‹ Marbode, évèque de Rennes, sa vie et ses œuvres (1035-1123)Chapitre 83 sur 93 · Si quis quantus erat Marbodus noscere quœrat · texte numérisé non relu

Si quis quantus erat Marbodus noscere quœrat

Postulat hoc quod ego dicere posse nego. In toto raundo non inveni[a]!ur eundo

Unus compar ei nominis atque rei.

Omnes facundos sibi vidimus esse secundos,

Nullus in ingenio par nec in eloquio.

Cessit ei Cicero, cessit Maro junctus Homero,

Ut dicam breviter, vicit eos pariter.

Per cunctas metas per quas sua se tulit aetas,

Nulla sibi placuit res nisi quœ decuit. Curans ut fieret virtutem quod redoleret,

Transtulit hue studium, transtulit ingenium. Illi sic noto dédit eis, sed sine voto, [lisez dédit, ejus sed ?]

Chrisli judicium ponlificum solium.

Hic prœsul factus, nolens licet atque coactus,

Effecit melius quœ bene cuncta prius.

iEqua mensura mensurans singula jura,

Lenis erat placidis et rigidus tumidis.

Jugiter orabat, jejunabat, vigilabat,

Quodque sibi minuit pauperibus tribuit.

Hic tam laudari digrqis, tam dignus amari,

Sorte cadens hominum, transiit ad Dominum. Omnes personae quœ sunt in relligione,

Ingemuere nimis planctibus et lacrymis.

Nobilitas flevit, nec plebs a fletu [?] quievit :

Tam gémit et plorat quam bona commémorât. In cunctis annis nova mors erit ista Britannis,

Quos vivens tenuit, quos aluit, docuit.

Praecipue Rhedoni, proprii que [lisez quse~\ morte patroni,

Est velut œgra jacens, factaque muta tacens. I (Beaug., c. 1385-6.)

malgré lui et forcé, il fit encore mieux ce qu'il faisait bien auparavant. Mesurant tous les droits dans sa juste balance, il était doux avec les pacifiques, sévère avec les orgueilleux. Continuellement il priait, jeûnait et veillait; ce qu'il diminua de ses biens il le donna aux pauvres... Toujours sa mort paraîtra un deuil nouveau pour les Bretons qu'il a dirigés, nourris, instruits pendant sa vie. Et Rennes surtout, par la mort de son protecteur, est devenue semblable à un malade, et se tait dans sa douleur. »

La seconde épitaphe composée par Ulger était comme la première en vers léonins, mais non plus en distiques. « La vie de Marbode, illustrée par l'éclat de la science, a brillé sur le monde, féconde en enseignements profonds. Il était né de parents qui furent l'honneur de l'Anjou; puis il fut à la tête du peuple et du clergé de Rennes. Tant qu'il enseigna, il donna d'utiles conseils; il mourut évêque, et sa mort nous afflige tous. Que Dieu lui soit en aide et l'associe à son repos1. »

Voici ce que disait de son côté Rivallon : « L'intelligence l'a rendu sage, la langue disert, l'esprit éminent, la sollicitude gardien du troupeau, l'âge vieillard, l'agrément des moeurs aimable, l'ordre pontife, la religion prêtre, la sobriété et la munificence un père avare pour lui-même et prodigue pour

Page 1