‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 43 sur 93 · Y. Beckmann, édit. du Liber lapid. de · texte numérisé non relu

Y. Beckmann, édit. du Liber lapid. de

Pline le Naturaliste, à l'endroit où il parle des médecins grecs (1. XXV) : « Parmi eux (Evax, roi des Arabes, qui a écrit à Néron sur les effets des simples), Cratéras, » Mais Saumaise et le P. Har-

douin nient que ces mots se trouvent clans les manuscrits; on ne sait d'où ils viennent, et depuis longtemps les éditeurs les suppriment. Le roi Evax paraissait cependant au moyen-âge un auteur si réel que l'on a souvent publié deux lettres que ce prince, dont on faisait un mage amené à Rome par Tiridate, aurait adressées à Néron et non à Tibère, comme le dit Marbode1. Dans la première, Evax annonce que, suivant la demande de l'empereur, il a écrit les mystères de toutes les pierres et le prie de ne pas révéler ces secrets puissants que tous ignorent, sauf les Egyptiens, qui n'ont pas cependant un livre supérieur ou même égal au sien. Dans la seconde, le roi remercie Néron des dons magnifiques'qu'il en a reçus et lui vante encore l'excellence de son ouvrage. Il est bon de remarquer qu'au moyen-âge on donnait souvent comme exercice littéraire, dans les écoles, à composer des lettres ou des discours de personnages célèbres; c'est ainsi que l'on avait la correspondance de Démocrite et d'Hippocrate, de Thalès et de Pythagore. Telle est évidemment l'origine des lettres d'Evax à Néron. Cependant, on pourrait croire qu'il a bien existé un livre attribué à Evax, puisque Pierre Diacre, dans son De Viris illustribus Cassinensibus, c. 47 et dernier, énumérant ses propres travaux, dit :

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