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(3) Catalogue^, p. 181. Cf. Notizie degli Soam, 1885, pp. 400, 428 et CIL, VI suppl. 34839.
« Aux dieux Mânes de Cirpinia Calliopè, fille de Spurius, Marcus Ulpius Expectatus et Titus Flavius Cirpinius Expectatus, fils de Lucius (et) ks deux Sextus (ou Sextius), trèè pieux, le père et le fils, à (cette femme) pleine de mérites. »
Nous ne pouvons admettre cette traduction ni l'interprétation qu'en donne Cumont : « M. Ulpius Expectatus est probablement son père (c'est-à-dire de Cirpinia) et le personnage qui suit son irère (1) a dû s'appeler d'abord T. Cirpinius Expectatus et, après son adoption par un membre de la gens Flavia, changer son nom en celui que nous lisons. La relation de la défunte avec les deux Sextius ne peut être déterminée. »
Traduction et commentaire ont le tort de supposer l'omission, par le lapicide, d'un et devant duo Sexti. Cette omission n'aurait, à la rigueur, rien de surprenant ; elle devrait être admise, si elle levait toutes les difficultés que présente cette dédicace : il n'en est rien.
Cette solution, l'éditeur s'en est aperçu, ne permet pas de déterminer la relation de la défunte avec les deux Sexti : elle laisse dans l'incertitude cplle qui devait exister entre elle et Marcus Ulpius et Titus Flavius Cirpinius. Ce laconisme serait d'autant plus étrange que l'épitaphe nous dit le rapport de parenté qui unissait les deux Sexti, ceux précisément dont le nom nous serait donné sous une forme tout à fait abrégée et qui ont l'air, par conséquent, de o'avoir qu'une importance toute secondaire. Enfin, est-il vraisemblable que deux des dédicants ne se servent que d'un seul et unique nom pour se désigner tous deux ? C'est d'autant moins plausible que Sexti peut êti'e le pluriel de Sextus ou de Sextius et convient comme prénom, gentilice, ou surnom.
Il existe un moyen très simple d'éviter toutes ces difficultés sans recourir à une correction, toujours discutable : c'est d'admettre que duo Sexti se rapporte à M. Ulpius et à T. Flavius et que l'épitaphe n'aurait été faite que par ces deux personnages. Ils auraient alors porté tous deux le même surnom de Sextus^de même qu'ils s'appellent tous deux Expectatus.
( I. ) Il fatit sans doute lire : père, car il n'est pas question du frère de Cirpinia dans ce qui précède, où bien fairb-il supposer que les mots» son frère » devaient se trouver entre virgules ?
Il est à peine besoin de rappeler que le j doubles surnoms spnt fréquents déjà au début du 11"^^ siècle, date de l'épitaphe de Cirpinia.
Mais pourquoi a-t-on répété le cognomen d^Expectatus et non celui de Sextus ? Cette anomalie s'expliquerait, je pense, par une erreur que le lapicide a cherché à corriger de la manière la plus simple et la moins apparente : avant d'avoir achevé l'épitaphe, il s'est aperçu sans doute qu'au lieu de graver M. Ulpius Expectatus Sextus, il avait sauté le dernier de ces mots. L'omission proviendrait alors de ce que la syllabe finale des deux surnoms est la même. Pour réparer son omission, il aura mis Sextus au pluriel en le faisant précéder de duo, procédé dont on trouve des exemples, même dans des textes oti aucune erreur n'a sûrement été commise : duo Cumilirini (CIL, IV, 139) ; duobus Fab(is) (O/iv,IV,2503); duos Cassios (CIL, IV, 1257), etc. Il est possible d'ailleurs, vu la fréquence du cas, qu'il n'y ait même pas eu haplographie de la part du graveur : notre figure 8 montre clairement qu'à la 1. 5, il n'y avait pas place pour graver la première syllabe de Sextus après Expectatus. Après ce mot, le lapicide aurait dû laisser un vide de la longueur de deux lettres. Or, on peut le constater aisément, il ne laisse d'espace libre à la fin des lignes que lorsqu'elles commencent en retrait : ce n'est pas le cas pour la 1. 5. Il semble que pour celle-ci, où les 4 dernières lettres diminuent légèrement de hauteur, il ait mal pris ses mesures. L'emploi de la formule duo Sexti pourait donc être motivée par des raisons de symétrie et aussi par le désir de gagner de la place : les trois, et surtout les deux dernières lignes, ont été gravées en caractères plus petits, pour pouvoir entrer dans le cadre mouluré qui entoure l'inscription.
Quelle que soit l'explication que l'on préfère, l'interprétation que nous proposons n'a rien que de conforme aux usages épigraphiques. Elle nous permet d'affirmer que M. Ulpius est le père et T. Flavius le frère de Cirpinia (1) et de faire disparaître les deux énigmatiques Sexti.
(1) L'expression 23a^er et filius ne peut signifier en effet que le père et son fils (non le père et le fils de Cirpinia). Cf. CIL, X, 1463 : MM. Remmioa Rufoa patr{eni) et f{ilium) ; XIV, 1270 : Cassis Augustali patrî et filio, etc.
Mais alors, comment ]e fils de M. XJlpius peut-il s'appeler T. Flavius L. f . Cirpinius ? Il faut évidemment admettre qu'il s'agit d'un fils naturel : de même, dans OIL, X, 4246, pour n'en point citer d'autres, le fils naturel de Cn. Numidius ne porte ni le gentilice, ce qui se comprend aisément, ni même le prénom de son père, mais s'appelle L Allius L. /, Des deux côtés, on trouverait donc une filiation fictive. Du. reste, si ce fils naturel porte le gentilice, extrêmement rare, de Cirpinia, {CIL, IX, 5748 = Dessau, 2687) c'est évidemment qu'il est de la même mère que Cirpinia : or, l'éditeur avait déjà reconnu dans celle-ci, à cause de sa filiation Sp(uri) f(ïlia), une fille naturelle. Cette mère devait être une affranchie d'origine grecque, comme le laisse supposer le surnom de sa fille Calliopè qui indique clairement une ascendance hellénique.
Quant au gentilice Flavius, Cumont a déjà supposé qu'il pouvait provenir d'une adoption : les deux surnoms rappelleraient donc seuls les rapports de parenté qui unissaient M. Ulpius à T. Flavius.