OCCUPATIONS RELIGIEUSES DE MARBODE
L'activité de Marbode dans les affaires religieuses nous est attestée par les documents contemporains. Il est évêque de Rennes; mais rien de ce qui se passe à Angers ne le laisse indifférent, et, même parvenu à une extrême vieillesse, il se plaît à venir encore assister aux débats ou aux solennités des abbayes d'Anjou, sans cependant jamais négliger pour cela son propre diocèse.
En 1096, étant déjà évêque, mais non consacré1, il signe une charte en faveur de l'abbaye de Cormery. La même année, il est témoin à Saumur dans la dispute entre les moines de Saint-Nicolas et Aimery de Trêves; nous le voyons encore restituer une église aux moines de Marmoutiers, et confirmer à ceux de Saint-Serge le domaine que leur avait vendu un certain Geoffroy2.
En 1097, il assiste avec son ami Hildebert au Concile provincial de Saintes.
En 1098, au mois de novembre, il est juge, à Angers, dans une querelle entre les abbayes de Saint-Aubin et de Saint-Nicolas au sujet de la forêt des E chats.
En 1099, il est encore juge dans une querelle au sujet de la possession de Pruniers.
En 1100, au mois de septembre, il est témoin de l'accord entre les chanoines de Saint-Pierre et les
1. La charte est signée : Marbodi, Redonensis electi. (Hist. littér.)
2. V. Preuves de l'Histoire de Bretagne de Dom Morice, t. I, c. 483; et Gallia christiana, t. XIV.
moines de Saint-Nicolas. La même année, il signe la lettre de l'évêque Geoffroy de Mayenne, qui ajoute des prébendes au chapitre. C'est le 18 novembre 1100 que s'ouvrit le Concile de Poitiers, auquel Marbode assista, et dans lequel Pavillon prétend faussement, comme nous l'avons vu, qu'il fut déposé. Quatrevingts évêques, prélats ou abbés, étaient présents à ce Concile, dans lequel, malgré l'opposition violente de Guillaume de Poitiers, le roi de France Philippe et la reine Bertrade furent excommuniés.
En 1101, a lieu l'élection de Rainaud de Martigné, avec toutes les démarches, les fatigues, les ennuis, etc., qui en furent la conséquence pour l'évêque de Rennes.
En 1102, Marbode signe la charte de Rainaud à propos de l'autel de Daumeray, donné à Marmoutiers.
En 1104, au commencement d'avril, s'ouvrit le Concile de Troyes, auquel Marbode était présent. Le Concile avait été convoqué pour lever l'excommunication du roi Philippe; mais cela n'eut pas lieu. L'évêque de Senlis, Hubert, fut déchargé, dans cette assemblée, de l'accusation de simonie, et l'élection de Geoffroy de Nogent à l'évêché d'Amiens confirmée, malgré les résistances de sa modestie. La même année, Marbode assiste au synode d'Angers, qui réconcilie de nouveau les moines de Saint- Aubin et ceux de Saint-Nicolas, en dispute à propos de la forêt des Echats. Lui-même, Marbode, enfin, a des discussions avec l'abbaye de Saint-Julien de Tours, à propos de l'église Saint-Cyrique ; mais l'année suivante il reconnut le bon droit de ses adversaires1.