‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 137 sur 436 · Polycr., dans Eus., V, xxiv · texte numérisé non relu

Polycr., dans Eus., V, xxiv

5. Polycrate, par exemple, qui fait de Jean un partisan de l'usage juif, admet cependant le quatrième Évangile (circonstance de Ytiti to orîiôos).

3. Tô tox<tx«, * icerri tô»v tou^cûttv. Jean, vi, 4. Cf. Col., n, 46.

fAn 166] MARC-AURÈLE. 197

pour indiquer ainsi la substitution d'un nouvel agneau pascal à l'antique1.

Polycarpe, nous l'avons vu, suivait la tradition de Jean et de Philippe. Il en était de même de Thraséas, de Sagaris, de Papirius, de Méliton. Les montanistes étaient aussi, sans doute, du même avis*. Mais l'opinion de l'Église universelle devenait chaque pur plus impérieuse et plus embarrassante pour ces obstinés. Apollinaire d'Hiérapolis s'était, à ce qu'il semble, converti à la pratique romaine8. Il repoussait la pâque du 14 de nisan, comme un reste de judaïsme, et alléguait, pour soutenir son opinion, 'Evangile de Jean4. Méliton, voyant l'embarras des fidèles de Laodicée, privés de leur pasteur,

4. C'était déjà l'avis de Paul. Cf. I Cor., v, 7; Gai., iv, 9-44; Rom., xiv, 5.

1 Epiph., l, 4 ; saint Pacien, Epist., i, 2; Zonaras, In Canones, p. 78 (Paris, 4648); Gebh. et Harn., Patr. apost., II, p. 4 69, note; Tillemont, Mém., II, p. 447-448, 672 et suiv.

3. Au premier coup d'oeil, la question semble posée, en Asie, entre conserver la célébration de la Pâque et supprimer totalement cette fête. Nous ne croyons pas, cependant, qu'aucune famille chrétienne ait jamais voulu supprimer absolument la fête de Pâque, pas plus que le sabbat. En Asie, comme à Rome, il s'agissait d'une translation qui empêchât la coïncidence avec la fête juive.

4. Il y a des doutes sur l'opinion précise d'Apollinaire ; mais, s'il avait été d'accord avec Méliton et les autres évêques, son aovy figurerait dans la lettre de Polycrate (Eus., V, 24). Comparez Clément d'Alexandrie (dans Eus., IV,xxvi, 4; VI, xm, 3, 9),

m ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 166]

écrivit pour eux son ouvrage sur la Pâque, où iï maintenait la tradition du 14 de nisan1. Apollinaire garda une modération qui ne fut pas toujours imitée2. L'opinion universelle d'Asie resta fidèle à la tradition judaïsante ; la controverse de Laodicée et la manifestation d'Apollinaire n'eurent pas de conséquences immédiates3. Les parties reculées de la Syrie, à plus forte raison les judéo-chrétiens et les ébionites, restèrent également fidèles à l'observance juive. Quant au reste du monde chrétien, entraîné par l'exemple de l'église de Rome, il adopta l'usage antijudaïque. Même les Églises d'origine asiatique des Gaules, qui d'abord avaient sans doute célébré la pâque le 14 de nisan *, se rangèrent promptement au calendrier universel, qui était le calendrier vraiment chrétien. Le souvenir de la résurrection rem-

qui, défendant l'opinion contraire aux quartodécimans, semble combattre Méliton, non Apollinaire. Enfin l'auteur de la Chronique pascale, adversaire des quartodécimans, cite en sa faveur Apollinaire, Clément, Hippolyte, mais non Méliton. \. Eus , IV, xxvï, 2-3; V, xxiv, 5.

2. Eusèbe (ch. xxvii) ne parle pas d'un traité d'Apollinaire sur la Pâque; mais la citation de la Chronique pascale prouve que l'évêque d'Hiérapolis avait traité la question, peut-être dans ses deux traités Contre les juifs.

3. En 196, l'opinion quartodécimane est celle de « toutes les Églises d'Asie ». Éns., V, xxm, 4.

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