‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 27 sur 436 · Capitolin, Antonin le Phil · texte numérisé non relu

Capitolin, Antonin le Phil

3. Tillemont, Hist. des Emp., II, p. 316, 332, 337; Capitolin, 2. Quelques-uns de ces consulats eurent lieu dès le temps d'Aï*, tonin.

4. Capitolin, Ant. Phil., 3; Themistius, Oral., 13, 17; Digeste, XLIX, i, 1, § 3; Actes de saint Justin (voir l'Église chrét., p. 492, note); Desvergers, p. 53-55.

34 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 161]

des abus. De toutes les parties du monde, le bon Marc-Aurèle faisait venir les philosophes en renom *. Parmi les orgueilleux mendiants, vêtus de souquenilles trouées, que ce large appel mit en mouvement, il y avait plus d'un homme médiocre, plus d'un charlatan*. Ce qui implique une profession extérieure 8 provoque toujours la comparaison entre les mœurs réelles et celles que l'habit suppose *. On accusait ces parvenus d'avidité, d'avarice, de gourmandise, d'impertinence, de rancune5. On souriait parfois des faiblesses que pouvait abriter leur manteau.

4. Alexandre Péloplaton : Philostr., Soph., II, v, 3; Adrien de Tyr : Philostr., Soph., II, x, 7 et suiv.; Lucius : Philostr., Soph., II, i, 24 .

2. Aulu-Gelle, IX, 2. Lucien est presque aussi opposé aux philosophes de profession qu'aux charlatans et aux illuminés de toute espèce. Voir surtout Vlcaromènippe, l'Eunuque, la Mort de Peregrinus, les Philosophes à l'encan, le Pêcheur, les Lapi thés, les Fugitifs, 3,42.

3. Professioni suœ etiam moribus respondens. Corresp. de Pline et Traj., n° lviii (lxvi). Cf. Digeste, L, xui, 4.

4. Tac, Ann., XVI, 32; Juvénal, h, 4 et suiv. ; m, 4 45 et suiv.; Martial, ix, 47; xi, 56; Quintilien, Inst., proœm., 2; XII, il, 4 ; m. Dion Chrys., Oral., lxxii, 383, 388, Reiske; Aulu-Gelle, vn, 10; XV, 2; XVII, 4 9; Épictète, Dissërt., IV vin, 9.

5. Capitolin, Ant. Pius, 3; Tatien, Adv. 6r., 49, 25; Appien, Bell. Milhrid., c. 28; Lucien, Parasitas, 52; Piscator, 34, 37; iElius Aristide, Or., xlvi, Opp., II, 398, Dindorf. Comp. Lucien, Nigrinus,%&; Fi ermotime,\ 6,49; Lapith./dk; Fugitifs, 18; DiaU meretr.f*,\ ; Ulpien, Dig., L, xm, 4 ; Sénèque, Lettres, xxix, 5.

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Leurs cheveux mal peignés, leur barbe, leurs ongles étaient l'objet de railleries1. « Sa barbe lui vaut dix mille sesterces, disait-on; allons! il faudrait aussi salarier les boucs 2 . » Leur vanité donnait souvent raison à ces plaisanteries. Peregrinus, se brûlant sur le bûcher d'Olympie, en 1663, montra jusqu'où le besoin du tragique pouvait mener un sot, infatué de son rôle et avide de faire parler de lui.

Leur prétention à se suffire absolument prêtait à de vives répliques 4. On se racontait le mot attribué à Démonax sur Apollonius de Chalcis , partant pour Rome avec toute une suite : a Voici venir Apollonius et ses Argonautes B. » Ces Grecs, ces Syriens, courant à l'assaut de Rome, semblaient partir pour la conquête d'une nouvelle toison d'or. Les pensions et les exemptions dont ils jouissaient faisaient dire qu'ils étaient à charge à la république, et Marc-Aurèle fut obligé de se justifier sur ce point8. On se plaignait

4 . Tatien, Adv. Gr., 25 ; Laropride, Héliog., 1 1 ; Apulée, Met., XI, 8.

2. Lucien, Eunuch., 8, 9 ; Cynicus, 4 et suiv. Cf. l'Église chrèt., p. 483, 484.

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