnn-Paul Mara n'a eu que des filles. De ses deux frères consanguins, l'un est mort en 1878, sans enfants; l'autre, Louis-Gh.-Etzar Mara (1), né à Genève en 1837, et, de son vivant, résidant à Saint- Nazaire, a eu quatre fils et deux fdles.
L'un des fils, Jean-Paul^ est mort au retour d'un voyage en Chine. Un deuxième, Emile Mara a un enfant, qu'on a nommé Jean-Paul; les deux autres frères, Richard et Francis Mara, sont tous deux employés dans des maisons d'exportation.
La fille aînée appelée Jeanne, était mariée à un peintre, M. Victor Meurein ; les deux époux sont décédés ; la deuxième fille, Nadège^ s'est mariée à Paris et habite Mexico.
Quant au frère du tribun qui fut, sous le pseudonyme de M. de Boudry, professeur au lycé de Tsarkoië;Selo, il a laissé deux filles, mariées à des Français domiciliés en Russie.
.\'est-il pas piquant de constater que le nom de Marat n'est aujourd'hui porté que par de modestes bourgeois, dont l'existence pacifique ne rappelle que de fort loin la vie agitée du conventionnel Montagnard?
(1) L.-Ch.-E. Mara est nioit le 9 janvier 1904 (Cf. la Chron. méd., !'■• février 1904).
REQUÊTE DE JEAN MARA, FRÈRE DU TRIBUN REVOLUTIONNAIRE, A LA CONVENTION (l)
Égalité. Liberté. Indépendance.
Nous Président et autres Membres du Comité Provisoire d'administration de la Ville et République de Genève ayant vu la requête à nous présentée par Jean Mara, Horloger, detiieufant à Genève, fils de Jean Mara de Cagliari en Sarddîgiie, recea Habitant de Genève lé dixième Mars Mille sfept cent quaraiite un ; lui-même né à Boudry, cortllé dé Keufthâtel lô Vingt l^ôisième janvier mille sept cefit soixante sept, issu en légitime mariage des dits Jean Mara et de Louise Cabrol ; ainsi qu'il résulte des titres joints à sa requête dans laquelle il conclut à ce qu'il lui soit accordé acte et certificat authentique qu'il est frère du Citoyen Mara qui a été dit-on assassiné à Paris il y a peu de jours. Ayant ouï le rapport du Citoyen de Rochemont, secrétaire d'État, par nous commis pour ouïr plus particulièrement le requérant, vu le procès-verbal par lui dressé à l'information qu'il a faite en exécution de sa commission et les dépositions des Citoyens More et Revaclier témoins assignés et assermentés ; attendu qu'il résulte suffisamment des titres et des témoignages produits par lé requérant qu'il est le fils de
(1) Arehivtf nélionatefi-, F' 438.'ij dossier Corday* pièce a* 6.
Jean Mara de Cagliari en Sardaigne Hobifant de Genève, et de Louise Cabrol de Genève et qu'il avoit un frère aîné vivant à Paris, que la notoriété publique désigne comme étant Membre ci-devant de la Convention Nationale de France, et qu'on dit avoir été dernièrement assassiné à Paris; Nous avons jugé qu'il étoit conforme à la Justice de lui accorder Tacte de vérité qu'il requiert.
En foi de quoi Nous avons donné les présentes sous le sceau de la République, et le seing du secrétaire dÉlat, le vingtième de juillet mille sept cent quatre vingt treize, l'an second de l'Égalité.
De ROCHEMONT. PULRARI.
Égalité. Liberté,
Jean-Louis Soulavie
Citoyen français, Résident de la République françoîse une et indivisible près la République de Genève.
Je certifie que les Citoyens de Rochemont et Puérari sont secrétaires d'État de cette ville.
Genève, le 19 juillet 1793, l'an 2 de la République française.
Soulavie.