‹ MaratChapitre 86 sur 92 · JI.VRAT · texte numérisé non relu

JI.VRAT

Mais, 0 (lo\ik'ur ! ces lâches mandataires qui, pour rester en place, avaient d’abord témoigné de la résistance aux ordres du tyran, ne se virent pas plutôt appuyés des citoyens armés qu’ils entrèrent en composition avec la Coiu', et ne déj)loyèrent plus d’énergie qu’autant qu’il en fallait pour se faire acdieter: , aussi ne tardèrent-ils pas à trafiquer honteusement des intérêts et des droits sacrés du peuple, quelques-uns même avaient eu la criminelle audace de lui attribuer le privilège de disposer des provinces et d’en vendre les habitants comme un troupeau de moutons.

Je passe sous silence cette longue suite de décrets captieux, injustes, vexatoires, oppressifs, tyranniques qu’une majorité lâche et perfide qui semblait n’avoir d’autre but que de cimen- i ter le despotisme sous prétexte de régénérer l’empire, escamo- . tait de temps en temps à une minorité irréfléchie et timide : | décrets funestes C[ui ont déshonoré l’Assemblée constituante j et souillé la Constitution ; décrets atroces contre lesquels je me j suis élevé tant de fois avec l’amertume qu’inspirait une saine i indignation. 1

Qui ignore avec quelleastuoe les infidèles délégués du peuple , ont entassé mille sophismes pour rendre le prince sacré et inviolable, pour l’investir du pouvoir exécutif suprême, lui con- i, férer la nomination aux principaux emplois, le rendre l’arbitre i du législateur, l’élever au-dessus des lois, remettre dans ses mains les clefs du trésor national, la gestion de la fortune pu- ‘ blique, la disposition des forces de terre et de mer et les desti- , nées de l’Etat, jusc|u’au moment où ces sénateurs déhontés ? jetant le mascpie et ne connaissant plus de frein, entreprirent à l’aide d’un massacre concerté, de tourner contre le peuple la force publique qu’ils avaient égarée et enchaînée dans h? dessein • de le faire massacrer ou de lui forger de nouveaux fers.*' C'est alors que ces prétendus représentants du souverain, à genoux devant irn simple agent public, substituèrent à son titre de premier fonctionnaire celui de représentant né de la nation, < l’investirent de l’autorité suprême, remirent tous les pouvoirs) dans ses mains, et lui ménagèrent mille moyens de machiner impunément la ruine de la nation, d’anéantir de vive force la liberté et, s’il le fallait, de fuir pour se mettre à la tête des ar mées ennemies après n’avoir porté contre lui d’autre peine qucj

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