‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 306 sur 436 · Origène, Contre Celse, I, 45; IV, 54 ; V · texte numérisé non relu

Origène, Contre Celse, I, 45; IV, 54 ; V

5. Théodoret, De cur. Grœc. aff., sermo i, p. 466-467 ; sermo ii, p. 499; sermo v, p. 547 (Paris, 4642).

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insuffisante, même en ses maîtres les plus vénérés. Justin et l'auteur de l'Épître à Diognète n'en disaient guère davantage. Numénius n'appartint pas cependant à l'Eglise ; la sympathie et l'admiration pour une doctrine n'entraînent pas chez un éclectique l'adhésion formelle à cette doctrine. Numénius est un des précurseurs du néoplatonisme ; c'est par lui que l'influence de Philôn et une certaine connaissance du christianisme pénètrent dans l'école d'Alexandrie. Ammonius Saccas, à l'heure où nous finissons cette histoire, fréquente peut-être encore l'église, d'où la philosophie ne tardera pas à le faire sortir. Clément, Ammonius, Origène, Plotin ! Quel siècle va s'ouvrir pour la ville qui nourrit tous ces grands hommes, et devient de plus en plus la capitale intellectuelle de l'Orient!

La Syrie comptait beaucoup de ces esprits indépendants, qui se montraient favorables au christianisme, sans pour cela l'embrasser. Tel fut ce Mara, fils de Sérapion *, qui considérait Jésus comme un lé-

*. Lettre de Mara, fils de Sérapion, dansCureton, Spicil syr., p. 73-74. Comparez Justin, Dial.,i&. Voir l'Antéchrist, p. 65; les Évangiles, p. 40, note 3; Land, Anecdota syr., p. 30. Ce singulier ouvrage cite l'oracle sibyllin sur Samos, et parle de la dispersion des Juifs comme ayant été la conséquence immédiate de la mort de Jésus. Il est donc d'une époque où l'intervalle de 33 à 70 faisait l'effet de 0, et où la dispersion des Juifs était devenue un

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gislateur excellent, et admettait que la destruction de la nationalité des Juifs était venue de ce qu'ils avaient mis à mort « leur sage roi1 ». Tel fut aussi Longin ou l'auteur quel qu'il soit du traité Du sublime, lequel a lu avec admiration les premières pages de la Genèse et place le verset « Que la lumière soit, et la lumière fut » parmi les plus beaux traits qu'il connaisse*.

Le plus original parmi ces esprits mobiles et sincères que la loi chrétienne charma, mais non d'une façon assez exclusive pour les détacher de tout le reste et faire d'eux de simples membres de l'Église, fut Bardesane d'Édesse3. C'était, si l'on peut s'ex-

fait établi depuis assez longtemps. Cette façon de traiter Jésus en législateur rappelle Lucien, Peregrinus, 43, et suppose un état des textes évangéliques et des institutions chrétiennes qui ne convient qu'à la fin du IIe siècle. Ce qui est dit des Romains (Cureton, p. xm-xv) peut se rapporter à la campagne de Lucius Verus (162-465).

4 . Le passage Carm. sib., XII, 414, semble exprimer la même idée; mais M. Alexandre corrige le texte avec bonheur.

2. De subi., sect. ix. Ce passage, interpolé ou non, a été écrit sûrement à la fin du IIe siècle ou au me siècle, par un païen qui avait eu des relations avec des juifs ou des chrétiens, plutôt qu'il n'avait lu le Pentateuque (notez la forte inexactitude -yevÉoôw -pi; comp. ios.jÂnt., proœm., 3; Galien,Z)e usu, part., xi, 44). Cela convient bien à Longin; mais on sait les difficultés qui s'opposent par ailleurs à ce que le ministre de Zénobie soit l'auteur de nspî

3. Le jîur de sa naissance est marqué dans la Chronique d'Édesse au 44 de tammuz de l'an 465 des Grecs = 453 de J.-C,

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primer ainsi * , un homme du monde , riche , ai-

(Assémani, Bibl. or., I, p. 389; cf. Chron. eccl. de Barhebrae'Js, édit. Abbeloos et Lamy, p. 145 et suiv.). Eusèbe, saint Épiphane, Théodoret le font fleurir sous Marc-Aurèle. Un passage du dialogue De fato (Eusèbe, Prœp., VI, ch. x, p. 279; Cureton, Spicil. syr., p. 30) présente la conquête de l'Arabie pa," les Romains comme un fait récent (y.ôs'ç). Or il s'agit là de la campagne de Lucius Verus, 162-165 (cf. Chron. d'Édesse, p. 390), à moins qu'il ne s'agisse de la campagne qui valut à Septime Sévère le titre d'Arabique vers l'an 200. Une grande partie des conquêtes de Lucius Verus, par exemple Hatra, pouvait s'appeler Arabie. La Chronique d'Édesse (p. 390, 393) place la chute de Marcion en 137, la naissance de Bardesane en 153, la naissance de Manès en 239. A peu près d'accord avec cette Chronique, le Kitab elfihrist met Bardesane trente ans après Marcion et soixante-dix ans avant Manès (Fluegel, Mani, p. 85, 150-151; cf. Masoudi, t. IX, p. 337; Land, Anecd. syr., I, p. 18; Aboulfaradj, Dyn., p. 79, Poe). Il ne faut pas nier cependant que d'autres autorités feraient de Bardesane un contemporain d'Héracléon et de saint Hippolyte. Voir Philosophum., VI, 35; VII, 31, en comparant Tert., Adv. Val., 4. Porphyre et Moïse de Khorène (supposé qu'ils parlent du même personnage) le font vivre sous Héliogabale. Eusèbe et Épiphane ont pu confondre Marc-Aurèle avec Caracalla ou Héliogabale, dont le titre impérial était Marcus Aurelius Antoninus. Ajoutons que l'Abgar chrétien avec lequel Bardesane fut en rapport paraît avoir été Abgar VIII bar Manou, qui régna de 202 à 2I7. Cf. Eusèbe, Chron., Schœne, p. 178-179.

1. Philosopha VI, 35; VII, 31 ; Origène (?), Dial. de recta in Deumfide, sect. iv ; Eus,, H. E., IV,ch.xxx; Prœjo.,VI, ch. ix,x; Épiphane, lvi; Théodoret, Hœr. fab., I, 22; Hist. eccl., IV, 26; saint Jérôme, De viris ill., 33; Chron., an 12 de Marc-Aurèle; In Osée, 10; Pseudo-Aug., haer., 35; Sozom., III, ch. xvi ; saint Éphrem, Hymnes contre les hérésies, Opp., t. II de la partie syriaque, p. 438 et suiv., 551 et suiv. (Rome, 4740) , Moïse de Kho-

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mable1, libéral, instruit, bien posé à la cour, versé à la fois dans la science chaldéenne et dans la culture hellénique, une sorte de Numénius, au courant de toutes les philosophies, de toutes les religions, de toutes les sectes. ïl fut sincèrement chrétien ; ce fut même un prédicateur ardent du christianisme, presque un missionnaire 2 ; mais toutes les écoles chrétiennes qu'il traversa laissèrent quelque chose dans son esprit; aucune ne le retint. Seul, Marcion, avec son austère ascétisme, lui déplut tout à fait*. Le valentinianisme, au contraire, dans sa forme orientale, fut la doctrine à laquelle il revint toujours. Il se complut aux syzygies des éons et nia la résurrection de la chair. Il préférait à cette conception matérielle les vues du spiritualisme grec sur la préexistence et la survivance de l'âme4. L'âme, selon lui, ne naissait ni ne mourait ; le corps n'était que son instrument pas-

rène, Hist., II, 66; Photius, cod. ccxxiii; Philoxène de Maboug, dans Cureton, Spic, p. v-vi.

4. Saint Éphrem, Hymnes, p. 438 f; Philoxène de Maboug, dans Cureton, Spicil. syr., p. v, en observant pourtant que l'assertion de Philoxène n'a probablement pour base que les Dialogues, où Bardesane s'explique en effet avec beaucoup d'aménité.

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