‹ Marbres et textes antiques d'époque impériale [microform]Chapitre 11 sur 32 · Le Gapitole de Madaura. Un gentilice nouveau · texte numérisé non relu

Le Gapitole de Madaura. Un gentilice nouveau

Parmi les inscriptions latines offertes à l'Etat belge par le Gouvernement général de l'Algérie et qui font partie des collections du Musée du Cinquantenaire (1), il en est une qui présente, pour l'histoire de Madaura d'où elle provient, un intérêt qui n'a pas été reconnu.

J'avais déjà vu qu'il fallait restituer, à la 1. 1, le cursus des honneurs municipaux de l'un des personnages (2) et l'on proposait, de cette dédicace, la lecture suivante :

fl(amen), aedil(is), Il vir, et Filicinia Secura sacerclotes

(1) BaijIaj, Bulletin arch. du Comité des travaux historiques, 1906, p. 185; Gagnât, Année épigr., 1907, n» 2 ; Cumont, Catalogue du Musée du Cinquantenaire^, p. 194, n° 165.

(2) Ap. Cumont, o. L, p. 195.

Kapitoli(o) fi-

fio 'ponti-

fici . Locus

d(atus) d(ecreto) dfecurionum) .

Cumont suppose que le personnage qui a exercé les fonctions énumérées à la 1. 1, pourrait être T. Clodius Loquella, qui a été comme lui, édile et IT vir et, en outre, sacerdos Liberi : or la prêtrise mentionnée à la L 3, pour notre inconnu et sa femme, serait très probablement celle de Bacchus, qui avait à Madaura des prêtres et des prêtresses {CIL, VIII, 4683)

Cette identification paraît impossible, si l'on compare la carrière suivie par les deux notables de Madaura. Voici celle de Loquella (1) :

T. Clodius Lo\q\uella

Aed(ilis) ,IIvir, q(uaestor), fl(amen) p(er)p(ecuus) ,sac(erdos)

Liberi patris . V(ixit) a(nnis) XLVTIII.

Hic situs est.

Le mari de Filicinia a été simplement flamine, Loquella est flamen perpetuus (2) .De plus, le sacerdoce de Loquella se place après son duovirat,son cursus honorum étant donné dans l'ordre direct (3), tandis que celui de notre inconnu est intercalé entre l'édilité et la questure qu'il faut évidemment restituer avant le titre de fl(amen) : il n'est pas d'usage, dans la carrière municipale, d'énumérer les sacerdoces à part.

Enfin, si le mari de Filicinia Sécura avait été, ainsi que sa femme, prêtre de Bacchus, on attendrait peut-ê re Liberi après sacerdotes. Or, non seulement le nom du dieu n'est pas exprimé ici, comme il l'est dans l'épitaphe de Loquella, mais, en outre nous verrons que le texte dit explicitement de quelles divinités Sécura et son mari étaient prêtres.

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