CONCLUSION
Tel a été Marbode, dans sa vie et dans ses œuvres. Pour quelques rares érudits, son nom rappelle les Lettres à Robert d'Arbrisselle et à Rainaud de Martigné, les Dix Chapitres et le Livre des Pierres; pour un certain nombre d'autres, il est lié uniquement au Lapidaire; mais pour la masse des lettrés, on peut dire que Marbode est un inconnu. Il n'était donc pas inutile de mettre sous les yeux les divers documents qui se rapportent à sa vie, et de donner l'analyse de ses principaux ouvrages, de faire enfin pour lui ce que d'autres ont déjà tenté avec succès pour Hildebert et Baudry.
Sans cloute, Marbode n'est pas un homme de génie ; le génie est toujours rare, mais, sans en avoir reçu le don divin, on peut avoir le droit de n'être pas oublié. Marbode fut un professeur savant et zélé, un saint évêque, un écrivain élégant et habile; ce sont là des titres suffisants pour protéger son souvenir. Et puis, si nous pénétrons d'une manière plus intime dans sa vie, on se sent pris de sympathie pour ce caractère loyal, aimant avant tout la justice et la charité, n'épargnant rien pour servir un ami, gardant enfin sa dignité dans le malheur; on se sent attiré vers ce vieillard causeur, qui se plaît à nous
un manuscrit de Saint -Gatien, auquel Beaugendre a emprunté un grand nombre de morceaux et qui a été utilisé par l'abbé Bourassé. — Au Vatican, fonds de la reine Christine, n° 73, Taydis mulieris pœnitentis yita ; n° 807, Thaydis egyptiacœ vita; n° 1416, De Jona, Vita sancti Felicis, Vita sanctae Thaïdis, etc., etc. — La plupart de ces manuscrits sont des xme et xive siècles, quelques-uns du xne.
donner les conseils de son expérience et de sa foi, comme d'autres à raconter les récits des vieux temps, et on le suit avec intérêt jusqu'au jour où une mort sainte vint couronner dignement une vie pieuse.
Ces diverses considérations nous ont engagé à lui consacrer cette étude; puissions-nous ne pas être resté au-dessous de notre tâche!