‹ Marc-Aurèle et la fin du monde antiqueChapitre 308 sur 436 · Eusèbe, Prœp., VI, 9, fin · texte numérisé non relu

Eusèbe, Prœp., VI, 9, fin

4. Cureton, p. m; Land, Anecdota syr., I, p. 30, 51-53. Bardesane n'en était pas moins considéré comme auteur, de môme

440 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 179]

Bardesane est un certain Aoueid1, entiché des erreurs de l'astrologie. L'auteur oppose à ces erreurs un raisonnement vraiment scientifique : « Si l'homme est dominé par les milieux et les circonstances, comment se fait-il que le même pays voie se produire des développements humains tout à fait différents? Si l'homme est dominé par la race, comment se fait-il qu'une nation, changeant de religion, par exemple se faisant chrétienne, devient toute différente de ce qu'elle était? » Les détails intéressants que l'auteur donne sur les mœurs de pays inconnus piquèrent la curiosité. Le dernier rédacteur du roman des Reconnaissances*, puis Eusèbe, puis saint Gésaire en firent leur profit8. Il est singulier qu'étant en possession

que les Entretiens d'Épictète, recueillis par Arrien, sont cités comme un ouvrage d'Épictète. D'autres fois, pourtant, on considérait les Dialogues comme des « livres de ses disciples». Cf. Philoxène de Maboug, dans Gureton, p. v.

4. Pour ce nom arabe, voir Wetzstein, Inschr. in Trach. und Hauran, au mot Àoueîâoç ; Acta S. Barsimœi, init, Mœsinger.

2. L'hypothèse inverse est impossible. Des traits d'actualité précise, comme ce qui est relatif à la conquête romaine et à la conversion du Manou au christianisme (p. 30, 34, 32, Gureton), manquent dans les Reconnaissances.

3. Outre ces citations, nous possédons le texte complet de l'ouvrage en syriaque (Gureton, Spicil. syr., p. 4 et suiv.). On ne saurait affirmer que ce syriaque soit l'original de Bardesane; c'est peut-être une traduction refaite sur le grec. Le titre, Livre des lois des pays, que porte l'ouvrage dans le manuscrit du Mu-

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d'un pareil écrit, nous devions encore nous demander ce que Bardesane pensa sur la question de l'influence des astres dans les actes de l'homme et dans les événements de l'histoire. Le dialogue s'exprime sur ce point avec toute la netteté que l'on peut désirer1. Cependant saint Éphrem2, Diodore d'Antioche*, combattent Bardesane comme ayant versé dans l'erreur de ses maîtres de Chaldée. Par moments, son école apparaît comme une école profane d'astronomie autant que de théologie. On y prétendait fixer par des calculs la durée du monde à six mille ans4. On

sée britannique, est peut-être une précaution pour dissimuler le nom mal famé de Bardesane. C'est à tort qu'Eusèbe dit que l'ouvrage était adressé irpbç Àvtwvïvov, ce dont saint Jérôme a fait Marco Antonino. Le texte conservé de l'ouvrage ne porte rien de semblable. Épiphane a irpo; 'Aêetààv tov àarpcvo|Aov, ce qui est exact. AITPONOMON a pu devenir ANTQN€1N0N, par des confusions de lettres. Il est peu vraisemblable qu'un dialogue écrit en syriaque ait été adressé à un empereur romain. L'hypothèse de Avida = Avitus (nom d'Héliogabale) est absolument inadmissible.

4. Comparez la doctrine du Dialogue à celle de saint Éphrem, Hymnes, iv, p. 445-447; v, p. 449 a; vi, p. 453 f; viii, p. 458 a; ix entier.

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