‹ MaratChapitre 53 sur 92 · DES MOYENS DE DETRUIRE LA MENDICITE · texte numérisé non relu

DES MOYENS DE DETRUIRE LA MENDICITE

De quoi me servira de me morfondre à l’ouvrage ? Je serai Oujours gueux, se dit à lui-même l’homme qui n’a aucune ropriété, l'honimo foulé d’impôts, à qui le gouvernement nlève inhumainement le fruit de ses services, l’homme dont 3 mince salaire ne suffit pas pour lui procurer les choses do iremière nécessité ; et il reste dans l’inaction, ou s’il travaille, e n’est que pour s’empêcher do mourir de faim ; sentant touti? a journée le p >:ds de sa triste existence et le malheur de sa ondition, il cherch3, dès qu’il le peut, à oublier quelque mènent ses peines, et à noyer ses soucis dans le vin. Mais donnez I cet homme quelque mince propriété et qu’il puisse jouir un our du fruit de ses travaux, il s’y attachera comme à la source le son bonheur ; il mettra tous ses soins à le conserver et a 'augmenter ; c’est une vérité dont la Suisse, le pays du monde lù l’on connaît le plus généralement les douceurs de la vie, offre in tableau touchant.

Avec la misère disparaîtront l’oisiveté, la crapule et le libertinage ; le goût des plaisirs domestiques, inséparable do ’amoiir du travail, succédera à la dissipation et à la débauche ; es mœurs s’épureioat, les mariages se multiplieront, la popuation augmentera, et l’abondance, la vie réglée, la santé, la joie régénéreront l’espèce, abâtardie par la misère et 1 oppresiion.

C’est dans la capitale surtout que la métamorphose sera frappante ; rien de plus aisé que d’en accélérer les i)rogrcs : avec les lits et Ls p tits meubles que les religieux laisseront dans les couvents, on pourrait faire dans le cours d’une année

Page 1