‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 132 sur 436 · Voir Eusèbe, IV, xxvi, 2, édit. de Heinichen · texte numérisé non relu

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fortune de Méliton fut celle de Papias et de tant d'autres docteurs du 11e siècle, vrais fondateurs, les premiers des Pères en réalité, et qui n'eurent d'autre tort que de ne pas avoir deviné d'avance ce qui devait un jour être réglé par les conciles.

Glaudius Apolîinaris, ou Apollinaire S maintenait l'éclat de l'Église d'Hiérapolis, et, comme Méliton, joignait la culture littéraire et philosophique à la sainteté. Son style passa pour excellent, et sa doctrine pour la plus pure. Par son éloignement du judéo-christianisme et son goût pour l'Evangile de Jean, il appartenait au parti du mouvement plus qu'à celui de la tradition. Gomme ce fut le mouvement qui triompha, ses adversaires ne furent dès lors que des arriérés. Nous le verrons, presque en même temps que Méliton, présenter une Apologie à Marc- Aurèle. Il écrivit cinq livres adressés aux païens, deux contre les juifs, deux sur la Vérité, un sur la Piété, sans parler de beaucoup d'autres ouvrages qui n'arrivèrent pas à une grande publicité , mais

4. Sérapion d'Antioehe, dans Eus., V, xix, 2; Eusèbe, IV, xxi ; xxvi, 1; xxvii; V, v, 4; xvi, 4; xix, 1-2; Chron., édit. Schcene, p. 173; saint Jérôme, De viris ill., 26; Epist., 84; Théodoret, Hœr. fab., I, 21; III, 2; Socrale, III, 7; Nicéphore, IV, 44 ; X, 44; Chron. d'Alex., p. 6 et 8uiv., 263 (Du Gange); Photius, cod. xiv; Otto, Corpus Apol., IX, p. 478 et suiv.

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furent très estimés de ceux qui les lurent. Apollinaire combattit énergiquement le montanisme et fut peutêtre l'évêque qui contribua le plus à sauver l'Église du danger que lui faisaient courir ces prédicants. Les excès des encratites le trouvèrent aussi fort sévère. Un mélange étonnant de bon sens et de littérature, de fanatisme et de modération caractérisait ces hommes extraordinaires, vrais ancêtres de l'évêque lettré, politiques habiles, tout en ayant l'air de n'écouter que l'inspiration du ciel, opposés aux violents, tout en étant eux-mêmes des violents. Grâce aux douceurs menteuses d'un langage libéral, ces Dupanloups anticipés prouvèrent que les calculs mondains les plus raffinés n'excluent pas i'illuminisme le plus bizarre, et qu'avec une parfaite honnêteté, on peut réunir en sa personne toutes les apparences de l'homme raisonnable et tous les entraînements de l'exalté.

Miltiade, comme Apollinaire, grand adversaire des montanistes, fut aussi un écrivain fécond. Il composa deux livres contre les païens, deux livres contre les juifs, sans oublier une Apologie adressée aux autorités romaines1. Musanus combattit les encra-

'î. Eusèbe, V, ch. xvn; Tertullien, In Val-, 5; saicl Jérôme, De viris UL, 39; Chron. d'Alex., p. 263 (Du Caoge); Otto, Corpus apoL, t. IX, p. 364 et suiv.

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tites, disciples de Tatien1. Modestus s'appliqua surtout à dévoiler les ruses et les erreurs de Marcion * . Polycrate, qui, plus tard, devait présider en quelque sorte à l'Église d'Asie, brillait déjà par ses écrits3. Une foule délivres se produisaient de tous les côtés4. Jamais peut-être le christianisme n'a plus écrit que durant le 11e siècle en Asie. La culture littéraire était extrêmement répandue dans cette province; l'art d'écrire y était fort commun, et le christianisme en profitait. La littérature des Pères de l'Église commençait. Les siècles suivants ne dépassèrent pas ces premiers essais de l'éloquence chrétienne ; mais, au point de vue de l'orthodoxie, les livres de ces Pères du 11e siècle offraient plus d'une pierre d'achoppement. La lecture en devint suspecte; on les copia de moins en moins, et ainsi presque tous ces beaux écrits disparurent, pour faire place aux écrivains classiques, postérieurs au concile de Nicée, écrivains plus corrects comme doctrine, mais, en général, bien moins originaux que ceux du 11e siècle.

4. Eusèbe, IV, H. E., ch. xxi et xxvm; Chron., édit. Schcene, p. 477; saint Jérôme, De viris itf.,34; Théodoret, Hœr. fab.,

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