‹ MaratChapitre 79 sur 92 · LA LIBERTÉ DU PEUPLE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ DU PEUPLE FRANÇAIS

Je passerai sous silence ces traits caractéristiques pour ^acer le piortrait qu’il fait de la soldatesque romaine ; nous r/ reconnaîtrons trait pour trait nos gardes nationaux ; même insolence, même licence, même impunité et mêmes piriviléges, ^oici quelques fragments de la satire xvi, qui contient ce ableau :

« Nul citoyen, dit l’auteur, n’oserait frapper un soldat ; :< en fût-il frappe lui-même, il faut qu’il dissimule, et qu’il se .* garde bien d’aller montrer au préteur ses meurtrissures ou ,( ses blessures...

' « S’il poursuit son agresseur, on lui donne pour juge un tri- ;< bunal militaire, assisté de farouches officiers. Il est juste, « dit-on, que la connaissance des délits militaires apipartienue « aux officiers. Fort bien ! répondez-vous ; mais cela n’empê- « che pas, si une pilainte est fondée, qu’ils ne me rendent jus- « tice. Pauvre sot, ne voyez-vous pas toute la cohorte s’élever « à l’instant contre vous ? Pour venger votre injure, irez-vous i« donc vous exposer à de nouvelles insultes plus graves que les !« piremières ?... Quel homme serait assez zélé, assez courageux « pour oser vous servir do témoin ? Croyez-moi, n’exigez point <( même de vos amis ce dont ils vous prieraient do les dispen- « ser... Sachez qu’il est pdus facile de trouver un faux témoin contre le citoyen sans défense que d’en trouver un véridique « contre un soldat protégé. »

Qui ne croirait que c’est là l’esquisse fidèle de la protection et de l’impunité accordées aux pousse-culs et aux coupe-jarrets nationaux du général Lafayette, contre tous les citoyens non armés ?...

Hommes lâches et corrompus, cessez de vous plaindre de vos fers, des outrages auxquels vous êtes exposés, du la tyrannie qu’on déploie contre vous ! Comment pourriez-vous jouir de vos droits ? vous les méconnaissez. Comment pourriez-vous les défendre ? vous n’en sentîtes jamais le prix. Il faut des lumières, du courage, des soins, des combats, pour conquérir la liberté ; piour la conserver ; il faut de la constance, et une vertu à l’épireuve des fatigues, des privations, do la misère, de la faim, des périls, de la douleur. Non, non, elle n’est pioint faite pour une nation ignare, légère et frivole ; piour des citadins élevés dans la crainte, la dissimulation, la fourbe, le men

songe, noui'i’is dans la souplesse, l’intrigue, la flagorneij l’avarice, l’escroquerie; no subsistant que de friponneries de rapines, ne soupirant qu’après les plaisirs, les titres, les c ' corations, et toujours prêts à se vendre i)our de l’or.

Aussi, après s’être soulevés à la fois contre la tyrannie ( menaçait do mettre leurs maisons au pillage, et avoir désari les satellites du tyran, — les a-t-on vus à l’instant s’agiter courir après les emplois et les places lucratives, dès qu’il a (' question de changer la forme du gouvernement ; ensuite pii] j le public sans pudeur, puis se rallier autour de la cour, lot qu’il a été question d’établir la loi de l’égalité ; puis se ve dre au despote pour enchaîner le citoyen indépendant: tand i que le citadin avare et inepte presspit le ciel par ses vœux i rétablir l'ancien régime, le règne de la servitude auquel noi, avons été ramenés peu a peu, après avoir été travaillés, deu années entières, par des mouvements populaires et les agit tien 5 de l'anarchie.

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