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SUB LE JUGEMENT DE L’EX-MON A RQUE

la lu-ôsoniption d’avoir abdiqué la couronne, peine qu’il pouvait toujours éluder par une simple négation. Et c’est de cette Constitution monstrueuse qui fera à jaïuais l’opprobre de ses auteurs et qui passerait aux yeux des sages pour un monument de vénalité et de scélératesse ; c’est cet horrible Constitution dont on o.se faire un boulevard à Louis Capet contre la nation qu’il a trahie et dont il a tant de fois machiné la perte, après

en avoir si longtcmi)s fait le malheur .

Ridicules sophistes qui avez entrepris de couvrir du bouclier de l’inviolabilité l’ex-monarque, traître, parjure et assas- I siii, quel que soit votre aveuglement, il n’ira pas sans doute j jusqu’à soutenir qu’en rendant Louis Capet inviolable, le lé- 1 gislateur lui ait conféré le privilège de dilapider impunément ; ta fortune publicpie, de corrompre les fonctionnaires publics, les repré.sentants du peuple, les ministres des lois ; de soudoyer des légions d’espions, de brigands, d’assassins ; de faire passer, aux ennemis do l’Etat, les subsistances, l’or, les munitions et les armes destinées aux défenseurs de la liberté ; de conspirer sans danger la ruine de la patrie et de lui ménager les moyens de la consommer avec impunité, pour le laisser ensuite jouir paisiblement du fruit de ses forfaits.

Mais quand le législateur en aurait eu le des.sein, en avait-il le droit ? Tel est pourtant celui que, sans vous en douter, vous réclamez en faveur du despote, en invoquant l’inviolabilité

pour l’arracher à son jugement .

Ainsi la Constitution, toute monstrueuse qu’elle est, contient encore des dispositions assez précises pour faire le procès à l’ex-monarque et le condamner au dernier supplice,

» Reste à répondre à une dernière (piestion. Comment l’exmonarquo doit-il être jugé ? Avec appareil et sévérité. Ici j’entends les cris des suppôts du royalisme. « Il n’est déjà que trop puni, disent-ils, par le supplice cruel de vivre au milieu d’une nation libre, dont il était le chef et dont il était devenu l’opprobre ; qu’il vive donc pour sentir à chaque instant l’amertume du désespoir. »

Si la Constitution était faite et la liberté consolidée, si les plaies de l’Etat étaient fermées, si la paix régnait au milieu de nous ; si l’abondance, courant par ses différents canaux, avait recommencé à vivifier l’empire ; si la nation pouvait enfin se

rei)osor à l’ombre de sages lois et se promettre des jours lieu- ,1 reiix, peut-être pourrions-nous ne nous souvenir du fléau do la | royauté que. comme d’un rêve douloureux ; peut-être pour-, e rions-nous abandonner le tyran à ses regrets et à scs remords,-'. ■ en reconnaissance des maux Ciu’il nous a faits, ou plutôt de la" 1 liberté qui sera la suite de ses attentats. Mais, messieurs, si , I vous pouviez jamais ouvrir l’oreille aux sophismes de ceux j qui s’efforcent de lui conserver ses jours en suspendant sur .sa ■ ■ tête le glaive des lois, le soin d’assurer le salut public devrait I seul vous faire repousser toute peine qui ne serait pas capitale, | car tant que Louis Capiet respirera et qu’un événement iui- ' ■ prévu piourra le remettre en liberté, il sera l’objet des tentatives de tous les ennemis de la Révolution ; et si sa prison ne > devient pas le foyer de leurs éternels complots, elle deviendra ' sans cesse leur point de ralliement. Ainsi point de liberté, ; point de sûreté, point de paix, point de repos pour les Français, point d’espoir d’être affranchis par les autres peu])les, tant cpie la tête du tyran ne sera abattue.

Ainsi donc, loin de nous les fausses idées de clémence et de générosité dont on cherche à flatter la vanité nationale. Et comment pourrions-nous prêter l’oreille à ces lâches séductions sans encourir le blâme de la nation entière, sans attirer sur la tête de nos concitoyens tous les malheurs qui seraient la suite des vengeances de Louis Capst, si nous lui laissions la possibilité de tramer de nouveau? Pardonner ne serait donc pas simplement lâcheté, mais trahison, mais perfidie, mais scélératesse.

Du piirti que nous prrendrons, messieurs, dépend le salut du ■ peuple, rétablissement de la République.

Je conclus à ce que l’ex-monarque soit promptement jugé et que sa punition soit capitale.

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