‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 292 sur 436 · AffaiFe de Paul Samosate. Eus., H. E., VII · texte numérisé non relu

AffaiFe de Paul Samosate. Eus., H. E., VII

416 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 179]

On peut dire que l'organisation des Églises a connu cinq degrés d'avancement, dont quatre ont été traversés dans la période embrassée par cet ouvrage. D'abord, Yecclesia primitive, où tous les membres sont également inspirés de l'Esprit. — Puis les anciens ou presbyteri prennent dans Yecclesia un droit de police considérable et absorbent Yecclesia. — Puis le président des anciens, Yepiscopos, absorbe à peu près les pouvoirs des anciens et par conséquent ceux de Yecclesia. — Puis les episcopi des différentes Églises, correspondant entre eux, forment l'Église catholique. — Entre les episcopi, il y en a un, celui de Rome, qui est évidemment destiné à un grand avenir. Le pape, l'Église de Jésus transformée en monarchie, avec Rome pour capitale, s'aperçoivent dans un lointain obscur; mais le principe de cette dernière transformation est encore faible à la fin du ii« siècle. Ajoutons que cette transformation n'a pas eu, comme les autres, le caractère universel. L'Église latine seule s'y est prêtée, et même, dans le sein de cette Église, la tentative de la papauté a fini par amener la révolte et la protestation.

Ainsi les grands organismes qui forment encore une part si essentielle de la vie morale et politique des peuples européens ont tous été créés par ces hommes naïfs et sincères, dont la foi est devenue in-

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séparable de la culture morale de l'humanité. A la fin du 11e siècle, l'épiscopat est entièrement mûr, la papauté existe en germe. Les conciles œcuméniques étaient impossibles; l'empire chrétien pouvait seul permettre ces grandes assemblées; mais le synode provincial fut pratiqué dans les affaires des montanistes et de la pâque; la présidence de l'évêque de la capitale de la province fut admise sans contestation r. Un commerce épistolaire extrêmement actif était, comme aux temps apostoliques, l'âme et la condition de tout le mouvement *. Dans l'affaire du novatianisme, vers 252, les diverses réunions provinciales, communiquant entre elles, constituent un véritable concile par correspondance, ayant le pape Corneille pour président3. Dans le procès contre Privatus, évêque de Lambèse, et dans la question du baptême des hérétiques, les choses se passent d'une manière toute semblable4.

Un écrit qui montre bien les progrès rapides de ce mouvement intérieur des Églises vers la constitution, disons mieux, vers l'exagération de l'autorité hiérarchique, c'est la correspondance supposée

f. Voir ci-dessus, p. 175, 178, 205.

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