SUR LA FUITE DU ROI
Léopold et Gustave pressaient Louis XVI de fuir ! L’Auriehienne supplie à genoux Motier de faire les derniers efforts, je traître fait courir les espions de l’état-major. L’ordre est lonné aux sergents-majors de la troisième division de choisir lans les bataillons, les officiers et les soldats les plus gangrenés larnii ceux qui ont fait serment d’obéissance avtugh ; on leur irodigue l’or à pleines mains ; et cette fois, pour le malheur de i patrie, le crime est couronné de succès ; les chefs des conslirateurs et l’Autrichienne entraînent le roi vers le camp des nneinis : la nuit dernière, Louis XVI^ en soutane a pris la iiite avec le dauphin. Monsieur et le reste de sa famille. Ce oi parjure, sans foi, sans pudeur, sans remords, ce monarque adigne du trône n’a pas été retemi par la crainte de passer lour un infâme. La soif du pouvoir absolu c^ui dévore son âme ? rendra bientôt assassin féroce, bientôt il nagera dai s le sang e ses concitoyens qui refuseront do se soumettre à son joug ^rannique. En attendant, il lit de la sottise des Paiisiens qui ü sont stupidement repo&és sur sa parole.
Citoyens, la fuite ne la famille royale est préparée de longue iiair par les traîtres oe l’Asseniblée rationale, et surtout par comités des recherches et des rapprts. Pour ménager des itelligences'^tre les commandants contre-révolutionnaires e l’Alsace et de la Lorraine avec les armées des Capet fugitifs t des Autrichiens, il fallait écraser le parti patriotique. Aus.«i es infâmes comités vous en ont-ils perpétuellement imposé ur les auteurs des tioubles d’Haguenau, de Colmar, de Wiembourg, etc. Pour mieux vous tromper, il n’y a sorte de lux que n’aient commis Broglie, Régnier, Noailles, Voidel et utres scélérats vendus. C’est donc 1 Assemblée nationale ellelême qui a préparé la réussite de l’invasion de ces pirovinces, U plutôt qui a ouvert le royaume aux ennemis piar les frontiè- 8S. Tandis que le général parisien piar ses machinations pour oiuposer d’ennemis de la révolution les etats-majors de tous ïs départements, et par les intelligences criminelles qu’il est ménagées piar des espions et au dedans et au dehors, a sut fait pour piaralyser les forces nationales et les mettre dans is mains du roi.
Citoyens, aiuis do la patrie, vous touchez au luoineut d) votre ruine, -fo no perdrai pas le temps à a ous accabler d vains reproches sur les malheurs que vous avez attirés su} vos têtes, par vmtre aveugle confiance, votre fatale sécurifij Ne songeons qu’à votre salut. •
Un seul n'oven vous reste pour vous retirer du précipice o vos indignes chefs vous ont entraînés, c’est de nommer i’instant un tribun militaire, un dictateur suprême pour fairj main basse sur les principaux traîtres connus. Vous ête pierdus sans ressources si vous prêtez l’oreille à vos chei actuels qui ne cesseront de vous cajoler jusqu’à l’arrivée dej ennemis devant vos murs. Que dans la journée le tribun soi nommé ; faites tomber votre choix sur le citoyen qui vous montré jusqu’à ce jour le plus de lumières, de zèle et de fidi'r lité : jurez-lui un dévouement inviolable et obéissez-lui rel gieusement dans tout ce qu’il vous ordonnera pour vouj défaire de vos mortels ennemis.
Voici le moment de faire tomber la tête des ministres et d ' leurs subalternes, de Motier, de tous les scélérats de l’étft major et de tous les commandants de bataillon antipatriolej de Bailly, de tous les municipaux contre-révolution naires, de tous les traîtres de l’Assemblée nationale. Conn mencez donc par vous assurer de leurs personnes, s’il en csi ] encore temps. Saisissez ce moment pour détruire l’oiga j nisation de votre garde nationale qui a perdu la liberté; dan j ces moments de crise et d’alarmes, vous voilà abandonnés pa • tous vos officiers ; qu’avez-vous besoin de ces lâches qui s, : cachent dans les moments de danger, et qui ne se montren . dans les temps de calme que pour insulter et maltraiter le* soldats pratriotes, que pour trahir la pratrie ? Faites prartir ui instant des courriers pour demander main-forte aux lépat tements ; aprpelez les Bretons à votre secours; emparez vous de l’arsenal, désarmez les alguazils à cheval, les garde des prorts, les chasseurs des barrières ; ptépa.rez-vous à ven ger vos droits, à défendre votre liberté, et à exterminer vo: implacables ennemis.
Un tribun, un tribun militaire, ou vous êtes perdus san ressource. Jusqu’à prrésent j’ai fait pour vous sauver tout C( qui était au pouvoir humain ; si vous négligez ce conseil salui
SUR LE RETOl'K DU ROI
'lire, le seul qui me reste a vous donner, je n’ai plus rien à ous dire, et je prends congé de vous ])our toujours. Dan.® [uelques jours Louis XVI reprenant le ton de despote, dans n manifeste insolent, vous traitera de rebelles si vous n’nllez ous-mêmes au-devant du joug. Il s’avancera vers vos murs à -itête de tous les fugitifs, de tous les mécontents et dis légions utriclnennes ! Cent bouches à feu menaceront d’abattre votre 1 ille à boulets rouges, si vous faites la moindre résistance , andis que Motier, à la tête des hussards allemands, et peuttre des alguazils de l’armée parisienne, viendra vous désariier ; tout ce qu’il y a parmi vous de chauds patrotes seront i,rrêtés,les écrivains populaires seront traînés dans les cachots lit l’ami du peuple dont le dernier soupir sera iiour la patrie :t dont la voix fidèle vous rappelle encore à la libeité, auia jour tombeau un four ardent. Encore quelques jours d’indé- ‘ ision et il ne sera plus temps de sortir do votre léthargie, la oiort vous surprendra dans les bras du sommeil.