V. Rerum Gallicarum scriptores, t. XIV, p
quelle le comte d'Anjou, Foulque le Réchin, fait entre les mains cle Marbode la cession de quelques biens à l'église Saint-Maurice1. Rainaud était de retour dans son diocèse dès le 13 septembre 1109.
En 1112, le 15 février, il reçoit une lettre du pape Pascal II, lui enjoignant d'examiner l'affaire de Paganus Alericus. L'abbé de Saint- Aubin, Archambault, ayant donné sa démission, Paganus, que la lettre du pape appelle Paganus Alericus, fut élu à sa place. Mais Archambault, soit qu'il n'approuvât pas ce choix, soit qu'il eût recouvré la santé, voulut reprendre ses fonctions d'abbé. De là des disputes que le pape chargea Hilclebert, Marbode, Geoffroy de Vendôme, etc., d'apaiser. Ils donnèrent tort à Paganus, qui quitta alors l'abbaye cle Saint-Aubin pour celle de la Trinité cle Vendôme, où Geoffroy n'eut guère à se louer cle lui2.
En 1113, au chapitre cle Saint-Maurice d'Angers, Marbode est témoin cle la réconciliation des moines de Saint-Jouin et de Saint-Aubin, en discussion à propos de l'église Saint-Jouin du Lucie.
En 1116, il est un des juges du meurtrier Salomon, fils cle Salomon, et peut-être son parent, car nous avons vu qu'un cle ses frères portait ce nom. Salomon, voulant venger la mort de son frère Hervé-le- Rond, avait assassiné, clans le monastère cle Saint- Maurice, un certain Hugues, soupçonné d'être l'auteur du meurtre d'Hervé. Rainaud l'excommunia d'abord,
1. « Donum Fulconis comitis de Plaissiacoet Ruigniaco 'aut Grammario, — donumque cum baculo in manu doinni Marbodi Redoncnsis episcopi, qui tune temporis Raynaldo II Andegavcnsi episcopo Romae rnoranle, episcopi negotia administrabat, posuit. » (Beaug., note sur la lettre à Rainaud.)
2. V. la lettre du pape Pascal IlàMarbole, dans Mibillon, Annal, benedict., t. V. — Cf. dans Geoffroy de Vendôme les lettres 1. I, 5 et 6.
puis, penchant vers la miséricorde, il eut recours pour tout concilier à Hildebert et à Marbode. Tout fut apaisé, en effet, Salomon ayant cédé à l'église Saint-Maurice une certaine étendue de vignes.
La même année, Marbode donna aux Bénédictins de Saint-Melaine cle Rennes les biens des chanoines de Notre-Dame de Vitré. Les chanoines n'étaient plus qu'au nombre de trois, et leur conduite les rendait odieux à la fois à leur évêque et aux princes de la terre, c'est-à-dire au seigneur de Vitré, André, et à ses fils1. Aussi, avec le consentement du duc Conan, fils d'Alain Fergent, et de sa mère, la comtesse Ermengarde, et l'approbation de ses chanoines, dont la charte énumère les noms, Marbode enleva aux chanoines de Vitré tout ce qu'ils possédaient, et le transmit « à ses religieux et chers fils, les moines de Saint-Melaine. » Ceux-ci n'en jouirent pas longtemps en paix.
En 1120 les chanoines firent violemment invasion dans leur ancien domaine, dont ils chassèrent les Bénédictins. Raoul II venait alors d'être élu abbé cle Saint-Melaine; il voulut se montrer sévère contre les envahisseurs, mais le pape Calixte II prit leur défense et excommunia Raoul. Le 5 février 1120, Calixte écrivait à Marbode pour le remercier d'avoir observé avec fermeté la sentence d'excommunication portée contre les moines de Saint-Melaine, et lui enjoindre de persévérer dans sa rigueur 2. Cette situa-
1. « Canonici qui noslro tempore supererant, incautius quam prudentius se habenles, ad hoc, peccatis exigentibus, deciderunt, ut principibus terrœ odibiles, nobis incorrigibiles habercntur... » (V. la charte dans Dom Lobineau et Beaugendre.)
2. « Prudenlia; tuœ graliam agimus, quod datam super abbatem Sancti Melanii et monachos pro contumacia sua excommunicationis sentenliam fir-
tion, qui devait être fort pénible pour l'évêque, ne dura pas longtemps; dès Tannée suivante, les Bénédictins de Saint-Melaine rentrèrent en. grâce auprès du pape.
En 1118, Marbode assiste au synode d'Angoulême et signe une charte en faveur de l'abbaye de Fontevrault. La même année, il signe également les lettres du duc Conan au sujet de la possession de Belle-Isle, rendue aux moines de Quimperlé. Il y avait eu de longues disputes, racontées en détail dans YHistoire de Bretagne de Dom Lobineau, entre l'abbaye de Redon et celle de Quimperlé, un acharnement incroyable de part et d'autre à défendre la propriété de cette île. Conan avait d'abord soutenu les prétentions des moines de Redon, mais, en 1118, il reconnut qu'il avait tort. La querelle ne se termina cependant pas encore ainsi, l'abbé Hervé refusant de rendre à l'abbaye de Quimperlé les revenus qu'il avait retirés de l'île; il en résulta de nouveaux procès dont on ne connaît pas bien l'issue.
En 1119, le 15 octobre, le duc Alain Fergent meurt à l'abbaye de Redon, où il s'était retiré, et il y est enterré en présence des évêques de Rennes, de Dol, de Vannes, de Nantes, etc., et d'un grand nombre de seigneurs; après quoi, dit Le Baud, son fils Conan vint à Rennes se faire reconnaître duc de Bretagne et prononcer, en présence de Marbode, les serments d'usage.
miter observasti. Rogamus autem et prœcipimus ut et deinceps id ipsum facias, donec, canonicis secundum mandatum nostrum plenarie revestitis, abbas ipse cum monachis et cum canonicorum testificatione ad nos veniat, et de contempto nostree ecclesiaî judicio satisfaciat. » (Quitta Christiana, t. XIV, p. 772.)
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Enfin, en 1120, nous trouvons l'évêque de Rennes au Mans, assistant à la dédicace de l'église de Notre- Dame et des saints Gervais, Protais et Julien. La cérémonie eut lieu clans l'octave de Pâques; plusieurs archevêques, évêques, abbés, et autres personnages vénérables y assistèrent. Le même jour et à la même heure eut lieu la consécration des divers autels : Geoffroy, archevêque de Rouen et ancien doyen du Mans; Hildebert, Marbode, Rainaud d'Angers en consacrèrent chacun un. « Marbode, disent les Gesta, episcoporum Cenomanensium, était alors accablé de vieillesse et privé cle la vue; mais par la force de son âme, la subtilité de son esprit, ses conseils salutaires et sa sagesse consommée, il relevait la faiblesse de son corps. Il consacra l'autel qui est à droite cle l'église et porte le nom de saint Pierre, saint Paul et tous les apôtres1. »