‹ MaratChapitre 52 sur 92 · UNE (GUERRE AVEC [/ANGLETERRE · texte numérisé non relu

UNE (GUERRE AVEC [/ANGLETERRE

des moyens qu’elle leur fournirait de se ressaisir des rênes du gouvernement. Ils n’osent encore avouer leur noir projet, ils le couvrent du prétexte de mettre en sûreté le royaume ; mais il u’est rien qu’ils ne mettent en œuvre pour y préparer le.s esprits. Non contents d’avoir à leur solde cent plumes vénales, ils s’efforcent de réduire au silence les écrivains patriotiques.

L’objet chéri des vœux do nos ministres, c’est d’arracher la nation au soin de régler les affaires intérieures de l’Etat pour l’occuper des événements du dehors ; d’appeler sur elle les fléaux de la guerre, de la misère, de la famine, de la désolation 'et de la mort, pour l’empêcher de travailler à sa Constitution, et d’établir, par de sages lois, sa liberté, son repos, son bonheur.

Pour préparer les esprits à l’horrible catastrophe, ils font prêcher partout la nécessité de nous allier aux Hollandais et d’armer contre l’Angieterro pour mettre à couvcit nos possessions, c’est-à-dire do faire aujourd’hui la guerre aux Anglais, 'crainte d’être obligés do la leur faire un jour ; projet funeste dont nous ne tarderions ])as d'être les malheureuses victimes...

La guerre que de.s mini.stres ambitieux entreprennent .si légèrement pour assouvir leurs vues criminelles, e.st le plus terrible des fléaux dont le ciel puisse affliger la terre.

Voyez les Romains, ce peuple féroce, dévoré d’ambition, altéré de sang, et dont le carnage était l’unique métier, qu’a-til retiré de tant de guerres entreprises pour envahir le monde, de tant do ca npngnns périlleuses, de tant de batailles gagnées, de ces nuées d’ennemis étendus dans la poudre, de ces fleuves de sang qu’il a fait couler à grands flots ? Do quoi hii ont servi tant de trésors pillés, tant de couronnes ravies, tant de royaumes conquis ? Et que lui a valu l’empire du monde ? Le vain fracas de quelque-s fêtes militaires, quelques vains trojnhées, quelques statues d’or élevées dans ses temples. Et qu’a-f-il enfin letiré lui-même de ses ncmiireux triomphes î Des vices, la misère, la servititude, l’oppression, et l’anéantissement.

Voyez Louis XIV. A quoi aboutit sa funeste ambition ? qu'à faire le désespoir des Français. Pendant le trop long cours de son règne fastueux, il ne les lai.ssa pas reposer un instant. Toujours aspirant à de nouveaux triomphes, longtemps il les mena de victoire en victoire ; mais pour fournir aux frais de ces guerres

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éternolles, il épuisa les peuples de luisère, il appela sur eux li j | famine et la désolation, il finît par se voir arracher ses conque ÿ , tes, il toucha au moment d’être précipité du trône et de devenu) i la proie de ses nombreux ennemis. J

Hé ! que n’a coûté aux Anglais la guerre contre les Améri | cains ? Que no nous a-t-elle pas coûté à nous-mêmes ? |

Entreprisepourafïaiblir nos adversaires, nous en avons perdu ^ tous les fruits ; les frais seuls montent à trois milliards, j dette si exorbitante, qu’elle ne pourrait être acquittée au bout | do vingt ans d’économie et de prospérité.

Je n’ai pas le courage de continuer le tableau effrayant i; dos désastres et des revers oû cette fureur insensée a précipité j les nations; mais quelque effrayant qu’il paraisse, il n’est 1 point de malheurs aussi cruels que ceux qu’elle entraînerait 1 pour nous.si le ministre pouvait une fois nous mettre aux prises d avec les Anglais. Qu’il ait gagné ce point-là, le reste lui devient ji facile. Avec quelle ardeur il poursuivra ses desseins perfides ! J Que de moyens il aura de se ressaisir du pouvoir absolu ! A ^ peine l’argent et l’armée seront-ils dans ses mains, que les > décrets de l’Assemblée nationale ne l’inquiéteront plus ; il la I tiendra sous le joug et la fera servir à consacrer ses ordres ty- { ranniques. i

Je le répète, nous n’avons rien à craindre des Anglais; ils sont à nous, ils voient avec admiration nos combats pour la ; liberté, ils applaudissent à nos efforts, ils font des vœux pour i nos succès. (1) Ne les attaquons pas, et ils nous laisseront tran- i qirilles. Laissons l’Espagne, qui n’est plus rien pour nous, se’ tirer d’affaire comme elle le pourra; ne souffrons pas que nos ministres soient assez téméraires pour ordonner que la flotte reste en mer, provoque l’ennemi, l’engage et fasse passer l’action pour une affaire arrivée au hasard.

Que les écrivains patriotiques soulèvent de toute part la nation contre une entreprise qui ne peut qu’entraîner les plus grands malheurs ; qu’ils fassent voler des cris d’alarme d’un bout à l’autre du royaume ; qu’ils soufflent sans cesse les feu;»

(L II c.^t exact en efïet que les Anglais applaudirent aux premiers mou ements révolutionnaires. i n sait ce que devirr cette sympit ie l'ar la suite et la guerre implacable faite à la Kévolutlon et à riimpire.

POUR DÉTRCIRE LA iIB^’DICITÉ

icrés de la liberté parmi les troupes de ligne; qu’ils fassent imber des mains dos chefs ces lourdes chaînes dont ils lient

soldat à la volonté d’un despote ; que leurs ordres tyrannines restent partout sans effet ; que les guerriers s’unissent itour des autels de la patrie ; qu’ils s’engagent à ne plus rrter les armes contre ses enfants, qu’ils jurent de vivre et •3 mourir pour elle. O sainte liberté ! de quoi l’homme de bien ’est-il pas capable, lorsque tu enflammes son cœur î

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