OBSERVATIONS SUR LES HAINES SOULEVÉES CONTRE LUI
J’aime à croire que la vivacité de mes réclamations, en soulevant l’opinion publique, embarrasse quelquefois les ennemis de la liberté, et je sais mieux que personne combien la haine des noirs et des ministériels de l’Assemblée nationale pour le pauvre Hwt dic peuple est sincère. — Ils m’ont décrété comme criminel de lèse-nation, et c’était une sotte facétie ; je leur ai montré cent fois qu’ils ont trahi la patrie, et c’est une triste
vérité. Que prétondeut-ils faire aujourd’hui contre moi ? Me ■ décréter encore ? Ce serait une platitude ; ils connaissent mesj sentiments. Je no sais s’ils y ont bien réfléchi; mais ce quiB ])ourrait leur arriver de moins grave, c’est le scandale atroce» que leur p rsécution contre le plus zélé défenseur de la liberté ■ exciterait dans le royaume, si j’avais le malheur de tomber ! dans leurs mains ; car très certainement je ne me laisserai jias égorger sans crier. Si la nation était éclairée et que la justice fût faite, ils rougiraient de paraître en cause contre moi, je leur en jiiorterai le défi; mais que me reproclieront-ils ? De leur manquer de respect ? Assurément c’est leur faute ; ils savent combien j’en ai pour le mérite et pour la vertu. De n’avoir aucune vénération pour leurs décrets ? ils se trompent grossièrement, je suis à genoux devant celui de la dér laration des droits de l’homme ; mais s’ils n’ont pas craint de fouler aux pieds leur plus belle loi en y portant atteinte x)ar cent décrets postérieurs, me feront-ils un crime de ne pas respecter plus cpi’eux leur propre ouvrage et de fouler aux pieds ces décrets attentatoires ? Croient-ils m’intimider ? Qu’ils ne s’en flattent i pas ; fanatique de justice et de liberté, je combattrai sans i cesse avec courage pour une aussi belle cause et plutôt cpie de l’abandonner lâchement, ils me verraient combattre seul sur ■ les ruines fumantes de la patrie. Espèrent-ils me tenir et me forcer au silence ? Comme ils abusent de la force publique, je tâcherai de ne pas me trouver sur leur chemin. Au surplus, je leur ai donné un excellent moyen de faire de moi le plus zélé de leurs apologistes : c’est de révoquer leurs décrets attenta- v toires aux droits de l’homme et de citoyen ; c’est d’en faire de nouveaux pour assurer la liberté publique, établir le régime de la justice; c’est de prendre soin des infortunés; c’est d’extirper tous les abus, de ramener parmi nousl’abondance et la paix et de se rendre dignes du nom de pères de la patrie. Qu’ils j mettent la main à l’œuvre et je cours à l’encensoir. \
LA r!ÉVOr,i:TIO\ ET I.AFA\ ETTE