Tertullien, cité par saint Jérôme, l. c
L Pitra, SpiciL Sol., II, p. vi-vii. Sur le sens exact de «oXt~ «îa, voir Eus , V, i, 9; xui, 2; xxiv, 2; Glém. Alex., Strom. proœm. : Théodoret, Hi»t. rel.y titm.
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rite », semble nous être parvenu1. Les railleries du monothéisme contre l'idolâtrie y sont pleines d'amertume, et la haine des images ne s'ast jamais expri-
1. C'est l'opuscule conservé en syriaque (Cureton, Spicil. Syr., p. 41 et suiv. ; Pitra, Spicil. Sol., II, p. xxxvm et suiv. ; tirage à part, Paris, 1855; Otto, Corpus apolog., t. IX, Téna, 1872), et où l'on crut d'abord posséder une partie de l'Apologie à Marc- Aurèle. Il est bien plus probable que c'est le traité 7rspl àXr<6eîa; (syr. fa^-A.^1). Cf. Gœlting. gel. Anzeigen, 1856, p. 655-659 (Ewald); Land, Anecd. Syr., p. 53-55. En effet, le mot &r,0«a (syr. ()JL â) y revient sans cesse. La suscription de la version syriaque, où ce traité est présenté comme un discours fait par MéHton devant Marc-Aurèle, est une évidente interpolation. Il en faut dire autant, selon moi, de la péroraison adressée à Marc- Aurèle, où il est deux fois parlé de « ses fils ». Une telle expression peut être admise jusqu'en 170, date à partir de laquelle Marc- Aurèle n'a plus qu'un fils; mais, jusqu'à la fin de 169, Marc- Aurèle a pour collègue Lucius Verus, qui n'aurait pas dû être omis. En outre, des passages du texte (p. 7, 10, 12, 13, surtout 14, 15, 17 du tirage à part) ne peuvent avoir été adressés à Marc- Aurèle, ni de vive voix, ni par écrit; ce sont des critiques acerbes de la conduite de cet empereur. Nous croyons qu'il y a eu ici une sophistication, qu'on a mis au traité De la vérité un titre mensonger et une péroraison apocryphe, afin de relever la valeur du traité et peut-être avec l'intention de le faire passer pour l'Apologie perdue. La fraude était d'autant plus facile que, dans tout le traité, Méliton apostrophe un innommé pour le détourner de l'idolâtrie. Eus., IV, xxvi, 1, peut sembler dire que Méliton récita son apologie devant l'empereur. Ce procédé d'arrangement n'a é'é que trop familier aux Syriens. Ainsi le Logos parœnelicos attribué à Justin a reçu d'eux un en-tête fictif, destiné à lui donner un intérêt historique, peut-être en rapport avec Eusèbe, Hist. eccl., V, ch. 21.
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mée avec plus de force. La vérité, selon l'auteur, se révèle d'elle-même à l'homme et, si celui-ci ne la voit pas, c'est sa faute. Se tromper avec le grand nombre n'est pas une excuse ; l'erreur multipliée n'en est que plus funeste. Dieu est l'être immuable, incréé ; le confondre avec tel ou tel élément est un crime, « maintenant surtout que la révélation de la vérité a été entendue dans toute la terre ». La Sibylle l'avait déjà dit1 : les idoles ne sont pas autre chose que les images de rois morts, qui se sont fait adorer. On prendrait pour un fragment retrouvé de Philon de Byblos, nous exposant le vieil évhérisme phénicien de Sanchoniathon2, la curieuse page où Méliton, puisant à pleines mains dans les fables les plus singulières de la mythologie grecque et de la mythologie syrienne, bizarrement amalgamées aux récits bibliques, cherche à nous prouver que les dieux sont des personnages jadis réels, qui ont été divinisés à cause des services qu'ils ont rendus à certains pays, ou de la terreur qu'ils ont inspirée3. Le culte des Césars lui paraît la continuation de cette pratique.
1. Cureton, p. 43, 86, 87. On ne voit pas bien à quel écrit sibyllin l'auteur fait ici allusion.