‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 44 sur 93 · Neroni · texte numérisé non relu

Neroni

Qui post Augustum rcgnavit in Urbe secundus;

c'est-à-dire Tiberius Nero. — F. R.

« Librum Hevax, régis Arabum, de lapidibus transtulit. » Qu'on nous permette à ce sujet une hypothèse. Evax était censé avoir écrit en latin, puisque ses deux lettres à Néron sont en cette langue; Pierre Diacre Fa traduit au commencement du xne siècle, et de sa traduction nous ne savons absolument rien. Or, nous avons une traduction en vers français qui est précisément de la même époque, et dont nous ne connaissons pas l'auteur. En rapprochant ces faits de la confusion qui avait lieu dès lors entre Evax et Marbode, ne peut-on pas supposer que la traduction de Pierre Diacre est celle que nous a conservée le manuscrit de Saint-Victor? Nous n'avons plus aucun manuscrit portant le nom d'Evax, et sans doute dès le temps de Marbode en était-il de même. Marbode, comme nous l'avons vu, semble ne parler d'Evax que sur la foi d'autrui, et si les manuscrits du prince arabe avaient encore existé au moyen-âge, comment expliquer la confusion qui s'établit si vite entre Marbode et lui? C'est sans doute le seul exemple d'un traducteur ainsi identifié avec l'auteur traduit : « Marbodus, Evanx cognomine,... dit Leyser; Marbodus... cognominatus Evanx,... dit Pitsée; Marbodus Evanx, Brytannus,... dit Balée; et jusqu'à Bertrand .d'Argentré, si savant, si consciencieux, et de plus né près de Rennes et habitant cette ville : « Cest aage portoit en Bretagne trois sçavants hommes, à sçavoir Pierre Abelard, qu'autres appellent Abaëlard; Marbode, surnommé Evax, evesque de Rennes, et Baldric, archevesque de Dol1. » Si malgré tout on tient à faire d'Evax le modèle de Marbode, on sera

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