Dion Cassius, LXXI
[An 173] MARC-AURÈLE. 253
pas eu à soutenir une attaque aussi furieuse *. C'est une vérité bien constatée que le progrès philosophique des lois ne répond pas toujours à un progrès dans la force de l'Etat. La guerre est chose brutale ; elle veut des brutaux ; souvent il arrive ainsi que les améliorations morales et sociales entraînent un affaiblissement militaire. L'armée est un reste de barbarie, que l'homme de progrès conserve comme un mal nécessaire ; or il est rare qu'on fasse avec succès ce qu'on fait comme un pis aller. Antonin avait déjà une forte aversion pour l'emploi des armes * ; sous son règne, les mœurs des camps s'amollirent beaucoup s. On ne peut nier que l'armée romaine n'eût perdu sous Marc-Aurèle une partie de sa discipline et de sa vigueur4. Le recrutement se faisait difficile-
4. Jules Capitolin, Ant. PhiL, 42 et suiv., 47, 21 et suiv., Lucius Verus, 7, 8; Perlinax, 2; Dion Gassius, LXXI, 3 et suiv.; Pausanias, VIII, xliii, 6; X, xxxiv, 5; Hérodien, I, 3; Carm.. sib., XII, 194 et suiv.; Petrus Patricïus, Exe. de leg., p. 24 (Paris, 1648); Ammien Marcellin, XXIX, vi, 4; XXXI, v, 13. Eutrope,VIII,42; Aurelius Victor, Cœs. et Epit.J 6 ; Orelli, n°861; la colonne Antonine et les restes de l'arc de triomphe de Marc- Aurèle, au Palais des conservateurs, à Rome ; Desvergers, Essai sur Marc-Aurèle, p. 440 et suiv.