Quod de Maurilio tentât mea dicere Clio
Est amor in causa, majoraque viribus ausa ; Sperat opem Sancti quem scit placuisse Tonanli...
(Lib. I.) Beaug., c. 1546.
Après une période déjà longue et glorieuse d'existence, l'école d'Angers avait traversé, au ixe siècle, une phase d'obscurité et d'abandon. L'Anjou avait subi successivement les ravages des Normands et des Bretons; il se relevait lentement de ses ruines, quand, dans les premières années du xie siècle, une impulsion nouvelle partie de Tours vint rendre à ses écoles la vie et l'éclat1.
L'école de Tours, illustrée sous Charlemagne par Alcuin, était alors dirigée par l'évêque Fulbert. C'était un des hommes les plus remarquables de cette époque, et de nombreux témoignages contemporains nous montrent quelle affection lui vouaient ses élèves. « Toi d'abord, dit Adelman, ô Fulbert, ô mon père, lorsque je veux parler de toi, les paroles me manquent, mon cœur se fond, mes larmes redoublent"2. » L'Église d'Angers dépendant de la métropole de Tours, il était naturel que Fulbert se préoccupât de la situation faite aux écoles de cette ville. Il envoya d'abord pour les diriger un de ses disciples nommé Bernard 3. Celui-ci resta à Angers trois ans, sous l'épiscopat de Hubert de Vendôme, puis partit un peu brusquement pour accomplir un pèlerinage à
... Ei me psallere jus est, Scilicet a puero proprio quem jungere clero Dignatus pavit, juvenemque docendo levavit.
(Lib. II.) Beaug., c. 1551.
1. Histoire de l'Université d'Angers, par Rangeard, publiée par A. Lemarchand, bibliothécaire d'Angers, 1872. — Rangeard était mort en 1726, à trente-quatre ans.
2. Te primum, paler Fulberte, dum te conor dicere, Fugit sermo, cor liquescit, recrudescunt lacrymœ.