‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 198 sur 436 · Inscription de Pectorius; voir ci-après, p · texte numérisé non relu

Inscription de Pectorius; voir ci-après, p

3. Bulliot, Essai hist. sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, p. 47-50; E. Montet, Légende d'Irènèe, p. 46-22. Voir l'Égl. chrét., p. 470.

grecque de Lyon, et non à la grande évangélisation latine de la Gaule au inc et au ive siècle1.

Ainsi, de Smyrne jusqu'aux parties inaccessibles de la Gaule, s'étendait un sillon de forte activité chrétienne*. La communauté lugduno-viennoise était liée par une correspondance active avec les Églises mères d'Asie et de Phrygie. Les facilités qu'offrait la navigation du Rhône servaient à la prompte importation de toutes les nouveautés; tel Évangile de récente fabrique*, tel système fraîchement éclos de la subtilité alexandrine, tel charisme mis à la mode par les sectaires d'Asie Mineure, étaient connus à Lyon ou à Vienne presque au lendemain de leur apparition. L'imagination vive des habitants était un véhicule plus puissant encore. Un mysticisme exalté, une délicatesse de nerfs allant jusqu'à l'hystérie, une chaleur de cœur capable de tous les sacrifices, mais susceptible aussi d'amener tous les égarements, étaient le caractère de ces chrétientés gallo-grec-

4. Légendes des saints Marcel et Valérien, de saint Bénigne, saint Andoche et saint Symphorien. Tillemont, Mém., III, p. 35 et suiv., 38 et suiv.

2. Le passage II Tim., iv, 40, peut se rapporter à de très anciennes missions en Gaule. Le Codex Sinaïticus porte eî; Ty.xxia.-. Cf. Eus., H. E., III, xiv, 8; Épiph., u, 4 4 (note de Petau); Théodoret, In H Tim., iv, 40.

3. Ainsi le Protévangile de Jacques est déjà connu à Lyon, en 477. Comp. Eusèbe, V, i, 9, 40, à Protév., 20, 24.

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ques. Le vénérable Pothin, âgé de plus de quatrevingt-dix ans, avait la tâche difficile de gouverner ces âmes, plus ardentes que soumises, et qui cherchaient dans la soumission même autre chose que le charme austère du devoir accompli.

Irénée était devenu le bras droit de Pothin, son coadjuteur, si l'on peut s'exprimer ainsi, son successeur désigné1. Écrivain abondant et controversiste exercé, il se mit, dès son arrivée à Lyon, à écrire en grec contre toutes les tendances chrétiennes différentes de la sienne, en particulier contre Blastus, qui voulait revenir au judaïsme, et contre Florin, qui admettait, avec les gnostiques, un Dieu du bien et un Dieu du mal 2. Les doctrines de Valentin, par leur largeur et leur apparence philosophique, gagnaient beaucoup d'adeptes dans la population lyonnaise3. Irénée se fit une sorte de spécialité de les combattre. Aucun polémiste orthodoxe, avant lui, n'avait à ce point compris les profondeurs de la gnose et son caractère antichrétien4.

1 . Eusèbe, H. E., V, ch. iv, fragment de la lettre des confesseurs à Éleuthère.

2. Eusèbe, H. E., V, ch. xv et xx. J'ai donné la traduction de la belle lettre à Florin dans l'appendice à la suite de l'Antéchrist, p. 564-565.

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