TIGBS DE LA CONSTITUTION ANGLAISE
cipes, car c'est de principes qpae rhumanité a faim ; c'est d'idées seoles que se noiirrisscirt les vnûs iotdUgents;. laissons la forme plastique am artistes de k politique : aux eonstitutîons débiles rberkesaffit, nais k restomac roboste
il faut des aliments de forte digestion.
Peut-être dira~t-on que les, mœurs des deux peuples n'étant pas les mêmes, le rapprocliemeui Q était pas possible, qu'il ct^iit dès Ioi*s inutile de nous refaire la copie d'in tableau destiaé à l'Angleterre en i77à. Partout oà il y a tyrannie les mœurs sont semblables, car les myensr de- pemrsioii sont les mêmes. Reportez^vous à 8$H Feg»dez, s» tous le préférez, autour de vous, et dites si la moralité de la nation a changé. « Nos mœurs sont empoisonnées à leur source; nous n'uvuiis plus d'enthousiasme pour l'héroïsme, plus d'admiraiion pour la vertu, plus d'amour pour la liberté. Quelques sages ont beau s'efforcer de nous réveiller de notre léthargie, de nous tirer de notre engourdissement, de nous rappeler à nos devoirs^ nous sommes de glace à leur voix ; ni la vue des maux qui accablent les awtres nations, ni la crainte de ceux qui nous menacent ne nous touchent; les jeux fiivoles, les divertissements bruyauts, les plaisirs et le faste sont l'unique objet de nos vœux.
c( Aujourd'hui Fart de plaire est préféré au mérite; de vains agréments au savoir utile; pour nous, ttn danseur est plus qu'un sage, et un farceur plus qa*UD héros. Nous n'accueillons que les vains talents, nous ne fêtons ipie les
virtuoses, les boulFons, les baladins: et, dans nos banquets, souvent le vengeur de la pati ie, 'le bienfaiteur de 1 h intanité, se trouve au-dessous d'un histrion. » Dans la traduction l'auteur ajoute en note : « Les vices qui ruineront la liberté cliez 1^ Anglais sont précisément ceux qui Tempécheront de s'établir parmi nous* »
Nous n'avions pas besoin que cette lettre nous fût conservée pour regretter la perte des autres, Tanàlyse que nous avons donnée des divers ouvrages politiques de Mural bolii-
IBAN-PAUL MÂRâT.
sait. Mûs au moins les comités de la Constituante en ont-iis fait leur profit? Je n6 pourrais rafTirmer. ^'ous exagérons tellement rimportance de bos élus, qu'il n'est pas étonnant qu'une fois nommés, ils dédaignent nos conseils.
Dans la séance da 27 juillet 1789, Mounier lat devant toutf r Assemblée nationale le projet de déclaration des droits et de constitution qui avait été élaboré, sous son influence, dans le comité. Mais que ce projet était lom de ce qu'on avait lieu d'attendre 1 C'est que déjà la cour avait gagné par des promesses une partie des membres du pouvoir législatif; c'est que d'auti^ s'étaient effrayés des progrès du mouvement populaire ; c'est qu'aussi il est de Tessence de tout pouvoir constitué de prétendre fixer les limites du droit au point où s'arrêtent son ambition peisonnelle ou ses vues étroites: alors il s't'ripje en dieu-teruie de la politique, connue d'autres endieux-termes de la science ou des arte, et dit, lui aussi, à l'océan populaire : Tu n*iras pas plus loin. Ije rapporteur taré avait bien compté sur toutes ces circonstances.
Au lu de ce projet liberticide, Marat résout de fonder un journal qui éclairera ïe peuple sur les adroites menées des conirc -révolutionnaires , sur les erreurs volouUtires ou non de ses représentants. Le premier numéro jiaïut sans date,, mais probablement dans les premiers jours d'août; ce journal est intitulé : le MonUenr palriotc. Ce premier numéro est principalement consacré à la critique du projet de Mounier; Tauteur en cite les articles principaux, en l'ait ressortir les contradictions, les inconséquences, les omissions^ Il est Técho du mécontentement général.* « Est-ce donc là, s'écrîe-t-îl, le projet destiné à nionu er à la France la base de la constitution qui doit faire à jamais son bonheur? » Et bientôt, à l'analyse plus détaillée du plan, un soupçon vague s'empare de sou dme, il ne peut croire que des hommes si renommés par leurs lumières, qui d'ailleurs ont antérieurement produit leur<t preuves de capacité, tombent innocemment dans des erreurs aussi grossières, aussi funestes par leurs conséquences, aussi