DES CRIMES CONTRE LES MŒURS
L’Etat a-t-il droit sur la chasteté de ses membres ? Question ridicule qui ne peut être agitée que chez une nation qui a cessé d’être libre et qui a perdu ses mœurs. Ainsi, admettons I sans balan er ce droit incontestable puisqu’il ne peut I que con r buer au repos des familles et favorisrr la piopaga- 1 tion, qui fût toujours la force des empires. Qui ne voit que la i! Ini contre l’incontinence doit également lii r les deux sexes, et que la pei le dé œrnée contre les infracteurs doit être proportionnelle au délit ? Il n’en est rien pourtant, et paitout le législateur semble oublier la justice, pour entrer dans les vues d’un siècle corrompu.
C’est une observation générale que les femmes sont plus disposées à la tendresse que les hommes : elles si ntent plus tôt le besoin d’abner, et elles le sentent jdus vivement. A ce penchant de la nature, qui, dans la société traînerait à sa suite de grands désordres s’il restait sans frein, on tâche dès l’enfance d’opposeï; la pudeur. Mais comme tout est contradictoire dans nos institutions politiques, les filles reçoivent toujours dans le monde une éducation opposée à celle qu’elles ont riçue dans la maison paternelle. Que ne faisons-nous pas jiour hur faire oublier les leçons de la sagesse ? A peine sont-elles en âge de nous entendre, que nous nous hâtons d’exercer leur imagination ; nous tournons toutes leurs pensées vers la volupié; et par mille agaceiies nous cherchons à faire parler leurs sens. Leur jeune cœur s’ouvre-t-il à l’amour ? Trop souvent nous avons la lâcheié d’abus-, r de leur faiblesse ; ou si elL s échappent à nos anitiecs, ce n'est que par la vigilance de leurs mèruS.
Le temps de former un doux lien est-il enlin venu ? L’homme a tout l’avantage, il choisit ; la femme ne peut que refuser ;
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l't conibim de l'avent.s insensés saerifient à l’ambition le bonhcnv do bniv bile ? (Juidés jtar une avonigle tendresse, ils l’avraohont à \in homme qu’elle estime et chérit, pour la contraindre à ae donner à un homme qu’elle méprise et déteste. Sont-ils unis ■? Foi'cée do renoncer désormais à l’objet de son cœur, elle devient incapable d’en aimer un autre, et ne voit plus pour elle cju’un malheureux avenir.
Plus heureuse que le grand nombre, a-t-elle échappé à la contrainte? Son bonheur est de courte durée ; aux caresses s\iccède bientôt la froideur maritale ; au lieu d’un amant, elle a un maître qui s’anoge un empire t3’rannique, néglige ses devoirs, rompt sa chaîne, et ne se croit plus tenu à rien.
Instruite de ses infidélités, veut-elle se plaindre ? Il n’écoute poiirt ses reproches, et fuit pour ne point voir couler ses larmes. Lassée de se plaindre eir vain de rincon.stant qui hn manque de foi, si elle imite son exemple, il crie vengeance, il sévit sans pitié. Qui le croirait ? Loin de venir au secours d’rine faible opprimée, les lois se joignent à un cruel oppresseur; et pour une faute cpi’il commet impunément, toujours elle perd sa réputation, souvent sa liberté, quelquefois sa vie même. C’est ainsi qu’cit tous lieux le législateur a exercé la plus horrible tyrannie contre le sexe qui a le plus besoin de protection.
Fallait-il qu’à tant d’outrages se joignît la barbarie du jiréjugé ! A leurs lueds tant qu’elles paraissent ne rien sentir pour nous, nous les dédaignons dès qu’elles se sont montrées troqi sensibles ; et à la honte éternelle de notre siècle, combien sont flétries pour les mêmes faiblesses dont nous tirons vanité !
A côté du tableau d’une femme trompée, jrlaçons celui d’une fille sédidte. Qu’à force de soins hypocrites un homme touche le cœur d’une jeune personne, et qu’à force de faux serments il l’amène à se rendre, que de peines amères va bientôt lui coûter un moment de crédulité ! elle en pleurera toute la vie, et jamais ses lai-mes n’effaceront son déshonneiu’....
Sa faute paraît-elle à découvert ? Le perfide l’abandoime : -elle a beau s’attacher à lui, l’accuser de parjure, implorer sa pitié, sourd à ses reinoches, il se rit de ses soupirs et insulte à ses larmes.
Réolame-t-elle contre cet indigne traitement ? C’est en vain qu’elle fait retentir les tribunaux de ses lamentations, les lois