Bis geminos et très sine potu transiit annos
Et totidem panis usibus abstinuit.
(Chroniq. des Églises d'Anjou.)
2. « Tertio idus septembris, Redonis in Armorica S1' Marbodi episcopi et confessons. Qui série hac in cathedra duodecimus, duodeciin apostolorum agni nomina tanquam vivus lapis virtutum eoruindem eximia imitatione sibi divinitus indita gessit : unde in supernam Sion evectus, lapidibus pretiosis quibus illa rutilât annumeratus est. » (Ap. Beaug., c. 1387-8.)
c'est le « vatum spectabile sidus. » L'abbé de Bourgueil regrette de n'être pas plus riche, car alors il eût pu devenir plus savant et acquérir le talent poétique de Marbode l. Selon lui, son maître est l'honneur de l'Anjou : Andus Marbodum laudat; c'est de sa bouche qu'il voudrait recevoir quelques éloges, si toutefois il les mérite2. Ainsi le nom de l'évêque de Rennes revient souvent sous sa plume, accompagné des expressions les plus louangeuses. Pour Hildebert, Marbode est l'Orphée de son temps. Pour Ulger, il surpasse à la fois Cicéron, Virgile et Homère. Dans ce siècle, enfin, où toute la France sortait de la barbarie et se livrait aux études littéraires, il était, disent les moines cle Saint-Aubin, le roi des lettres et de l'éloquence.
Sans doute, ce sont là les témoignages d'une amitié à laquelle son exagération même fait tort; mais il n'en reste pas moins ce fait constant que, de son temps et clans son pays, Marbode était l'objet d'une vive admiration. C'est ce que nous prouvent également et le succès de l'école d'Angers sous sa direction et l'empressement que mettaient certaines abbayes à lui demander de revoir la Vie de leurs saints. Son contemporain, Sigebert de Gembloux, écolâtre de Metz, le cite, vers 1111, dans son De scriptoribus ecclesiasticis, cap. 158. La mention est très brève : Sigebert se borne à indiquer comme ouvrages de Marbode un poème sur le Cantique des Cantiques,