Lucien, Demonax, 31 ; Gapitolin, Ant. Pius
6. Gapitolin, Ant. Phil., 23; Digeste, XXVII, i, De excusationibuSj loi 6 (Modestin) ; L, v, De vacat. et excusât, mun., loi 8, §4 (Papinien); loi 40, § 2 (Paul) ; L, iv, De muneribus, loi 48, § 30.
36 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 161]
surtout qu'ils maltraitassent les particuliers. Les insolences ordinaires aux cyniques ne justifiaient que trop ces accusations. Ces misérables aboyeurs n'avaient ni honte ni respect, et ils étaient fort nombreux.
Marc-Aurèle ne se dissimulait pas les défauts de ses amis ; mais sa parfaite sagesse lui faisait faire une distinction entre la doctrine et les faiblesses de ceux qui l'enseignent1. Il savait qu'il y avait peu ou point de philosophes pratiquant vraiment ce qu'ils conseillaient. L'expérience lui avait fait connaître que la plupart étaient avides, querelleurs, vains, insolents, qu'ils ne cherchaient que la dispute et n'avaient qu'un esprit d'orgueil , de malignité, de jalousie2. Mais il était trop judicieux pour attendre des hommes la perfection. Comme saint Louis ne fut pas un moment troublé dans sa foi par les désordres des clercs, Marc-Aurèle ne se dégoûta jamais de la philosophie, quels que fussent les vices des philosophes. « Estime pour les vrais philosophes; indulgence exempte de blâme pour les philosophes prétendus, sans d'ailleurs être jamais leur dupe »,
4. Philostr., Soph., II, i, 24. Semper adversus sua vitia facundos, ditMïnucius Félix des philosophes (§ 38).
2. Galien, De prœnotione ad Posth., 4 ( t. XIX, p. 498 et »uiv., Kiihn).Cf. Apulée, Apol, ch. 3, 47, 48.
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voilà ce qu'il avait remarqué dans Antonin * et la règle qu'il observa lui-même. Il allait écouter, dans leurs écoles, Apollonius, Sextus de Ghéronée, et ne se fâchait pas qu'on rît de lui2. Gomme Antonin, il avait la bonté de supporter les rebuffades de gens vaniteux et mal élevés, que ces honneurs, exagérés peutêtre, rendaient impertinents 3. Alexandrie le vit marcher dans ses rues sans cour, sans garde, vêtu du manteau des philosophes et vivant comme l'un d'eux4. A Athènes, il institua des chaires pour toutes les sciences *, avec de forts traitements 6, et il sut donner à ce qu'on peut appeler l'université de cette ville un éclat supérieur encore à celui qu'elle tenait d'Adrien 7. Il était naturel que les représentants de ce qu'il y avait encore de ferme, de dur et de fort dans l'ancien esprit romain éprouvassent quelque impatience