‹ MaratChapitre 74 sur 92 · SUR LE RETOUR DU ROI · texte numérisé non relu

SUR LE RETOUR DU ROI

Le voilà ramené dans nos murs, ce brigand couronné, parjure, traître et conspirateur. Fourbe, sans honneur et sans âme, au milieu du cortège qui l'amenait ])risonnier, il paraissait insensible à l’infamie d’être traîné dans un char chargé de criminels complices de ses forfaits, à l’infamie d’être exposé aux j'cux d’une multitude innombrable de ses concitoyens naguère ses esclaves. 'Pont autre en eût pcii de douleur et de bonté ; mais il ne connait que, les souffrances animales : tout le temps qu'il était entre les mains des soldats de lapatiie, il ne cess.ait de leur lera.inder de ne point lui faire do mal. et il ne songeait qu’à leur demander à manger, surtout à boire.

A voir cet être dégrafé, non moins lâche ipie stupide, ciui croirait qu’il a pu causer de si vives alarmes à une nation nombreuse, puissante et guerrière 1 Hélai ! ce n’est pas lui qui causait nos transes, mais les légions innombrables do valet.s, de suppôts, ce satellites, d’espions, d’assassins, de brigands, attaches à ses destinées, auxquels il a promis,s’il est vainqueur, toutes les dignités, toutes les richesses de l’Etat, le partage de

lios fortunes et l’empire sur nos personnes. Ennemis .rautai) .plus !'( doutabies qu’ils osent moins so mentrer et qu’ils s coim-ont du masque de l’amitié. Dans cette classe, doiver être rangés presque tous nos mandataires, tous les reprcseij tants du peuple, tous ees louetioni aires publics, ces ioncticr naircs infâmes auxquels nous avons eonlié la défense do i.o droits, de nos biens, le uutre liberté et de ii^s personnes, qi tournent contre nous nos propres armes, et qui ne travaillen qu’à nous remettre aux fers tout eu assurant qu’ils ne s’oocii peut qu’à nous rendre lil.;\ s et heureux.

Page 1