Hymnes, vi, p. 452 f; viii, p. 457 F
3. Photius, cod. ccxxm. Il parait que l'ouvrage de Diodore existe complet en syriaque. W. Smith, Dict. of greekand roman biography,!, p. 1015.
4. Cureton, p. 40; saint Éphrem, Hymnes, i, 439 e; u,p. 550 c, d; lui, 553 f; Journ. asiat., avril 1852, p. 298-299; Land, Anecd. syr., p. 32; Hilgenfeld, Bardesanes, p. 54 et suiv.
442 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 179]
admettait l'existence d'esprits sidéraux résidant dans les sept planètes, surtout dans le soleil et la lune, dont l'union mensuelle conserve le monde en lui donnant de nouvelles forces1.
Ce que Bardesane fut sans contestation, c'est le créateur de la littérature syriaque chrétienne. Le syriaque était sa langue; quoiqu'il sût le grec, il n'écrivait pas en cet idiome. Le travail nécessaire pour assouplir l'idiome araméen à l'expression d'idées philosophiques lui appartient tout entier. Ses ouvrages, du reste, étaient traduits en grec par ses disciples sous ses yeux. Lié avec la famille royale d'Édesse, ayant été, à ce qu'il semble, élevé en la compagnie d'Abgar VIII bar Manou, qui fut un fervent chrétien, il contribua puissamment à extirper les coutumes païennes, et eut un rôle social et littéraire des plus importants. La poésie avait toujours manqué à la Syrie ; les anciens idiomes araméens n'avaient connu que le vieux parallélisme sémitique et n'en avaient pas su tirer grand'chose. Bardesane composa, à l'imitation de Valentin*, cent cinquante hymnes, dont le rythme cadencé, en partie imité de la Grèce, ravit
4. Saint Éphrem, Œuvres, II, Hymnes, un, p. 553 f; lv, p. 558 e, p.
2. Tertullien, De came Christi, 20 ; cf. Canon de Muratori, lignes 82 et suiv.
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tout le monde, surtout les jeunes gens1. C'était à la fois philosophique, poétique, chrétien. La strophe se composait de onze ou douze vers de cinq syllabes, scandés d'après l'accent *. On chantait les hymnes en chœur, au son de la cithare, sur des airs grecs. L'influence civilisatrice de cette belle musique fut considérable. Presque toute FOsrhoène se fit chrétienne. Malheureusement Abgar IX, fils d'Abgar VIII, fut détrôné en 216 par Caracalla ; ce phénomène éphémère d'une petite principauté fondée sur les principes d'un christianisme libéral disparut ; le christianisme continua de faire des progrès en Syrie, mais dans la direction orthodoxe et en s'écartant chaque jour davantage des libertés spéculatives qu'il s'était d'abord permises.
Les rapports de Bardesane avec l'empire romain sont obscurs3. Selon certaines apparences, la persé-