SUR LE PANI'IHLON
et, pour montrer ce qu’on doit attendre de la sagesse de leurs < décisions, c’est à un homme sans mœurs, sans probité sans * âme ; à un homme qui trafiqua perfidement des droits et des intérêts de la nation avec le monarque, et qui n’employa ses talents qu’à tromper le peuple qu’ils décernent la première place dans le temple du civisme, où doivent être placées les images des bienfaiteurs de la patrie !
^ Parmi les grands hommes auxquels la France a donné le
[jour et qui ont bien mérité de leur pays, il eïi est plusieurs (pii honoraient l’humaine nature. Tels étaient Belzunce, ce digne . évêque de Jlarseille (pii, tout le temps (pie la peste ravagea la
t': ville, soigna de ses mains, les malades cpie les méd ;cins avaient , abandonnés; Sully... Catinat... Villars... Montescpiieu...
' Au lieu de ces grands hommes cpii auraient justifié la bonté de leur choix, les pères conscrits ont accordé les honneurs de l’apothéose à un'Descartes, rêveur fameux par les écarts de son imaginative, et dont le nom est fait pour le pays des chimères ! à un Voltaire, adroit plagiaire, qui eut Fart d’avoir l’esprit de tou - scs devanciers, et qui ne montra d’originalité que dans la la finesse de se flagorneries, écrivain scandaleux qui petvertit la jeunesse par les leçons d’une fausse philosophie, et dont le cœur fut le trône de l’envie, de l’avaiice, de la malignité, de la vengeance, de la perfidie et de toutes les passions qui dégradent la nature humaine '. à un martyr prétendu de la liberté et vrai suppôt du despotisme, dont la mort fut la suite d’une présomption d’étourdi, au lieu d'être un généreux sacrifice au bonhem de la jiatrie !
Bien mériter de la patrie, c’est lui consacrer scs lumières, 'ses travaux, ses veilles, sa liberté, ses jours; c’est lui faire de grands sacrifices en ne cherchant d’autre récompense que le plaisir et la gloire de la servir, et non tirer avantage des choses qui tendent au bien commun. Ainsi, le philosophe qui éclaire la nation sur ses droits, le législateur ipii lui donne de bonnes lois, le magistrat cpii les fait exécuter avec intégrité, l’orateur courageux cpii épouse avec zèle la défense des opprimés, le guerrier (pii expo-.s sa vie pour repousser l'ennemi, le négociant généreux qui ramène l'abondance dans les temps do disette ; voilà les bienfaiteurs de la patrie, et non le citoyen qui s’enrichit ou se distingue à faire fleurir les
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lettres, les arts, tes seieiices et non le citoj’^en qni fait la guerre l)onr s’avancer en grade et cueillir des laruiers...
Si cet établissement subsiste, il servira aussi de réceptacle à la tourbe académique moderne, aux fonctionnaires publics (pli auront joué un rôle principal, aux valets de la cour qui auiont mené la bande ; et i ous y verrons déposer avec pompe l’effigie d’un Motier, d’un Brilly, d’im 'Bouille, d’un Bufbn, d’un R(^auuuu’, d’un la Caille.
Enfin il servira de réceptacle à tous les petits ambitieux ayant de la fortune, dont ils priveront leurs héritiers poiu- la léguer à quelque intrigant qui s’engagera de leur procurer une niche. Aussitôt les cabales agiteront le Sénat ; l’intrigue seule ouvrira le.s jiortes du temple de l’immortalité, et la récompense des vertus civiques sera le prix de l’adulation, des bassesses, d’une bourse d’or ou des faveurs d’une catin, comme les places à l’Académie.
Alors ai riveront en foule la canaille sénatoriale et la canaille académique ; alors seront placés au rang des bienfaiteurs de la xiatrie des fripons engraissés du sang des peuxiles pour la trahir ; alors les Emmery, les Chapelier, les Target, les Thouret, les Tronchet, les Condorcet, les Pastoret, les Malouet, les Dandré, les Regnier. les Desmeuniers, les Pugnon, les Voidel Seront mis au nombre des grands hommes.
Cet honneur, après lequel ils soupirent, ferait le désespoir d’une grande âme, et quel homme intègre pourrait consentir à ce que sa cendre reposât avec celle de pareils confrères ?
Rousseau et Montesquieu rougiraient de se voir en si mauvaise compagnie, et l’Ami du Peuple en serait inconsolable.
Si jamais la liberté s’établissait ei séance, et si jamais quelque législature, se souvenant de ce cpie j’ai fait pour la jiatrie, était tentée de me décerner une iilace dans Sainte-Geneviève, je proteste ici hautement contre ce sanglant affront ; oui, j’aimerais mieux cent fois ne jamais mourir que d’avoir à redouter un aussi cruel outrage.