V. Hist. littéraire, t. VII, p
l'abbaye de Conques, en Rouergue, où se trouvait le corps de sainte Foi. U Histoire littéraire suppose qu'il reprit à son retour la direction des études; mais, à voir la longue liste d'écolâtres que donne Rangeard pour cette époque, on peut en douter. Il avait dédié à son maître Fulbert une Histoire des miracles de sainte Foi, en lui demandant de corriger son ouvrage, « de peur, dit-il, que la vérité souillée par un mauvais style ne choque les lecteurs, et qu'ainsi la meilleure chose ne perde sa valeur1. » Nous retrouverons plus tard la même idée exprimée également par Marbode dans ses Vies de Saints.
Après lui, Fulbert envoya à Angers deux de ses meilleurs élèves, Sigo et Hilcluin2. On considérait Sigo comme savant en grec et en hébreu, bon musicien, philosophe, théologien, animé en outre d'une grande piété et d'une charité inépuisable. Fulbert suivait avec une attention paternelle ses disciples devenus maîtres à leur tour. « Dites-moi, écrivait-il à l'évêque Hubert, comment se comportent mes élèves dans vos écoles... Saluez, je vous prie, de ma part Sigo et Ililcluin, l'un est mon âme et l'autre la moitié de mon âme 3. » Tous deux restèrent peu de temps à Angers, et la liste de leurs successeurs n'offre rien d'intéressant jusqu'à Rainaucl, archidiacre et chanoine de Saint-Maurice. C'était un professeur estimé et versé dans la connaissance du
1. « Ne veritas malo stylo corrosa legentibus horrcat, ac per hoc res optima vilescat. » (Patrolog.)